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dimanche 12 juin 2011

EDITH WHARTON : Chez les heureux du monde



Traduit par Charles Du Bos - Préface de Frédéric Vitoux

À New-York, au début du XXième siècle, Lily Bart est une orpheline ruinée. Elle fréquente la haute société new-yorkaise. Comme le dit très justement Lawrence Selden :"- Parce que vous êtes un merveilleux spectacle : j'aime toujours à voir ce que vous faites." c'est une femme qui rayonne elle a de l'éclat. Elle a vingt-neuf ans, elle n'est pas mariée elle a tout le potentiel pour réussir et faire un beau mariage justement. Nombreux sont les prétendants riches qui tournent autour d'elle, mais aucun ne lui convient car ils leurs manquent la passion, l'amour tout simplement. Bon il y a bien le jeune avocat Lawrence Selden, mais il ne fait pas partie de l'aristocratie. Même, si il cherche à évoluer dans ce milieu social. Malheureusement, il n'est pas assez riche. Elle vit chez sa tante Julia, Mrs Peniston, qui va la déshérite. Elle aime jouer au bridge, elle est criblée de dettes. Lily évolue dans une société où l'argent tient sa place au premier rang, jouer au bridge cela est capital. " La société était composée de gens que Mrs Trenor appelait des "somnifères" : elle donnait ce nom générique à toutes les personnes qui ne jouaient pas au bridge - et, comme c'était son habitude de grouper tous ces gêneurs dans une même catégorie, elle les invitait d'ordinaire ensemble sans tenir compte de leurs autres caractéristiques." La société new-yorkaise aristocratique que nous décrit Wharton considère que c'est indécent de travailler pour gagner sa vie. Si on n'a pas d'argent l'on est rien, c'est le cas de Lily, elle se trouve déshonorée. Elle demande à Gus Trenor si il peut s'occuper de son maigre revenue qu'elle possède. Ce dernier, va tout faire pour séduire la superbe Lily mais aussi pour la ridiculiser. Tout comme Bertha Dorset une femme odieuse et méchante, horrible et manipulatrice à tout point de vue. Elle humilie la pauvre Lily en public en la chassant du yatch. Lily se trouve être une femme piégée par une société qui la condamne, elle est sans cesse observée, tout le roman tourne autour du paraître au sein de la haute société, ce qui faut faire, dire et ne pas dire, ne pas faire. L'aristocratie que Lily a connu est une société où l'hypocrisie est au premier plan qui l'entraîne dans une spirale infernale où la seul issu est la mort.
Ce roman m'a bien captivé, la construction de ce roman est brillant et époustouflant. C'est un roman très cruel servit d'une plume brillante et très noir sur la condition féminine. La fin est terrible, durant ma lecture je me suis beaucoup attachée à Lily durant ma lecture. J'ai trouvé beaucoup de point commun avec Portrait de femme de son ami Henry James.En complément voir le billet de Papillon.


 Film de Terence Davis avec Gillian Anderson et Eric Stoltz

Passage superbe Lily ravisante et flamboyante dans sa robe rouge pour la réouverture de l'Opéra. Elle se trouve dans la loge de Trenor. " Pour Lily, toujours excité par l'idée de montrer sa beauté en public, et certaine, ce soir-là, d'une toilette qui rehaussait encore singulièrement, le regard de Trenor, si insistant qu'il fût, se perdait dans le courant général de ceux que l'admiration de la salle faisait converger vers elle. "
L'arrivée est majestueuse, beaucoup d'élégance dans la mise en scène soulignée par une musique raffinée. Tout le monde s'épie à travers des jumelles de théâtre. Le spectacle est dans la salle avant le levé du rideau. J'aime beaucoup comment Terence Davies film la sensualité entre Lily et Lawrence Selden que se soit dans la première scène ou au pied d'un arbre à Belmont. Le film de Terence Davies est sublime mais par rapport au livre il y a un passages qui arrivent comme un cheveux sur la soupe. C'est le passage des tableaux vivants et un magnifique passage dans le roman et dans le film il est réduit à une scène. Et, je me suis demandée qu'est ce que cela vient faire là ? Étrange.
À par ce là il a su à merveille rester fidèle à l'essence même du roman.

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