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jeudi 15 juillet 2010

D.H LAWRENCE : L'Amant de lady Chatterley

Traduction de F.Roger-Cornaz

Nous sommes en 1920, Constance, Lady Chatterley, est l'épouse de , Clifford, propriétaire terrien. Il est revenu de la Première Guerre Mondiale paralysé et sexuellement impuissant. Une vie monotone s'installe entre le mari et la femme. " Il n'y avait aucune communication entre Wragby Hall et le village de Tavershall ; pas de saluts, pas de révérences. Les mineurs se bornaient à regarder fixement ; les boutiquiers soulevaient leur casquette devant Constance comme devant une connaissance quelconque ; ils saluaient Clifford de la tête, l'air embarrassé : c'était tout." Deux mondes s'opposent celui des mineurs des Midland, l'industrialisation, ces ouvriers qui se tournent vers le bolchevisme. et le milieu aristocrates des Chatterley, la lutte des classes. L'importance de la nature en particulier de la forêt, lieu d'espace, où Constance se sent bien car il est le lieu de liberté en opposition à l'étouffante ambiance qui règne dans la propriété de Wragby. " Constance allait se promener dans le parc et dans les bois avoisinants: elle en sentait la solitude et le mystère, chassant du pied les feuilles brunes de l'automne ou cueillait les primevère du printemps.""Le bois gardait encore quelque chose du mystère de la sauvage vieille Angleterre." Le corps de Constance est rongé par un cancer et besoin vital de se sentir libre. La forêt de Sherwood (la forêt de Robin des Bois) est un lieu sauvage, c'est dans cette forêt que Constance rencontre pour la première fois Mellors, homme qui parle patois, c'est dans la forêt qu'il trouve refuge dans une cabane. Au début de sa rencontre avec Mellors, il est question de la clé pour avoir accès à la cabane dans les bois. Cette clé symbolise à mon sens un accès à un changement, à un échappatoire car elle étouffe à Wragby. "-Ne pourrions-nous pas avoir une autre clé ? demanda t-elle de sa voix douce qui cachait à peine le ton tranchant d'une femme décidée à obtenir ce qu'elle demande. - Une autre ? dit-il en la regardant avec un éclair de colère et de moquerie" Le personnage de Constance fait penser à celui du conte la Belle au bois dormant, elle se réveille au contact de son amant qui n'est pas issu de la même classe sociale qu'elle. Constance est indifférente au regard que l'on peut porter sur elle et sa relation avec Mellors. Elle ne voit pas où est le mal ! Elle n'est pas comme son mari, cela ne la choque pas d'avoir une relation sexuelle avec un homme qui n'est pas du même rang sociale qu'elle. Elle s'émerveille sur l'Angleterre comme une petit fille " Angleterre, mon Angleterre ! Mais quelle est mon Angleterre ? Les nobles châteaux d'Angleterre font très bien en photographie et maintiennent un lieu illusoire entre nous et les Élisabéthains." Clifford est pour l'industrie, désir de pouvoir sur le monde des mineurs, il est autoritaire. " Mais maintenant que Clifford s'engageait dans cette nouvelle maladie d'activité industrielle, devenait presque un animal, avec au -dehors, une dure carapace d'efficacité, et, au-dedans, une pulpe molle, un de ces extraordinaires animaux, crabes ou langoustes du monde moderne, industriel et financier, invertébrés de l'ordre des crustacés, avec des carapaces d'acier comme des machines, et des intérieurs de pulpe molle, Constance elle -même se sentait complétement perdue." À son opposé, Constance est sous le charme de l' Angleterre pastorale, mais veut avoir accès à ce monde qui bascule via sa relation avec le garde chasse. Un point important, car il représente le futur c'est l'enfant, un désir d'avoir un enfant de la part de Constance. Et pour Clifford" Donnez-moi le fils de n'importe quel homme sain, normalement intelligent, et j'en ferai un Chatterley parfaitement capable de tenir sa place. Ce qui compte ce n'est pas l'homme qui nous a engendré, mais la place que le destin nous donne. Placez un enfant quelconque dans les classes dirigeantes, et il deviendra, pour autant qu'il en sera capable, un maître. Placez des enfants de roi ou de ducs dans les masses, et il deviendront de petits plébéiens des produits de la masse. C'est l'influence irrésistible du milieu. - Alors le peuple n'est pas une race, et les aristocrates ne sont pas un sang, dit-elle" D.H Lawrence décrit très bien ce choc de la fin d'un monde, la confrontation de la vieille Angleterre aristocrate rurale à l'essor industriel des villes ouvrières, ainsi que le pouvoir de l'argent, la différence entre les hommes et les femmes, un grand roman d' une grande richesse et c'est passionnant ! C'est une raison pour laquelle c'est un incontournable.

Mais ce n'est pas étonnant que ce roman est scandalisé à son époque les anglais pour son atteinte aux bonnes mœurs. Un livre comme vous pouvez le devinez j'ai vraiment beaucoup aimé et d'une richesse incroyable que je n'en ai pas fait le tour ! En un mot un grand roman comme je les aime riche et dense. Déjà j'avais beaucoup aimé la jeune fille perdue, lu il y a peu, il y a pas mal de point commun entre les deux livres d'ailleurs !
Voir le billet chez Alwenn

8 commentaires:

maggie a dit…

Voici presque 5 ou 6 ans que j'ai le livre et que je l'ai toujours pas lu ! Merci de me faire penser à le ressortir de ma PAL... J'ai vu le film qui m'a beaucoup plu...

Mango a dit…

C'est un livre peut-être un peu démodé disent certains mais ça reste une très bonne lecture pour moi et un livre marquant!

Cécile Qd9 a dit…

Ca ne m'avait pas passionnée et, tu le sais, la fille perdue non plus (mais plus cela dit)

Restling a dit…

Pour ma part, ce roman ne m'avait pas vraiment conquise. J'ai eu du mal à comprendre le personnage de Lady Chatterley...

Malice a dit…

@ Maggie : Tant mieux si tu ressors ce roman de ta PAL ;-)
@ Mango : Entièrement d'accord avec toi ;-)
@Cécile Qd9 :Oui, je sais tu n'es pas fan de D.H Lawrence :))) Moi si j'aime beaucoup, je garde un excellent souvenir de la fille perdue :)
@ Restling : Ah !!!

Cécile Qd9 a dit…

j'avais donc ciblé la bonne personne en te le donnant... ;)

Alwenn a dit…

Je n'ai pas eu ton enthousiasme, mais j'avais trouvé cette lecture intéressante à de nombreux points de vue !

Malice a dit…

@ Cécile de Qd9 : Oui :) et comment !
@Alwenn : Ah bon ! en tout cas c'est un classique que j'ai trouvé très enrichissant qui m'a bien plus !
J'ai mis en lien ton billet car il est très complet et rend justice à ce roman... et au film (vu j'en ai pas parlé car je le trouve bien en dessous du roman cela dit ) !