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dimanche 25 novembre 2007

SABICA SENEZ : Nulle part ailleurs

Elle est née en 1970, c'est son premier roman, c'est très fort et une réussite.
Livre lu il y a un petit moment je n'avais pas aimé à l'époque en 2005, puis je viens de le reprendre et je trouve très émouvant, bouleversant, déchirant. Ce n'est pas un roman, mais un récit intime entre un père et une fille Il est question des relations père-fille. Le problème de l'identité est traité , aller à la recherche de soi, sont des thèmes que l'on retrouve souvent dans la littérature québécoise. Quinze ans après la mort de son père, la narratrice relit les lettres que son père lui a envoyé. Son père n'a jamais pu se résoudre à être un adulte, il est toujours resté un enfant. Et, on a le sentiment que c'est la fille qui est vraiment adulte, les rôles sont inversés. Lui, le père est un grand bourlingueur qui parcourt l'Amérique et l'Europe avec sa moto. Il a besoin, il a une soif de liberté. Il entretient une relation épistolaire pour ne pas perdre l'amour de sa fille qu'il a abandonnée. Beaucoup d'amour et de haine entre le père et la fille. L'insertion des lettres de Calamity Jane, c'est original cela convient bien au rapport entre le père et sa fille.
Le passage quand le père enseigne à sa fille de faire des bulles avec du chewing-gum. C'est un rare moment de complicité entre père et fille. Cela ma rappeler un souvenir quand j'étais enfant avec mes cousines ont faisait un concours de bulles avec les malabars.
"Un soir d'automne, bordé par l'écho du fleuve tout près , tu m'apprends à faire des ballounes avec ma gomme. Tu sors de la poche de tes jeans quatre Bazooka et les retires de leur emballage bleu, blanc, rose.Tu en mets deux dans ta bouche et me donnes les deux autres . D'abord attendrir la gomme en la mâchant quelques minutes, puis l'étirer avec ma mangue et en faire une petite galette. En habiller ensuite le bout de ma langue de ma bouche, étirer uniformément la gomme. Gonfler mes joues et , calmement, souffler."

J'aime le style de Sabica pour son côté fluide, pour son amour pour les mots. Les blancs dans la maquette du livre. Ces blancs sont des silences comme en musique et souligne l'absence du père. Ces blancs soulignent l'espace, l'immensité qui sépare deux êtres. Cette séparation qui est une déchirure. C'est un livre qui se lit assez vite d'une traite. Un sentiment douloureux que l'on ressent à la lecture. Ce livre laisse une boule dans la gorge une fois le livre fermé.

2 commentaires:

Joelle a dit…

On s'aperçoit vraiment que l'appréciation qu'on a d'un livre dépend vraiment du moment et de notre état d'esprit lors de cette lecture !

anne a dit…

Ah, le plaisir des bulles Malabar, qui s'éclatent sur la figure ! mdr