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mercredi 8 juin 2011

KLAUS MANN : Aujourd'hui et demain


L' Esprit européen 1925-1949
Traduit par Corinna Gepner et Dominique Laure Miermont
Préface Dominique Laure Miermont

Qui était Klaus Mann le fils de Thomas ? Personnellement je ne connaissais jusqu'à ce jour que vague le nom ou plus tôt le prénom. Ces rapports avec son père étaient conflictuelles. Les éditions Phébus mettent à l'honneur ce grand écrivain pour que l'on ne l'oublie pas et c'est tant mieux ! Homosexuel, toxicomane, citoyen allemand déchu, exilé puis engagé contre l’idéologie nazie, écrivain prolifique et visionnaire, résolument contemporain, il est l’un des plus éminents représentants de la littérature allemande…

Aujourd'hui et demain est un essai, il rassemble trente-sept textes qu'a écrits Klaus Mann entre 1925 (il n'a que dix-neuf ans) et 1949. Il voue une admiration sans borne à la culture française, de la première moitié du siècle passé que sont André Gide, Raymond Radiguet, René Crevel, Jean Cocteau, Julien Green, Alain-Fournier, Jean Giono et Saint-Exupéry. C'est un homme amoureux des belles lettres, curieux des nouvelles idées, il dresse de très beaux portraits fouillés d'auteurs français connu et d'autres méconnu. C'est bien un Esprit européen que nous donne Klaus Mann avec se rapprochement entre la France et l'Allemagne, l'entente entre les deux pays. Il était contre le nazisme . Il est très avant-gardiste sa pensée est toujours d'actualité de nos jours ! " J'aime la France. J'aime les Français , et les paysages français. J'aime les villes de France et j'aime la terre de France."Klaus Mann fit la connaissance en 1926 de Raymond Radiguet (1903/1923)" Le Diable au corps est le compte rendu, l'objectif presque jusqu'à la cruauté, d'un égarement qui s'explique historiquement par l'égarement encore plus grand que constitue la guerre mondiale " " Le bal du comte d'Orgel est le roman de l'amour noble, timide, le livre passionné de la chasteté "roman d'amour chaste". "Chef-d'œuvre de promesses", voilà en quels que termes Jean Cocteau qualifie la première œuvre de Radiguet, et la seconde : "les promesses tenues". Ce qui, dans Le Diable au corps, relève encore de l'ébauche confuse, de l'intuition à demi consciente, devient déjà, dans Le Bal, forme passionnée l'intention concertée, accomplissement raffiné."



la Mort difficile. Il fut son grand ami.
" Son charme foudroyant - il était peut-être, en effet , l'homme le plus doté de charme que j'aie jamais connu - comportait un élément tragique et sauvage, une sorte d'emportement désespéré, qui venait du cœur même de son être et se communiquait à tous ses gestes, ses paroles et ses regards."
Klaus Mann fait un lien entre cet auteur et Raymond Radiguet concernant la froideur. Les français ont trouvé un style dans l'écriture c'est "le surréalisme". " Les surréalistes non plus ne sont pas particulièrement moraux, ce qui fait qu'ils sont devenus du jour au lendemains la "terreur des bourgeois." Il a une admiration, fascination pour la mort, il est hanté par le suicide, l'on comprend qu'il se retrouve dans l'univers de René Crevel.
Jean Desbordes (1906/1944) est un écrivain ami de Jean Cocteau avec qui il entretint une relation amoureuse. Il obtient un rôle au cinéma dans son film Le Sang d'un poète, réalisé en 1930. Pour Klaus Mann : " Jean Desbordes représente ma troisième rencontre fondamentale avec la jeunesse française : la première fut Raymond Radiguet, la seconde René Crevel."
Il évoque le nom d'un couple d'intellectuel Yvan et Claire Goll que je ne connais absolument pas. Henri Barbusse auteur que je connais que de nom. Voilà comment le décrit Klaus Mann : "Son visage rayonnant est à la fois doux et sévère, aimable et ascétique. La réunion de ces qualités est très française ; la tête travaillée avec la moustache sombre, son regard amical et pensif, forme une sorte de contraste avec les doctrines anti-intellectualistes qu'il professe." "Il fait partie d'une noble et grande famille de l'esprit : la famille de ces intellectuels français qui sont davantage moralistes qu'esthètes. "Auteur de roman contre la guerre et il a écrit Feu.
Plus connu Gide, l'image de l'intellectuel engagé, est l'auteur des Faux-Monnayeurs, son désir pour les enfants arabes dans Paludes. C'est son écrivain préféré car à ses yeux c'est le plus européen. Il est un grand admirateur de Jean Cocteau, il trouve que son œuvre est très poétique à l'image de sa vie. Cocteau, Radiguet, Gide et Crevel sont des écrivain familier pour Klaus Mann, il a même l'opportunité de les rencontrer à Paris. Admiration pour Julien Green, auteur américain qui a décidé d'écrire en français et il est l'auteur de "Adrienne Mesurat" et " Lévithan", le thème de ses romans est la souffrance. "Il faudrait évoquer le monde mystérieux de l'enfance ; le jardin où l'on a joué, le conte , la poupée que l'on a aimés ; la peur que l'on a éprouvée la nuit."


C'est un essai très attachant qui donne terriblement envie de lire Klaus Mann tellement c'est pertinent. Essai séduisant mais pas évident à tout bien comprendre puis donne une ouverture vers d'autres livres, c'est le côté très jouissif et agréable de cet essai passionnant, mais je ne sais s'il est vraiment conseillé pour découvrir qui est Klaus Mann ? Lire son autobiographie, passionnante : "Le Tournant histoire d'une vie " chez Actes Sud.
" Comme il était le fils d'un écrivain connu, il disposait naturellement de certaines relation, dont toutefois, par fierté et par entêtement, il ne voulais pas, pour le moment, se servir."
" Le plus bel encouragement me vint de Stefan Zweig, que je connaissais alors à peine personnellement."

7 commentaires:

Mango a dit…

Ce "Fils de" a eu une vie passionnante et tragique. C'est sûrement très intéressant de le suivre ainsi à travers ces livres!

In Cold Blog a dit…

Tu confirmes l'impression que j'avais de ce recueil qu'il me tarde de lire : non seulement, il recèle des textes passionnants qui dessinent en creux une image de K. Mann, mais en plus il donne envie d'en savoir plus sur ce personnage, fascinant s'il en est.
En revanche, je pense qu'il est peut-être préférable de piocher un de ces textes de temps à autre et ne pas les ingurgiter tous à la suite.

mutuelle swiss life a dit…

C'est passionant

CARMADOU a dit…

Je suis totalement d'accord avec "In cold Blog", j'aime piocher Dans Klaus mann, Contre la barbarie est un livre de chevet dans lequel j'aime "piocher" un article.

C'est brillant, intelligent, toujours actuel!

Lou a dit…

J'ai très envie de relire "Mephisto", roman qui m'avait beaucoup marquée il y a quelques années. Je suis plus attirée par les écrits de Klaus que par ceux de Thomas... quant à Heinrich je ne sais presque rien de lui... En tout cas ce recueil me tente beaucoup également.

Nanne a dit…

Si tu savais comme je suis heureuse de pouvoir enfin lire des billets sur les livres de Klaus Mann ! Il sort enfin de l'ombre littéraire faite par son père. Il accède à une reconnaissance largement méritée pour la beauté de son écriture, son engagement politique et son humanisme. Klaus Mann était un visionnaire et un intellectuel sensible, cultivé et intelligent. Il te faut lire "Le tournant", son autobiographie qui est un véritable bijou littéraire. Ou même "Méphisto", un des meilleurs romans du 20ème Siècle. En fait, il faut tout lire de Klaus Mann ...

Malice a dit…

@ Mango : Oui
@ ICB : Oui, bien sûr je ne l'ai pas lu d'une traite j'ai commencé cet essai au début de l'année puis je l'ai fait traîné sur plusieurs mois, j'ai remanié plus d'une fois mon billet. J'ai acheté le Tournant au Salon du Livre (peut-être un billet futur avant la fin de l'année). Et puis je l'ai repris il y a peu car je me suis dit qu'il fallait tout de même que je mette mon billet en ligne. Oui et trois fois lire par petit bout, mais quelle force mon dieu. C'est un essai qui fait réfléchir en tout cas car c'est d'une telle force.
@ Carmadou : Je suis d'accord pour piocher ;-) Oui
@ Lou : Mephisto je ne connais pas je découvre seulement Klaus Mann mais j'avais pris tellement de plaisir à lire son père : Mort à Venise, les Buddenbroock (saga que j'avais adoré).
@ Nanne : Oui pas étonnant que cet essai t'intéresse tu as tellement d'attaches avec la littérature germanique. Le Tournant j'ai commencé mais je vais le reprendre je pense d'ici la fin de l'année . En tout cas Klaus Mann est une belle découverte que je dois à Phébus !