Pages

jeudi 25 février 2010

EDITH WHARTON : Le Vice de la lecture



Traduit par Shaïne Cassim

Ce texte est paru en 1903 dans une revue littéraire américaine , Edith Wharton dénonce "l'obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l'écrivain." C'est du lecteur mécanique qu'elle critique de façon virulente " C'est ainsi que le lecteur mécanique œuvre systématiquement contre le meilleur de la littérature."
c'est pas complètement faux !
Edith Newbold Jones est issue de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Elle est née en 1862, elle reçoit une bonne éducation, elle est une grande lectrice des livres de son père, celui ci possède une très belle bibliothèque. Très jeune elle écrit des poèmes et une nouvelle. En 1885; elle épouse Edward Robbins Wharton, elle divorcera de lui en 1913. Les Chemins parcourus- son autobiographie- parait en 1934, elle raconte ses souvenirs, son goût pour la lecture, ses réflexions sur l'écriture. Elle est décédé en France en 1937.
C'est un texte particulièrement intéressant, réflexion sur la lecture mais aussi sur la littérature. Je trouve cette réflexion est juste et toujours valable à notre époque.

" Lire vraiment est un réflexe ; le lecteur né lit aussi inconsciemment qu'il respire ; et pour pousser l'analogie plus avant, lire n'est plus une vertu que respirer."" Qu'est ce que lire, en dernière instance, si ce n'est un échange de pensée entre écrivain et lecteur ?"
" Il y a des livres qui restent de marbre - incapable de transformer ou d'être transformés -, mais ceux-là ne comptent pas en littérature"
Selon Edith Wharton il y a deux catégories de lecteurs : les lecteurs né et les lecteurs mécaniques. Elle parle du lecteur mécanique qui dit combien d'heures, il lit par jour, pour ma part je suis d'accord avec elle s'est ridicule de comptabilisé le nombre d'heures, moi personnellement je n'ai aucune idée du nombres d'heures je passe à lire un livre par jour, combien de pages j'ai lu, tout comme je ne compte pas le nombre de livres lus et non lus." Le lecteur mécanique, qui lit toujours consciencieusement, sait exactement combien il lit, et vous dira avec l'orgueil d'une ménagère scrupuleuse qui a calculé au demi-gramme près la consommation journalière de nourriture pour son foyer. Tout comme la ménagère a tendance à se rendre au marché chaque jour à telle heure, le lecteur mécanique a souvent un horaire précis pour emmagasiner ses provisions intellectuelles" Elle me fait rire quand elle elle remarque que le lecteur mécanique est l'esclave de son marque page, de se prononcer sur chaque livre qu'il lit, personnellement il m'arrive de ne pas évoquer des livres lus et je n'en fais pas un drame !.




Le lecteur mécanique qui doit lire un livre juste au bout pour avoir un avis sur un livre. Personnellement, un livre qui ne me plaît pas je le remarque tout de suite , j'arrive à capter la musique de l'ouvrage. " Le lecteur mécanique est incapable de discerner intuitivement si un livre mérite d'être lu ou pas. En réalité, tant qu'il n'a pas lu la dernière ligne, il est dans l'impossibilité d'avoir un avis ; pas plus qu'il ne peut donner de motifs à son opinion quand il s'en forme un."
Aussi, elle relève un fait très juste du lecteur mécanique qui doit à tout pris lire le livre dont on parle, lire des livres faciles, d'être au courant de tout ce qui s'écrit. " Le lecteur mécanique, lui, ne doute jamais de sa compétence intellectuelle."
Autant je trouve que l'expression concernant le lecteur mécanique est juste voir exact, bien vue. Dans un premier temps l'expression lecteur né , je ne comprenais pas trop le sens de cette expression. Dans un deuxième temps, je me suis dit qu' elle n'évoque pas les classes sociales, elle critique plutôt les gens de son milieu social et de se faite je rapproche ce texte à Xingu. Pourquoi serions-nous tous des lecteurs ? Nous ne sommes pas censés être tous musiciens, mais lecteur nous devons tous l'être; "" Lire n'est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur né peut acquérir ." Cette réflexion me laisse perplexe, car pour moi lire ce n'est pas un art mais c'est un enrichissement. Elle évoque le rapport magique entre un lecteur et la rencontre avec un livre. Pour Edith Wharton les livres sont comme des personnes ou plutôt comme des arbres selon elle qui vivent et non pas mort comme le voit le lecteur mécanique.
Elle apprécie l'intelligence du lecteur qui sait lire entre les lignes, et pour qui la lecture est une réflexion propre à lui. J'adhère tout à fait à ce jugement. Mais, elle le souligne assez justement que tout consommateur de livres est un lecteur mécanique. Je trouve que dans ce texte se dégage un amour pour les livres et la littérature. Je ne trouve pas qu'Edith Wharton emploi un ton hautain, méprisant mais plutôt réaliste selon moi, élitiste non plus exigeant oui . C'est un texte enrichissant qui demande beaucoup de réflexion à lire et à relire pour mieux comprendre certains point.

Ce petit livre a fait couler beaucoup d'encre dans la blogosphère, le lecteur de ce court texte est loin d'être indifférent. Certains on détesté d'autre on apprécié quoiqu'il soit Edith Wharton aurait été horripilé par les blogs de lecture, cela j'en suis certaine !
Voir billet de Cécile's Blog, Lau, Antigone

Enregistrer un commentaire