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mardi 22 juillet 2008

MARIE LABERGE : La cérémonie des anges


Ce roman me  vient directement de Québec, c'est mon oncle qui habite là bas qui me la apporté lors de son séjour en France au mois d'avril.

Avec ce livre là, Marie Laberge aborde un thème douloureux pour un couple la perte d'un enfant. Thème beaucoup traité dans la littérature française contemporaine, dernièrement et qui a fait couler beaucoup d'encre, il y a eu le livre de Camille Laurens, Marie Darrieussecq, Laurence Tardieu etc... J'en ai lu aucun de ces romans qui parlent de la perte d'un enfant, car je trouve que c'est un sujet où , l'émotion facile est malsaine, larmoyante, voir mélo bien souvent.

Dans ce livre québécois la force du livre est dans sa structure à deux voix celle de Nathalie et de Laurent. Ce sont les parents de la petite Erica, morte subite du nourrisson à neuf semaines. Nathalie et Laurent vont tenir un journal chacun de leur côté, pour essayé de reprendre goût à la vie. Donc c'est un roman à deux voix très différentes l'une de l'autre surtout dans un premier temps, Nathalie comédienne essaye d'extérioriser sa tristesse par le travail, et la colère. Car elle exerce un métier de représentation, elle doit paraître et ne laisser voir son malheur, donc retenir ses émotions.

"Extrêmement délicats qu'ils sont, ici : il y a l'aile-naissance, l'aile-récupération et l'aile-des-mourants ou des morts. Ils appellent ça le palliatif. C'est nouveau, ça fait moins peur aux proches, y paraît. Pour les mourants, pas de différence. Anyway, y ont beau essayer de tout mettre en ordre, ça arrive qu'il y ait des croisements indésirables entre les ailes."
Alors que Laurent, intériorise ses sentiments, essaye de comprendre pourquoi ?
" Pourquoi un bébé meurt-il dans son sommeil sans appeler, sans faire un son ? Pourquoi la nuit et le silence deviennent-ils des ennemis ? Pourquoi l'aube prend-elle des allures de fausse promesse chaque fois qu'elle se présente sans qu'il y ait une couche à changer, un bébé à porter à sa mère ? Pourquoi les petites heures que vole au cauchemar du réel sont-elles remplies de hurlements qui m'éveillent en sueur ?"Dans un deuxième partie, Rémi l'ami de Nathalie et Laurent est atteint du sida. Sa maladie rapproche le couple qui s'est séparée. Nathalie s'occupe de Rémi, très fragile comme si il était un enfant. Nathalie change de ton , elle pense plus à son enfant disparu, son ange. Elle est plus fragile. La typographie, petit caractère, Nathalie évoque son enfant en chuchotant, voix intérieur, elle intériorise, ses sentiments.
" C'est ma fille
pour la deuxième fois en deux jours, j'ai hurlé"
P194 , passage admirable de Nathalie toute une page en petit caractère dédié à sa fille, c'est d'une grande beauté, une preuve d'amour envers son enfant, la douleur d'une mère exprimée, magnifique. Mais elle se souvient de moment tout simple comme le bain avec elle. Rémi dans cette deuxième partie vit sa vie affective avec plus de légèreté.


Cela donne un livre magnifique d'émotion qui nous serre la gorge. Un très beau récit sur un sujet délicat, voir très délicat et traité avec une grande élégance et intelligence.
Un livre poignant, bouleversant, prenant, d'une grande puissance émotionnelle. Un livre qui nous colle, qui nous ensorcelle, présent dans notre mémoire. J'aime le motif de l'ange pour évoquer la mort du nourrisson. J'admire l'écriture vivante de Marie Laberge, la force de son écriture du au joual certainement. Ce couple de papier d'invention de l'auteure, j'ai le sentiment qu'il existe de chair et de sang, de les connaître.

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