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samedi 24 juillet 2010

HENRY JAMES : PORTRAIT DE FEMME


Traduit par Claude Bonnafont

Isabel Archer est l'héroïne de ce roman d'Henry James. Elle est originaire d'Albany, New York, elle est orpheline sans le sou et elle est aussi très naïve et c'est une ingénue, mais cela n'empêche pas qu'elle est très intelligente et orgueilleuse. En 1872, Mrs Touchett l'a invité dans sa propriété près de Londres, à Gardencourt. Là, elle fait la connaissance de son cousin Ralph Touchett, et de leur voisin Lord Warburton. Ce dernier est sous le charme d' Isabel, il demande sa main en mariage. Isabel refuse car elle désir prendre son destin en main et envie aussi de connaître l'Europe avant de se marier. Son cousin Ralph Touchett qui est sérieusement malade, apprécie la compagnie de la jeune fille et l'observe avec intérêt ainsi que son amie Henrietta. Caspar Godwood, un jeune bostonien, un américain, la suivit jusqu'en Angleterre, il est épris, fou amoureux aussi d'Isabel. Mais, elle ne désire pas faire sa vie avec lui. Isabel fait la connaissance de Mme Merle, la jeune fille est pleine d'admiration pour elle. En compagnie de sa tante elle se rend à Florence où Mme Merle présente Isabel à un autre Américain Mr Osmond. "Ce Gilbert Osmond vit en Italie; c'est tout ce que l'on peut en dire ou en faire. Excessivement intelligent, il était fait pour se distinguer mais, comme je l'ai dit, on a épuisé le sujet quand on a dit : c'est Mr Osmond qui vit tout bêtement en Italie. Pas de carrière, pas de situation pas de fortune, pas de passé, pas d'avenir. "" Mais il a une fille, une délicieuse petite fille, et il parle d'elle. Il l'adore, et si la paternité pouvait être une carrière, il y figurerait au nombre des meilleurs. " C'est un original et excentrique et un grand amateur d'art. Lui et Mme Merle forme un couple manipulateur envers Isabel. Madame Merle fait penser à une sorcière. Une fois qu'Isabel a beaucoup voyagé, elle a observé le monde et accepte d'épouser Osmond. En acceptant de faire sa vie avec Osmond, elle plonge dans un univers trouble mélange du bien et du mal. Son mariage semble être un échec total.

Je trouve très touchant, et même troublant cette jeune fille Pansy qui a reçu une éducation dans un couvent à Rome , qui est orpheline de mère. Non, bien sûr elle est présenté comme cela au début du roman. En faite, elle est l'union d'Osmond et de Madame Merle. Sa mère la maîtresse d'Osmond se mêle du mariage de sa fille pour assurer le destin de son enfant illégitime. Pansy a quinze ans, elle a quitté le couvent à Rome, elle vit seule à Florence avec son père. Elle est d'une grande douceur, innocente et puérile. Elle est en pleine admiration pour Isabel qui sera sa futur belle-mère. "Papa a laissé ses instructions pour tout. Je me couche très tôt. Quand le soleil s'en va de ce côté, je vais au jardin. Papa a donné des ordres très sévères pour que je ne sois pas brûlée par le soleil. " En grandissant, elle se transforme en une élégante fée, elle est amoureuse d'un jeune homme M. Rosier, mais son père ne l'accepte pas refuse. "à dix-neuf ans Pansy est devenu une jeune fille mais elle n'en remplit pas réellement le rôle ; elle est à présent très jolie mais manque de façon déplorable de style, qualité si vivement appréciée chez les femmes ;" Il veut la voir marier avec un aristocrate, Edward Rosier malheureusement n'a pas assez d'argent et il n'en ait pas un ! Madame Merle aura son mot à dire, son père la voit très bien avec Lord Warburton, il est aussi manipulateur avec sa femme qu'avec sa fille, en un mot c'est un odieux personnage qui fait froid dans le dos. J'aime aussi une certaine tendresse pour Raph, le pauvre homme, il est très malade est fou d'amour en secret pour sa cousine Isabel, elle ne le voit pas, il en est même très malheureux. "Ralph souhaitait qu'elle ne se mariât jamais - voilà ce que cela voulait dire - parce que le spectacle de ses aventures de célibataire le distrayait." Osmond n'aime guère Raph. C'est pourtant, Raph qui a tout fait au chevet de son père mourant pour qu' Isabel puisse avoir un bel héritage et réaliser son destin. Elle se trouve à la tête de 70 000 livres.Le grand thème de ce roman est la question du mariage, la tante d'Isabel, voit d'un très mauvais œil l'union entre Isabel et Mr Osmond, surtout que cette union est manipulé par Madame Merle. Elle fut la maîtresse d'Osmond. Il ne possède rien c'est au crochet d'Isabel qu'il va vivre et en profiter. Ce qui est très mal vu ! " - Pourquoi vous mariez-vous ? Dieu seul le sait ! Généralement, les gens se marient pour la même raison qu'ils associent : pour fonder une maison. Mais, dans votre association, c'est vous qui apporterez tout."

Henry James applique dans ce roman sa technique du point de vue. Tout le roman est écrit via le regard d'Isabel, une femme libre qui n'en fait qu'à sa tête, malheureusement elle se trompe par orgueil tout simplement. J'ai pris un grand plaisir à lire ce roman très romanesque bien construit, accompagné de son humour léger. J'ai trouvé ce roman très dense, une écriture sublime, je ne sais si j'ai tout compris, c'est un roman remplit de retenu riche et dense. J'ai trouvé ce roman par un certain côté très moderne en ce qui concerne la place de la femme et le rapport au mariage, nuancé bien sûr.

Le film m'a fois est assez fidèle au livre ! Ce n'est pas je trouve, enfin je pense le plus réussis de Jane Campion. Mais cela reste un très beau film avec une très belle esthétique très agréable à regarder. Bien que je trouve vers la fin, un peu bizarre, un peu larmoyant. Un film avec une star Nicole Kidman sentiment un peu hollywoodien. Mais cela n'empêche pas quelques jolies scène dont celle que j'affectionne en Italie, à Rome c'est celle du jeux avec l'ombrelle entre Isabel et Osmond. Comment ne pas penser aux Liaisons dangereuse de Laclos en voyant ce film.



7 commentaires:

Holly Golightly a dit…

J'étais à l'endroit même où Henry James a achevé l'écriture de ce roman...

Malice a dit…

Amusant, voir très ;-) J'ai adoré ce roman ! Vertigineux.

maggie a dit…

il faut absolument que je lise... et j'ai aussi le DVD....

Céline a dit…

J'ai adoré ce roman ... et ce film. Malkovitch fait un Osmond délicieusement troublant et dangereux !
Le roman de James est un des meilleurs : je le trouve très soigné sur le plan de la psychologie des personnages. J'aime également beaucoup la manière dont il met en scène l'opposition entre l'Europe et l'Amérique.

Malice a dit…

@ Maggie : Oui, oui je sais ;-)
@ Céline : C'est vrais que Malkovitch est très bien dans le rôle de l'odieux personnage, il est même remarquable je dois dire.
L'opposition entre l'Europe et l'Amérique revient souvent dans l'œuvre d'Henry James.

Titine a dit…

Ah Henry...je l'adore !! j'ai commencé ma découverte de son oeuvre avec "Portrait de femme", il y a bien longtemps...j'en garde un grand souvenir. Le personnage de Isabel Archer est extraordinaire, tant de potentiel gâché ! Et le film est très bon et je trouve Nicole Kidman excellente.

Malice a dit…

j'ai été sous le charme, certainement une lecture marquante de l'été. Et d'une puissance pas croyable !