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mercredi 28 juillet 2010

PAUL AUSTER : TRILOGIE NEW YORKAISE

New York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu'il allât et quelle que fût la connaissance qu'il eût de ses quartiers et de ses rues, elle lui donnait toujours la sensation qu'il était perdu.

Cité de Verre
Traduit Pierre Furlan

Un coup de fil reçu au milieu de la nuit plonge Quinn dans une aventure étrange et très kafkaënne . New York, est le théâtre de ce roman labyrinthique.
"- Allô ? vit la voix. - Qui est-ce ? demanda Quinn - Allô ? répéta la voix. - J'écoute dit Quinn. Qui est-ce ? - Est-ce Paul Auster ? demanda la voix. Je voudrais parler à M. Paul Auster. - Désolé, dit Quinn. Vous devez avoir un faux numéro. - C'est une affaire très urgente, dit la voix. - Je ne peux rien faire pour vous, répondit Quinn. Il n'y a pas de Paul Auster ici"
Daniel Quinn a trente cinq ans, veuf, il a perdu sa femme et son fil. Il est écrivain de roman policier, sous le nom de William Wilson. Il se glisse dans la peau du détective Max Work (personnage de fiction de ses romans) Il est pris par Virginia Stillman pour un détective nommé Paul Auster. Il doit surveiller un certain Peter Stillman le père de son mari, celui ci va sortir de prison, c'est un homme dangereux. Il a séquestré son fils nommé aussi Peter pendant plusieurs années quand il était enfant. "Une enfance entière passée dans l'obscurité, isolée du monde, sans aucun contact humain à part une raclée de temps à autre." Une terrible souffrance s'est emparée de cet homme qui a perdu sa mère. D'ailleurs personnage très étrange ce Peter qui fut un enfant sauvage. Paul Auster (l'auteur du roman ) fait un rapprochement qui me touche particulièrement c'est celui de l'enfant sauvage de l'Aveyron, mais aussi à Gaspard Hauser. C'est un roman qui traite de l'identité un thème qui est cher à l'auteur, la quête de nos origines, nos racines d'où venons nous ? Aussi, il évoque le thème du langage. "Un langage qui dira enfin ce que nous avons à dire. Car les mots que nous employons ne correspondent plus au monde. Lorsque les choses avaient encore leur intégrité, nous ne doutions que nos mots puissent les exprimer." " Mais les mots - vous comprenez bien cela vous-même- admettent le changement." Daniel Quinn rencontre le vrais Paul Auster ainsi que son épouse, Siri, et son fils, Daniel, un clin d'œil amusant . Paul Auster écrit un essai sur Don Quichotte. Les initiales de Son Quichotte sont DQ comme celle de Daniel Quinn. Il rencontre aussi le Peter Stiman ce vieillard cinglé, il prendra comme autre identité masque celui de Henry Dark. Là, encore jeu avec les initiales HD comme Humpty Dumpty (A travers le miroir de Lewis Carroll)
Avec ce roman nous sommes dans les jeux de miroir, jeux de masque se mettre dans la peau de l'autre. Ambiance vertigineuse, un roman étrange absurde remplit du plein et du vide selon mon ressenti ! C'est un roman qui possède un certain humour subtile qui rend se livre très attachant. J'ai beaucoup aimé le premier volet de cette trilogie ! J'ai apprécié aussi les nombreuses référence littéraire qui complète très bien l'histoire qui la renforce.

Lors d'un entretien au Magazine Littéraire : Paul Auster dit que le Paul Auster l'écrivain dont le nom est sur la couverture vient se glisser à l'intérieur du livre. Pour lui en tant qu'écrivain il se sent surveillé par le lecteur.
Livre lu par Wictoria qui m'a bien donné envie de lire cette trilogie.

Revenants

Traduction Pierre Furlan
Les personnages de "Revenants" se nomment Blanc, Bleu et Noir. Mais deux d'entre eux sont des détectives privés et ils déambulent dans New York .
Cette suite est déroutante car les personnages ont des nom de couleurs Blanc, Bleu, Noir, Brun. Le lecteur se trouve en plein absurde et complétement perdu qui est qui ? Ces personnages sans identité aucune sont des pions qui déambulent dans cette ville, sans âme. Les thème du vide et de la solitude étaient présent dans la cité de verre mais là dans cet opus ils sont comme très palpable et cela renforce le sentiment d'étrangeté déroutant .
J'ai pas aimé ce deuxième volet, plus exactement je me suis sentie complétement perdue, et je n'ai pas compris grand chose à vrais dire.
Remarque amusante la date de naissance de Paul Aster le 3 février 1947, c'est la date où Bleu commence son enquête
Le livre qui marque Revenants c'est Walden de Thoreau mais aussi Feuilles d'herbe de Walt Whitman car c'est à Orange Street qu'il a écrit son livre. C'est dans cette rue là que Bleu surveille Noir qui est entrain de lire Walden. Les revenants sont ces écrivains qui reviennent habités par cette ville mythique me semble t-il ! L'importance des livres de la création joue un rôle important. " On parle toujours d'essayer de se mettre dans la peau d'un auteur pour mieux comprendre son œuvre." Il est certain que Paul Auster aime jouer avec son lecteur et le dérouter, l'interroger en cela j'avoue qu'il est très fort et très habile. Voir chez Wictoria


La chambre dérobée
Traduction Pierre Furlan


Le narrateur est à la recherche Fanshawe, son ami d'enfance . Ce dernier aurait disparu, le narrateur prend contact avec Sophie son épouse. Elle a eu un enfant Ben avec Fanshawe. Il apprend de la bouche de son épouse qu'il a écrit mais pas publié. Le narrateur quitte Sophie avec les écrits de Fanshawe . "Puis j'ai transporté lentement les deux valises dans l'escalier, jusque dans la rue. Ensemble elles avaient le poids d'un homme".Le narrateur va se rapprocher de Sophie, il va avoir une relation avec elle. Ils deviennent très intime. Ils vont se marier, habiter ensemble. Pour Sophie, il y a aucun doute Fanshawe est mort. Le narrateur est sûr que non, la preuve est qu'un jour il reçoit dans sa boîte aux lettres une lettre qui viendrait de lui. Il a qu'une envie c'est prendre sa place, il est gêné par l'Autre, son ami pour tant, mais il est comme son ombre qui l'empêche de vivre, de respirer. La question de l'identité est au cœur du roman. Thème important ici tourne de l'enfance de nos tout premier souvenir étant enfant ! " Je parle de notre première enfance - d'âge aussi lointains que nos cinquième, sixième et septième années." Il est question de la création de l'écriture, du vrais du faux, est ce que Fanshawe a bien existé ? Le narrateur va publié les écrit de Fanshawe, mais là jalousie sera au rendez vous. Réflexion sur l'écriture : " Le bruit courait que je l'avais inventé pour me livrer à une supercherie et qu'en fait c'était moi qui avait écrit les livres". Le narrateur a force de s'occuper des manuscrits il se prend au jeu de l'écriture et il désir écrire lui même une biographie sur Fanshawe. Le thème de la filiation est très important et joue un rôle capital. Ici comme dans les deux autres la relation père/fils est très important. C'est pour le narrateur l'occasion d'aller à la rencontre de soi même. Paul Auster se sert de ses personnages comme des pions d'un gigantesque échiquier. J'ai aimé quand Paul Auster met de lui en tant que personne. Le fait que le fils que le narrateur a avec Sophie s'appelle Paul, Sophie est originaire du Minnesota comme Siri Hustveld. Sophie est le prénom de la fille de Paul Auster.
Dans "La Chambre dérobée " réapparaisse les personnages de la Cité de verre, Peter Stillman
qui me fait penser à Fanshawe, personnage énigmatique, comme pourrait l'être un fantôme. Peter Stillman là est peut-être bien un revenant, tout comme Quinn le détective privé ?
En tant que lectrice j'ai été complètement emporté par la magie de Paul Auster, dans une quête de soi concernant l'identité. Il s'est emmener le lecteur dans un tourbillon vertigineux. L'écriture est riche, dense.

L'écriture de Paul Auster est séduisante, il est très fort pour prendre son lecteur par la main, pour faire découvrir son univers. Car pour ma part je trouve que c'est un auteur complexe et pas forcément facile à lire !

Ce là dit j'ai vraiment adoré "Cité de verre" par rapport à "Revenants" et la "Chambre dérobée".

Je vous invite à vous rendre chez Wictoria

8 commentaires:

Kathel a dit…

J'ai lu les deux premiers mais pas "La chmabre dérobée", il faut dire que c'était en anglais et je saturais un peu... comme toi, j'adore "Cité de verre"
Ah, dernière chose, les couvertures des éditions brochées sont vraiment superbes !

antigone a dit…

J'ai découvert Paul Auster avec ces trois livres. Pas facile non, mais très riche symboliquement...

Pickwick a dit…

Hum, j'ai découvert Paul Auster par cette trilogie et je dois dire que lui et moi on est un peu fachés :) Il y a quelque chose de trop fantasmagorique (ou de pas assez réaliste) pour moi, alors que je raffole des romans noirs américains d'habitude... ziut, je dois etre vraiment passée à côté !

Malice a dit…

@ Kathel : Lu en anglais quel courage ! pas facile. Oui je suis bien d'accord avec toi concernant les couverture des brochés, c'est pour cela que je les ai mis ;-)
@ Antigone : Ah ! oui c'est riche c'est le moins que l'on puisse dire. C'est pour cela que Paul Auster est un écrivain passionnant.
@ Pickwick : Je comprends tout à fait tes propos. D'ailleurs j'avais lu il y a très longtemps la Cité de verre (je ne sais plus trop) et je n'avais pas accroché trop abstrait !
Parfois je trouve qu'il faut lire ou percevoir un ouvrage par un autre angle différent, une autre vision (je ne sais si je suis bien clair dans mes propos).

La plume... a dit…

En ce qui me concerne, j'ai été horriblement déçue par la "Trilogie new-yorkaise", et depuis je n'ose plus ouvrir un livre de Paul Auster... Je ne suis pas vraiment entrée dans son univers.

Malice a dit…

@ Plume : Oui, cela ne m'étonne pas c'est vrais que Paul Auster a un univers bien particulier ;-)

Joelle a dit…

J'ai découvert Auster avec cette trilogie que je n'ai jamais terminée. Ce n'était pas le moment pour moi pour la lire (trop abstraite mais bon, cela fait 10 ans que j'ai essayé !) mais heureusement, cela ne m'a pas empêché de lire d'autres titres de l'auteur ;)

liliba a dit…

En général, j'aime beaucoup Auster, mais j'ai eu du mal avec cette trilogie que j'ai trouvée vraiment compliquée et longue à lire...