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lundi 24 novembre 2008

DAG SOLSTAD : Honte et dignité


Rentrée littéraire 2008
Traduction de Jean-Baptiste Coursaud

Rencontre passionnante et une véritable découverte avec l'auteur et son traducteur fin octobre à la librairie l'Arbre à Lettres . Il est amusant de constater que ce livre est un petit évènement dans la littérature européenne, voilà un auteur norvégien traduit dans de nombreux pays mais il n'a jamais ou presque traduit en français. Et, le plus drôle c'est une petite maison d'édition québécoise (bravo !!!!, pour ce travaille remarquable de curiosité) qui s'est intéressée à DagSolstad. C'est grâce à la ténacité de Jean Baptiste Coursaud a qui on doit cette traduction magnifique. Il a bien su traduire ces longues phrases fluides qui donnent un caractère très musical à ce livre . Ce roman est un hommage à la magnifique pièce d'Ibsen le Canard Sauvage.
Ce roman est un monologue intérieur. Elias Rukka est professeur de norvégien d'une cinquantaine d'année dans un lycée d'Oslo. Ces élèves de dix sept ans sont indifférents face à la beauté de l'écriture d' Ibsen, ils s'ennuient profondément . Elle est considérée comme étant sa meilleur pièce avec PeerGynt. Ils étudient le Canard Sauvage (un drame écrit en 1884), l'attention est porté sur le docteur Relling, personnage secondaire de la pièce.
" Les élèves obtempérèrent, feuilletèrent la pièce , en avant , puis en arrière, puis encore en avant afin de se reporter à l'endroit de la pièce où la lecture suivie les avait menés, où ils voyaient le docteur Relling propulsé au cœur de la tragédie." Ibsen avait cinquante six ans quand il a écrit cette pièce. Le canard sauvage est pour ma part une pièce d'Ibsen captivante et qui se lit magnifiquement et la fin de la pièce est bouleversante (la mort d'Hedvig). La dernière réplique de la pièce est de Relling : " Oh ! Du diable si je vous crois ! "Je trouve intéressant comme introduction de roman, autour de la pièce d'Ibsen. Ce passage, c'est à dire les cinquante première pages sont étonnantes et passionnantes, en un mot très originales car c'est une réflexion sur la transmission de la culture aujourd'hui.
Une scène du début du livre p50/51 est bien illustrée par la couverture :"Il ramassa ensuite le parapluie, le cogna de nouveau contre la fontaine . Les baleines étaient désormais complètement cassées ; tordues, ingouvernables, elles jaillissaient dans tous les sens , certaines lui entaillèrent la main, de sorte qu'il vit le sang ruisseler dans sa paume."Après un pétage de plomb carabiné, il revient sur sa propre vie. Quand il était étudiant, Eva Linde femme d'une beauté superbe " d'une incontournable beauté" était la femme de son meilleur ami Johan Corneliussen. Elle a donné une fille Camilla à Johan Corneliussen. Durant cette époque, Elias Rukla, Johan Corneliussen et Eva Linde formaient un trio inséparable. Puis Johan Corneliussen part pour New York, et il demande à Elias de prendre soin d'Eva Linde et de sa fille Camilla. Et à ce moment là Elias se rencontre qu'il est un personnage secondaire de sa propre vie comme le Docteur Relling dans le Canard Sauvage. Et c'est uniquement à cette occasion qu'Elias déclare son amour à Eva Linde qu'il a toujours admirer sans lui dire. Il ne sera pas heureux avec elle.

Ce roman est amer, désabusé, magnifique travail de qualité autour de la langue. Il est aussi très littéraire et philosophique. C'est aussi une vision assez pessimiste, sombre de la vie et aussi beaucoup de désillusions. Là où ce roman est passionnant c'est que c'est une réflexion autour de la culture, la monté du capitalisme. Dag Solstad fait le terrible constat de la commercialisation de la culture, culture infantilisante.

Livre lu par la Lettrine , et par Bartlely les yeux ouverts billet sur le livre et entretien avec l'auteur très intéressante car elle permet de situer qui est Dag Solstad . Il est (d'après la quatrième de couverture) un incontournable de la littérature norvégienne aujourd'hui mais méconnu en France.
Le New York Sun résume de façon très sobre le livre mais d'une grande justesse, ce livre s'est cela : "Une crise de nerfs qui a des répercussion sur toute une culture "

8 commentaires:

Michel a dit…

Tu reviens à la photo ou le texte est en cours ? ;-)

Malice a dit…

Michel tu as compris c'était une erreur un coup de fatigue !
Il y a des photos de moi dans le commentaire concernant le chemin des âmes !

Kathel a dit…

Tu me tentes avec ce romancier norvégien méconnu ! Je note ;-)

Lou a dit…

zut j'ai loupé cet événement. ce livre me tenterait beaucoup, peut-être après les lectures victoriennes !:)

sylire a dit…

Tu donnes vraiment envie ! Ce qui est bien c'est que la couverture se retient facilement. Ces temps-ci j'ai tant à lire que je ne note même plus.

ELOU a dit…

J'étais déjà tenté par ce roman, mais tu me donnes encore plus envie, d'autant que j'aime beaucoup le travail de JB Coursault, par ailleurs éditeur de Gaïa...

Malice a dit…

@Kathel : tu peux noter,tant mieux si cela te tente.
@ Lou : Et bien oui pourquoi pas en effet tu as raté un très bon moment :)
@ Sylire oui les couvertures des Allusifs se retiennent très facilement surtout cette couverture jaune flashie cela ne passe pas inaperçu :)
@ Elou : Exact, tout à fait exact, c'est un peu par hasard j'ai appris que JB Coursault dirigeait la collection Taille Unique chez Gaïa.
Et étant sous le charme de son travail de traducteur. J'ai très envie de découvrir son travail d'éditeur !

Anne-Sophie a dit…

Merci Alice pour ton lien : je partage ton point de vue. J'ai vraiment aimé ce livre qui faut réfléchir à notre société, à notre but dans l'existence. C'est fin, intelligent, et quelque peu pessimiste.