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mardi 1 septembre 2015

BRUNO LE MAIRE : Musique absolue


Une répétition avec Carlos Kleiber

Carlos Kleiber fut un très grand chef d'orchestre, un homme discret. Il est connu essentiellement des mélomanes, pour ma part je ne le connaissais vaguement de nom. 
C'était un chef d'orchestre exigeant. Il a été  écrasé par l’ombre de son père.  " Erich Kleiber restera le seul grand : son fils est surcoté." "Il aimait son père plus que tout et il en a souffert."Il a pris  la fuite en Argentine, car il ne pouvait pas jouer Berg dans son pays. " Au début de 1935, plutôt que de retirer Berg de son répertoire, il choisit de démissionner et il s'exila en Argentine.""Pour bien comprendre, notez que Erich Kleiber, quoique né à Vienne, n'avait aucun motif politique ou racial de quitter Berlin : il n'était ni juif ni communiste, il n'avait aucune activité politique, il n'était lié à aucune de ces groupuscules qui menaient des actions désespérées et dérisoires contre le régime nazi. Tout en lui était allemand"
Carlos Kleiber aimait resté dans l'ombre, il fuyait les foules, les journaliste, le monde médiatique. De ce faite, il m'a fait immédiatement pensée à Glen Gould. Il y eut Glen Gould, qui s’enferma très vite entre quatre murs. Se consacrant exclusivement à la quête de la perfection . Pour dresser le portrait de Carlos Kleiber, l'auteur interroge un personnage fictif qui l'a bien connu. C'est un premier violon qui a joué sous la direction du maestro, et avec qui il est devenu ami. «Tandis que lui avait du génie. Faites un effort! Mettez-vous cela dans le crâne! Ou sinon, mieux vaut arrêter notre entretien tout de suite. Je n'ai plus l'âge de répéter quinze fois les mêmes choses. Vous me rebattez les oreilles avec les autres chefs. Depuis une heure, vous me les citez tous comme si je ne les connaissais pas : sachez que je les connais, je les connais cent fois mieux que vous, ils ont dirigé à deux mètres de mon pupitre, je les observais de biais. Je leur devais obéissance. Oui, je veux bien, ils ont un petit talent, ils savent faire. Mais lui seul avait du génie.»

  J'ai apprécié l'écriture enflammée et enthousiaste de Bruno Le Maire.   C'est un belle surprise passionnante pour un premier roman.


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