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jeudi 1 octobre 2009

KAZUO ISHIGURO : Les vestiges du jour


Traduit par Sophie Mayoux

" Tout cette question présente une nette analogie avec un problème qui pendant des années, a fait l'objet d'un important débat au sien de notre profession : qu'est-ce qu'un "grand" majordome ?"

Lors d'un voyage dans la campagne anglaise, Stevens, majordome anglais, au service de Lord Darlington, va se souvenir de sa vie à Darlington Hall, somptueuse propriété . Stevens décide d'aller la retrouver Miss Kenton, il va effectuer un cheminement intérieur sur son passé. Il la connu lors d'un printemps de 1922, à Darlington Hall, et elle est là pour le seconder comme intendante, elle arrive en même temps que son père, majordome-adjoint. Tous les opposes, Miss Kenton est une femme enjouée, vive, impulsive qui respire la vie, Stevens est réservé, froid alors qu'elle est chaleureuse, pour lui rien ne compte que le travail, le travail et rien d'autre.
Dans cette somptueuse propriété toutes une bataille de domestiques que le majordome Stevens doit orchestrer et diriger.
Lord Darlington est une prestigieuse figure de l'aristocratie anglaise durant les années trente, sympathisant avec des pro-nazis. La grande Histoire joue sont rôle dans cette propriété prestigieuse, en 1922, une conférence internationale à lieu à Darlington , l'Allemagne est présente ainsi que Amérique et la France. L'américain Lewis est fermement contre la menace nazie. Stevens gère la logistique de cette manifestation avec une telle implication que le décès de son père, qui survient au même moment, passe au second plan.
"Miss Kenton paraissait assez troublée. "Votre père va très mal, Mr Stevens , dit-elle. J'ai fait prévenir le docteur Merdith, mais je crains qu'il n'ait un certain retard. " Sans doute eus-je l'air un peu ahuri, car Miss Kenton poursuit : " Mr Stevens, son état s'est réellement aggravé. Vous feriez mieux de venir le voir. - Je n'ai qu'un petit moment . Ces messieurs vont passer au fumoir d'une minute à l'autre. "
C'est un passage fort émouvant et que James Ivory a très bien su rendre dans son film, et là, la froideur de Stevens est bien palpable. J'ai trouvé que Stevens (plus dans le film que dans le livre, l'image étant plus forte que l'écrit) est un robot dans ses gestes, dans sa fonction il ne fait paraitre aucun sentiments aucunes émotions ou alors il fait tout pour la cacher. Je trouve cela fascinant, déroutant, le sentiment de prendre sur soi sans craquer.Miss Kitton a au cour de son existence à Darlington Hall, rencontrée un homme Mr Benn avec qui elle souhaite faire sa vie. Elle décide de partir de prendre de l'élan de voir autre chose, et là elle se lâche complètement, elle craque vraiment ses larmes sont un déchirement. Stevens entend les pleurs va la voir et il ne va pas la consoler au non mais seulement lui dire qu'elle devrait faire la poussière a tel endroit. C'est assez effroyable !

L'auteur à travers ce roman démontre bien tous les mécanismes dans la retenue des sentiments qui m'a fois est assez asiatique, le fameux paraitre, la face dire ne pas dire, faire ne pas faire etc ... Un très bon roman psychologique il n'y a aucune doute.


Je trouve ce roman tout simplement somptueux tout comme le film d'ailleurs mais James Ivory c'est la grande classe sorti en 1993 (film vu à sorti) ! Puis la musique souligne une ambiance mystérieuse et grandiose !

Emma Thompson et Anthony Hopkins forment un couple magistral dans ce film. Ah ! la scène avec le grand Michael Lonsdal et vraiment génial dans le rôle : Giscard Dupont d'Ivry, le représentant français à la conférence ! Hugh Grant, M Cardinal, filleul de Lord Darlington est excellent dans ce film et il n'en fait pas trop non plus.

10 commentaires:

In Cold Blog a dit…

Un petit chef d'œuvre que ce roman, tout en finesse. Et l'adaptation d'Ivory est tout aussi subtile.
J'avais été plus circonspect en revanche à propos de Quand nous étions orphelins.

Maribel a dit…

Je retiens le titre pour une idée de film à emprunter! :)

keisha a dit…

Le livre, le film = que du bonheur!!!

wictoria a dit…

un très beau film (je n'ai pas lu le livre)

Suzanne a dit…

J'ai ce livre depuis des lunes et honte à moi, je ne l,ai pas encore lu!!!! Je vais remédier à cette erreur très bientôt. Superbe avis gentile dame.

Titine a dit…

Entièrement d'accord avec toi, le livre et le film sont des chefs-d'oeuvre, j'ai d'abord vu le film mais cela ne m'a absolument pas gâché la lecture.

GANGOUEUS a dit…

Cet article est passionnant. la comparaison avec l'oeuvre cinématographique me fait penser à un billet d'Incoldblog sur les adaptation des romans au grand écran. Si je comprends bien, James Ivory a plus que réussi son adaptation...

Malice a dit…

@ ICB : Exact ! Rien de ce côté :)
C'est le premier livre de cet auteur que je lis donc je ne peux pas dire comme sont ses autres ouvrages !
@ Maribel : Tu peux !
@ Keisha : C'est tout à fait cela, en effet.
@ Wictoria : Le film est à la hauteur du livre !
@ Adorable Suzanne : Ah ! lire ce livre devrait te plaire j'en suis certaine, aucun doute de ce côté !
@ Titine : Nous sommes bien d'accord !
@ Gangoueus : Est ce que James Ivory a plus réussi son adaptation, je ne saurai dire. Une chose est sûr, il s'est admirablement adapté des ouvrages littéraires que ce soit Foster (3 vus sublimes), Jean Rhys Quarttet vu il y a un moment mais superbe, je crois que ces adaptations de romans d'Henry James sont pas mal aussi. En un mot un grand cinéaste qui aime la littérature et la sublime via son talent !

liliba a dit…

Noté ! Mais j'ai déjà un Ishiguro dans ma PAL

maggie a dit…

Je suis entièrement conquise à la lecture du billet : il faut que je lise ce livre et il faut que je vois ce film !