Pages

jeudi 3 novembre 2011

VIRGINIA WOOLF : Nuit et Jour

Traduit par Catherine Naveau

  " C'était un dimanche après-midi d'octobre et, tout comme nombre de jeunes filles de sa condition, Katherine Hilbery servait le thé. "Voici la première phrase qui ouvre le roman, elle plante le décor très british. Katherine Hilbery, jeune fille issue de l'aristocratie londonienne. Elle désire écrire une biographie sur son grand-père, le poète Richard Alardyce, enfin surtout elle aide sa mère, sans grand enthousiasme. Elle désire être en rupture avec sa famille plus conservatrice. Elle est plus scientifique que littéraire curieux pour une jeune fille de son milieux, car cela n'est pas très féminin, mais c'est son jardin secret. Elle représente la nuit, dû à sa passion pour l'astronomie. Quand Ralph Denham, se rend chez les Hilbery, à l'heure du thé. C'est un homme d'origine modeste, il est voué à une carrière d'avocat mais il aspire à d'autres activités plus littéraires. Mary Datchet, travaille dans une association militante pour l'obtention du droit de vote pour les femmes, elle rencontre régulièrement d'autres jeunes gens éclairés visant à changer le monde ou à parler art et littérature, c'est un personnage plus solaire, elle représente le jour la modernité. Virginia Woolf s'est inspirée de Margaret Llewelyn Davies pour faire exister son personnage féministe Mary Datchet.
 Elle a une affection pour Ralph, ce dernier est amoureux transi de Katherine. Mais, elle est fiancée à William Rodney, qui souhaite l'épouser. Ce quatuor est entraîné dans une valse des sentiments qui corresponde pas à leur époque. La cousine de Katherine, Cassandra est la troisième femme, elle va semer la panique dans ce quatuor de sentiment. Maggie Hilbery, la mère de Katherine vit dans sa bulle lunaire , elle a été marqué dès l'enfance par Shakespeare . " - Mais, ma chérie, je ne parle pas de ton William à toi, bien que ce soit une raison supplémentaire de l'aimer. Je parle et je rêve de mon William à moi - William Shakespeare."et le souhait de sa mère est simples de faire connaître Shakespeare à des ouvriers car comment peut-on vivre sans connaître son œuvre pour elle cela est impossible. C'est une femme fantasque, exentrique mais tellement attachante ! Le roman s'ouvre sur l'automne, la grisaille et le trouble en ce qui concerne les sentiments, l'arrivée des beaux jours l'espoir est là, tout est permis. " Les premiers signes du printemps, vers la mi-février ne se reconnaissent pas seulement aux petites fleurs blanches et mauves qui poussent dans les coins les plus abrités des bois et des jardins ; ils font naître aussi dans le cœur des hommes et des femmes des désirs comparables à ces pétales dont les parfums et les couleurs sont si subtils." Dans ce roman de Wirginia Woolf il est question de mariage, de l'amour (" L'amour, ce n'est qu'une histoire que l'on se raconte, tout en sachant qu'elle est fausse.") et de l'importance de la classe sociale. C'est son second roman, un roman sur la condition féminine au début du XX ième siècle, un thème très cher à Virginia Woolf. Les femmes ont un beau rôle, ceux sont elles qui mènent les hommes par le bout du nez. J'aime l'atmosphère cosy qui règne dans ce roman anglais de facture classique. C'est une agréable lecture avec une touche d'humour. Ce roman est un hommage à la littérature anglo-saxone plus particulièrement à la poésie. J'ai eu un grand plaisir à lire ce roman,  j'ai trouvé que ce roman par son ambiance et son époque est plus près d'un E.M Forster que de celui de Jane Austen. Ce roman est un véritable délice, une très belle lecture accompagnée de l'incontournable tasse de thé !
virginia woolf.jpg
Pour finir un joli passage c'est Mrs Hilbery qui parle :
" Le soleil s'était couché et la lune montait au firmament. De ravissants reflets argentés jouaient sur les vagues et trois lumières vertes striaient le steamer au milieu de la baie. "

 Voir le joli billet magnifiquement illustré de Dominique, Cléanthe aussi sous le charme ainsi que Lou

6 commentaires:

Patricia E. George a dit…

Moi aussi, j'adOooooooore ce livre.
Merci pour le billet!

Lou a dit…

Je suis d'accord, on serait plus proche de Forster... ça m'a fait penser aussi à Flora Mayor d'une certaine façon. Il est plus traditionnel en termes de construction, malgré tout l'époque et les personnages créent une distance non négligeable par rapport à Austen. Et même si on analyse en détail les sentiments des personnages, l'approche reste très différente, moins analytique.

Schlabaya a dit…

"roman anglais de facture classique" ah bon, Virginia Woolf a écrit des romans de facture classique ? peut-être que je comprendrai celui-là alors... Sinon, normal qu'elle soit proche de E.M. Forster, ils étaient amis, tandis que Jane Austen, c'était la fée du foyer qu'il fallait étrangler si mes souvenirs sont bons ;)

Lili a dit…

Oui, les deux premiers romans de Woolf sont encore fortement emprunts d'un certain classicisme (c'est relatif, cela dit) - c'est à partir de La chambre de Jacob qu'elle s'est détaché de cette structure balisée pour vraiment plonger dans ce style qui lui est propre!
Cela dit, je n'ai pas encore lu "Nuit et Jour", il faudra que je le fasse un de ces 4 !

Céline a dit…

Je suis justement en train de lire et je prends un plaisir indescriptible à voir ces êtres s'aimer, se rapprocher, s'éloigner et ne pas se comprendre. Katherine et Mary sont deux très beaux personnages de femmes, chacune dans leur genre...

Malice a dit…

@ Patricia : Merci à toi mon ton passage sur mon blog, moi j'ai adoré ce roman.
@ Lou : Tout à fait
@ Schlabaya : Oui classique car c'est son deuxième roman, elle n'a pas encore trouvé sa véritable écriture propre à elle ! voir le commentaire de Lili ;-)
@ Lili merci pour ton commentaire ! Un livre a lire, une lecture très agréable ;-)
@ Céline : C'est un bon roman;-) Un petit délice !
Oui j'ai trouvé que sur les rapports entre les hommes et les femmes très intéressant, de milieu social différent.