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samedi 4 juin 2011

DAVID LODGE : L'AUTEUR ! L'AUTEUR !


Traduit par Suzanne V. Mayoux

" Les cris " L'auteur ! L'auteur !" étaient d'abord venus du poulailler, puis ils avaient été repris avec conviction par les amis d'Henry à l'orchestre et dans les loges, mais c'était pour des motifs entièrement différents que les deux groupes voulaient qu'il se montre. Les applaudissement continuaient. Les cris devinrent plus insistants : "L'au-teur ! L'au-teur !""
L'auteur ! L'auteur ! de David Lodge est un livre très originale, car ce n'est pas une biographie classique mais un roman, un vrais roman. est l'occasion de rêvé pour Lodge d'évoquer la scène londonienne (son présente Ellen Terry la grande actrice du théâtre de l'époque ainsi que sa sœur Marion qui a joué dans Guy de Domeville l'unique pièce d'Henry James) . Le soir de la première de sa pièce, Henry James a un tract fou et décide d'aller voir le Mari Idéal d Oscar Wilde auteur à succès très apprécié par les londoniens. Ceci dit il va connaître de sérieux problème pour outrage aux bonnes mœurs. Tous les amis d'H. James sont là pour soutenir cette pièce. Lors de la première de sa pièce, au poulailler sifflement et brouhaha. ( ma rappelé cette description du théâtre vu par Arthur Symons /Arnaud Desplechin dans Esther Khan. En particulier quand Esther va au théâtre pour la première fois et qu'elle se trouve au poulailler). " Beaucoup d'entre eux étaient des amis d'Henry James, trop nombreux peut-être pour son bien. Peut-être les gens du poulailler ont cru qu'à l'orchestre la classe supérieure faisait la claque alors ils ont décidé de la contrer en produisant du vacarme." Par la même occasion David Lodge en profite pour rendre assez longuement hommage à cet écrivain, George du Maurier et de la relation tendre et amicale avec Henry James (J'avais lu l'année dernière Peter Ibbertson). Son roman Trilby est devenu un best-seller. Henry James en est presque jaloux. Sylvia, la fille de George du Maurier épousera un avocat nommé Arthur Llewelyn Davies. Par la même occasion l'ombre de James Matthew Barrie plane sur ce délicieux roman de David Lodge. " Mrs James et sa fille s'autorisent à sortir de temps à autre pour se détendre. Un soir, elles vont voir Peter Pan au Duke of York. Cette pièce que Mrs James n'a jamais vue excite sa curiosité, et Peggy estime, en son for intérieur, que c'est à peu près le seul spectacle du West End qui ne risque pas d'ennuyer, d'offense ou de choquer sa mère. De fait, Alice en est enchantée et en parle avec enthousiasme à Edmund Gosse lorsqu'il vient le lendemain prendre des nouvelles d'Henry."

Il est question d'amitié avec Constance FenimoreWoolson, elle était la petite nièce de Fenimore Cooper. Elle écrit aussi et elle amoureuse de Venise et de l'Italie, et elle finira sa vie tragiquement. C'est à Venise qu'Henry James finit d'achever son roman Portrait de femme, c' est aussi le décor de sa nouvelle intitulée " Papiers d'Aspern". Il souligne la pratique de l'homosexualité à l'époque victorienne John Addington Symonds a écrit un texte intitulé "Un problème d'éthique moderne". " Certes, une accolade entre amis pour se dire bonjour ou au revoir était tout à fait naturelle et il déplorait le glacial préjugé anglo-saxon contre ce genre de preuves d'affection - ou d'amour, pourquoi ne pas parler d'amour ? - entre hommes."
La première guerre mondiale vient tout juste de commencer en 1915, avant de mourir, Henry James se fait naturaliser britannique, il a reçu l'ordre du mérite.
Le résulta est touchant, beaucoup de sensibilité dans ce roman. J'ai eu le sentiment que David Lodge l'a écrit avec son cœur. J'ai aimé le ton et l'humour léger et absolument ennuyeux ou pesant. Ce roman m'a donné très envie de me replongé dans l'œuvre passionnante de James. Son souhait était de devenir le Balzac anglo-américain.
Durant ma lecture j'ai beaucoup pensée à mon amie à qui je dédie ce modeste billet ! Car sur ces Roses de Décembre l'on peut  voir les images tirées du roman de David Lodge. Tout d'abord la maison de George du Maurier et sa tombe et celle de son fils et de sa fille Sylvia avec son mari et ses enfants à Hampstead.

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George Du Maurier était proche de James Matthew Barrie, mais aussi de Lewis Carroll.
"Le 31 octobre 1967, il envoie à l'écrivain Georges Du Maurier la traduction française d'Alice en le priant de bien vouloir la relire." ( Source Lewis Carroll édition Bouquin)

6 commentaires:

Holly Golightly a dit…

Merci de tout coeur, mon amie.

Joelle a dit…

J'aime beaucoup cet auteur mais j'ai peur de passer un peu trop à côté de ce titre à cause de mon manque de connaissances du sujet !

Lou a dit…

J'avais été gênée par l'introduction (le maître meurt lentement mais sûrement) et avais fini par le laisser de côté, mais je prévois de le lire à l'occasion. Sur James, "The Master" de Toibin est un livre absolument merveilleux que je te recommande chaudement !

Titine a dit…

Je l'avais lu à sa sortie ainsi que le livre de Colm Toibin. Le livre de Lodge est génial, très intéressant et très bien documenté. Et notre cher Henry n'est pas épargné mais cela ne le rend que plus humain.

Nanne a dit…

J'ai "Le Maître" de Toïbin dans ma PAL qui traite aussi de Henry James et que je veux lire depuis longtemps. Et "L'auteur ! L'auteur" de Lodge a l'air tentant aussi, surtout que s'y rajoute l'humour anglais ... Ce serait surtout l'occasion de renouer avec un auteur anglais que j'ai un peu délaissé, à tort ;-D

Malice a dit…

@ Holly : De rien ;-)
@ Joëlle : Oui, cela se peut ;-)
@ Lou : Ah ! c'est comme cela que tu le vois ...
Le livre que tu me recommande oui, je me souviens on en avait parlé ensemble. Je le lirai sûrement il y a bien des chances une fois que j'aurai mis la mains dessus.
@ Titine : oui nous sommes bien d'accord concernant le David Lodge qui a mon avis fait un portrait d'Henry `James très personnel avec son humour british !!!
@ Nane merci pour ton commentaire !