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lundi 26 juillet 2010

E.M FORSTER : Avec vue sur l'Arno


© Ernst Fries

Traduction Charles Mauron

Ce roman s'ouvre sur la pension des Bertolini à Florence en 1905, Lucy Honeychurch, une jeune fille est en compagnie de Miss Bartlett. Elles sont déçus, il y a eut un mal entendu c'est pas possible, leur chambre ne donne pas sur la vue de l'Arno mais sur une simple court. Il se trouve que lors du dîner, elles font plus ou moins connaissance avec Mr Emerson et son fils George, eux possèdent les chambres avec vus. Mr Emerson (Forster fait là un clin d'œil au philosophe américain) se propose d'échanger tout simplement. Miss Bartlet est choqué par la proposition, elle la trouve arriviste, elle manque de tact. Mais bon, grâce à la rencontre du pasteur Mr Beebe. Au final, elles obtiennent ces jolies chambres avec vue sur l'Arno ! Le premier chapitre plante le décor et voilà sous nos yeux de lecteur deux mondes qui s'affrontent les conservateurs et les avant gardistes aux idées de gauche.
" Bonheur : s'éveiller à Florence, ouvrir les yeux sur une pièce éclatante et pure, sur le carrelage rouge, si propre d'aspect bien que les carreaux ne le soit pas, sur le plafond peint où des griffons roses et bleus amours jouent dans une forêt de violons et de bassons jaunes." Pour visiter Florence, Lucy Honeychurch et Charlotte Bartlet ne se séparent pas de leur Baedeker. Lucy est un personnage attachant, c'est une jeune fille fraiche, innocente qui a reçu une éducation puritaine. Elle a appris les bonnes manières. Elle est attirée par George car il est différent d'elle. Durant son séjour, Lucy a été perturbé par la vision d'un meurtre au point de tomber dans les pommes. Heureusement que le jeune Emerson là prit dans ses bras et au cours d'une promenade, l'ivresse de la nature, la beauté la campagne a été l'occasion idéal pour lui d'échanger un baiser avec la jeune Lucy. Charlotte la surprit, elle a été scandalisé au point que ni une ni deux dès le lendemain elles quittent Florence, pour Rome.
Pourtant ce baiser innocent, montre que Lucy a envie de ce libérer de sortir du carcan rigide de son éducation victorienne. Elle a un désir de revivre ! Elle dit :" Ce monde est assez riche en malheurs, n'est-il pas vrai, sans en inventer de nouveaux. Au revoir et merci infiniment pour vos bontés l'un et l'autre. Tiens, voici en effet ma cousine qui s'avance. Quelle matinée délicieuse ! Santa Croce est vraiment une merveille" Il est question de mariage dans la deuxième partie, Lucy doit se marier avec Cecil. " Cecil était plus que présentable, distingué ; on avait plaisir à voir sa silhouette mince se régler sur le pas, de Lucy, et son beau visage allongé s'incliner vers la jeune fille quand elle lui adressait la parole."

C'est un homme très différent d'elle, un amoureux de la littérature et de l'Italie, snob, pédant sur les bord et de condition supérieure. Tant dit que Lucy est sportive aime jouer au tennis, au piano, en un mot elle aime la vie et ses plaisirs. La scène du baiser est pas mal, très différente de celle avec George à Florence. "Maintenant elle soulevait sa voilette d'un geste trop pratique ! En approchant d'elle il eut encore le temps de formuler un vœu : que ne pouvait-il reculer ? Quand il la toucha, son pince-nez d'or, bousculé, s'aplatit entre les deux visages." Une scène à mourir de rire (très bien rendu par Ivory ) c'est celle de la baignade entre Freddy, le frère de Lucy, George et Mr Beebe. " Nul paroissien n'était visible, hormis les pins, debout de toutes parts et conversant par gestes sur fond d'azur. Quelle magnificence ! Le monde des autos et des sacrés chapitres avait reculé à l'infini. Eau , ciel, vent, arbres toujours verts, comment les hommes feraient -ils intrusion dans ce monde que les saisons mêmes ne pouvaient toucher ?" Cecil fera tout pour que la villa voisine de Mrs Honeychurch, soit louée par Mr Emerson et son fils. Lucy retrouve George avec plus ou moins de bonheur, ainsi que la cousine Charlotte. Et, Lucy est embarrassée va devoir prendre en main son destin. Est ce qu'elle va rompre ses fiançailles ou alors prendre le risque du choix du cœur ! J'ai apprécié l'opposition faite entre l'Italie et l'Angleterre. Miss Lavish a propos des touriste britannique :" - Mais regardez-moi cette allure ! s'exclama Miss Lavish. Ils déambulent à travers mon Italie comme une paire de vaches."


Le style de Forster est très enlevé, sans dénoué d'humour. C'est une écriture agréable et plaisante. Impression, j'avoue que je préfère Howard End, ce roman est plus léger en apparence, car il y a tout de même de la part de Forster une envie de critiquer la société de son époque. L'adaptation de James Ivory est tout simplement une petite merveille !
© Fr Bazille

5 commentaires:

Mango a dit…

Que j'aime ce livre et cet auteur!...et ce film!... D'excellents moments avec eux!

Kathel a dit…

Voilà le livre que j'aurais dû lire à Florence... quoique Lorenzaccio, ce n'était pas mal non plus !

Céline a dit…

J'ai vu ce film, et j'ai adoré ! Je viens seulement de découvrir qu'il est tiré d'un roman. Et après avoir lu ton article, il faut absolument que je me le procure !

Malice a dit…

@ Mango : Entièrement d'accord aucun doute de ce côté !
@ Kathel : Ce livre se passe à Florence durant la première partie seulement du livre. Et dans la deuxième nous sommes en Angleterre. Mais Florence joue un rôle dans la deuxième partie. Mais bon en effet Lorenzaccio de Musset cela n'est pas mal non plus ! Florence une ville qui fait bien envie ;-)
@ Céline : Le film je trouve est personnellement supérieur au livre.
C'est étonnant, en général c'est l'inverse. Et le livre j'avais envie de le lire depuis longtemps, et j'ai eu du mal à le trouver, j'ai l'impression qu'il est épuisé en 10/18, mon exemplaire je l'ai trouvé avec bonheur par hasard chez Gibert d'occase, mais j'ai guetté souvent avant de le trouver.

La plume... a dit…

Ce roman a l'air intéressant. E. M. Forster se fait très présent sur la blogosphère ces derniers temps...