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jeudi 19 mai 2016

RENÉ CREVEL : La mort difficile

J'ai déjà évoqué cet auteur, il a été l'ami de Mireille Havet et de Marcelle Sauvageot. Il est partagé entre les surréaliste et le communiste. C'est un homme qui possède une sensibilité à fleur de peau.

La mère du jeune héros Pierre Dumont-Dufour et Mme Blok la mère de Diane sont toutes les deux issus d'un milieu bourgeois conservateur, très bavarde. Mme Dumont-Dufour a une haine envers son mari. Elle désire divorcer. Elle pense que son fils deviendra comme son mari le colonel, c'est à dire fou. " Ainsi Pierre, son fils , dont la nourrice était alcoolique (voilà pour la malchance ) a un caractère emporté. D'ailleurs, il a de qui tenir, son père (voilà pour l'hérédité) s'est toujours montré d'une telle violence. "M. Dumont est colonel, il écrit à la Marquise de Pompadour. Et M. Dimitri Block s'est suicidé, non loin de l'armoire à liqueur pendant qu'ils recevaient. Pierre Dumont, vingt ans homosexuel et toxicomane, aime Arthur Bruggle l'Américain, venu en Europe comme laveur de vaisselle, maintenant dandy capricieux et insolent. " À noter que cet Arthur Bruggle est un adolescent aux mains longues qui marche en dansant comme une panthère et a des yeux animal." Pierre est aussi aimé de Diane, « sa sœur d'ombre » tous les deux font de la peinture
Les rapports conflictuels avec sa mère et la décadence bourgeoise des pères est au cœur du roman. Surtout il y met en scène, de façon prémonitoire, sa propre mort "sa liberté", son propre suicide.

L'écriture est très agréable, beaucoup d'ironie surtout dans le premier chapitre j'ai bien aimé par contre par la suite je me suis assez ennuyée. Au final ce roman est une curiosité que j'ai lu grâce à l'essai de Klaus Man (aujourd'hui et demain éd. Phèbus) "Dans la Mort difficile, c'est dans la disposition à l'égard des mères, dont on ne parle qu'avec une sévérité et une méchanceté redoutables, qu'elle est la plus manifeste, la plus marquée et la plus inquiétante" C'est le point que j'ai trouvé le plus intéressant le regard sur les mères bourgeoises d'une certaine époque, c'est très juste.



Pierre est dans le salon."Bonjour, madame Blok, bonjour aimable madame d'un fil dégénéré. - Bonjour, Pierre, bonjour, mon enfant.- Êtes-vous anormal, madame Blok ? -Pierre je t'en prie . -Êtes-vous dégénérée, ma mère ? - Mon enfant, qu'elle mouche t'a donc piqué ? "Ce roman témoigne de l'obsession autobiographique et de la bisexualité de René Crevel et délivre un document essentiel sur une certaine jeunesse des années 1920. Son propre père s'est suicidé quand il était âgé de quatorze ans.

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