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jeudi 2 juillet 2009

FLANNERY O'CONNOR : Portrait & Nouvelles

J'ai une grande affection pour cette grande dame de la littérature américaine, très exactement beaucoup de compassion pour son courage (sa maladie), mais surtout pour son écriture. Cela n'est pas pour rien que de nombreux écrivains l'admire : Elle est une référence et vénérée par quelques auteurs français dont Philippe Djian (il la cite lors des entretiens qu'il a donné sur son dernier livre), Genevièvre Brisac , Jean Marie Gustave Leclézio.


Loin du Paradis de Flannery O'Connor
L'essai de Geneviève Brisac édition de l'Olivier


Flannery O'Connor (1925/1964) est méconnue en France. Même si elle est saluée par les plus grands.Écrivain sudiste comme Faulkner. Elle est née en 1925, à Savannah, elle est issue d'une grande famille bourgeoise catholique.
"Flannery O'Connor a d'immenses yeux très pâles, de tout petits pieds lisses, une peau ravissante d'un rose très clair, et de très jolies jambes que sa maladie et la cortisone vont disloquer. Se caricaturer cruellement, se peindre en monstre, est un rares plaisirs qu'elle s'accorde."

Elle s'appelle encore Mary Flannery, son père est malade et il a très peu de temps à vivre. En 1945, elle a vingt ans, elle décide de partir pour l'université d'Iowa, elle ne veut plus être sociologue, elle s'inscrit au département d'École de journalisme. Elle n'est pas sûr de se consacrer à la Elle participe à un atelier d'écriture au Writer's workshop. Elle lit, elle découvre les grands romanciers tel qu' Hawthorne, James, Joyce, Conrad. Elle commence à faire ses armes en tant qu' écrivain via la nouvelle. En 1959, elle s'installe dans le Connecticut. Durant la fin des années 50, elle écrit un roman "La sagesse dans le sang", elle met cinq ans à l'écrire. Et, elle a vingt-cinq ans, elle est très malade, elle est touché de la même maladie que son père dix ans auparavant. Elle rentre chez elle auprès de sa mère dans la ferme d'Andalusia.

"Je n'ai jamais été nulle part que dans la maladie. Mon royaume, c'est la maladie. La maladie est une chose sale : L'art romanesque pas excellence l'ar de l'incarnation, écrit-elle , nous sommes pétris de limon, si vous avez peur de vous salir, ne vous mêler pas de roman."
La religion d'un grand rôle dans sa vie, elle est très croyante et dans ses livres elle tient une grande place. Pour la bonne raison que la famille de sa mère, Regina Clive sont des catholiques fervent bien connue à Milledgeville, enclave catholique intégriste. Elle voyagera seulement deux fois dans sa vie en 1958 à Lourdes et à Rome.
J'admire l'humilité qu'elle porte à son travail d'écrivain. En ce qui concerne son écriture elle se sent proche de d'Henry James. "il faut savoir se salir les mains, que la littérature, on ne sait pas trop comment ça se passe, mais il y faut du concret, du concret toujours du concret"
Cet essai biographique est remarquable, un ode à cette femme exemplaire, forte, courageuse. Beaucoup d'émotion, de générosité de la part de Geneviève Brisac, pour Flannery O'Connor. Un merveilleux livre pour découvrir cette voix forte.


Les braves gens ne courent pas les rues

Traduit par Henri Morisset

Photo Dorothea Lange : Ce choix parce que selon moi cette photographe ses photos collent à l'univers deFlannery O'Connor.
Ces nouvelles sont d'une grande force pas croyables ! Poignantes, brûlantes voir même hallucinantes aussi.

C'est l'histoire d'une famille banale, normale, départ en vacances, toute la nouvelle se passe dans la voiture. La grand-mère est un boulet, une catastrophe ambulante. Mais c'est une brave femme active et attachante.
abasourdi. Mon cri à la fin de ma lecture a été "Un désaxé, il est complètement inhumain. J'ai été comme sonné par la chute complètement "whaou". Et là j'ai saisi me semble t-il la force poignante de l'écriture Flannery O'Connor.

Le Fleuve : L'importance du prénom, "Il s'appelait Harry Ashfield et c'était bien la première fois qu'il eut l'idée de changer de prénom. "Bevel", dit-il. "de l'identité, le fleuve symbole le baptême renaissance. Réf. à Lourde, "il y a une séance de guérison". Nouvelle au climat étrange !

Les temples du Saint Esprit
Deux jeunes filles : Temple I et Temple II " ça vient des bonnes sœurs" c'est à dire Joanne et Suzie. En un mots deux adolescentes dans l'âge ingrat de quatorze ans, surtout devant un garçon. Ce sont les cousines de la petite, elles vont dans une école de bonne sœur, habillées de façon vulgaire pour le week-end "rouge à lèvres, leurs rires idiots. La petite,douze ans, s'est Flannery qui observe ses cousines. Ne pas grandir, pour elle douze ans c'était fini, c'est vrais qu'en suite on bascule dans l'adolescence, le dégoût l'âge ingrats comme je la comprends pas de très bon souvenir de cette période. " Elle serait une sainte, parce que c'était la seule préoccupation qui embrassât tout ce qu'on peut savoir ; et pourtant elle était sûre de n'y jamais parvenir: certes, elle n'était ni une voleuse ni une criminelle , mais elle était une menteuse née et paresseuse, elle agaçait sa mère et faisait exprès d'être désagréable avec tout le monde".

Ces braves gens sont des gens simples, de petites gens du sud des États Unis dans les années 50, d'une grande humanité, de lâcheté aussi. L'attention aux autres est présente, elle est là, elle est palpable. La religion en particulier la religion catholique tient une place importante dans ses nouvelles. La notion du Mal est présente. Elle porte un regard tendre sur les gens, de petites conditions sur leurs misères. Elle est une fine observatrice impitoyable et met toute son énergie dans l'écriture.
Des nouvelles étranges, mystérieuse, une écriture minutieuse à coupé le souffle qui estomac le lecteur. Les sujets de ses nouvelle prennent les tripes du lecteur. Voilà mes impressions face à cette grande dame des lettres américaines Flannery O'Connor
Ces nouvelles sont tirés du recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

4 commentaires:

Lou a dit…

J'aime beaucoup la photo, tu l'as vraiment bien choisie. Cela me fait aussi penser aux couvertures de Faulkner. Quand j'aurai un peu fait baisser ma PAL et lu les prêts que je détiens en otage ;) je lirai cet auteur, dont je vais noter quelques titres de ce pas d'ailleurs. Et la biographie ensuite peut-être, d'autant plus que tu m'intrigues car je sais que tu aimes beaucoup G. Brisac.

Antigone a dit…

Et bien, tu m'as vraiment donné envie de découvrir cette auteure dont je n'ai jamais rien lu encore ! Merci Alice.

Malice a dit…

@ Lou, Antigone : Une femme, une écriture à découvrir il n'y a aucun doute la dessus ;-) Tant mieux si j'ai réussi à vous la faire découvrir.

Anis a dit…

Je te remercie pour ton lien, je l'ai mis dans l'article? C'est super intéressant de partager autour de cette grande dame.