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samedi 8 mars 2014

DIDEROT : La Religieuse


La dernière fois que j'ai rencontré Diderot, c'était au Lycée, donc cela ne date pas hier. 2013 a été l'année du tricentenaire de la naissance de Diderot, la  nouvelle adaptation de La Religieuse donne envie de mieux connaître cet unique roman de Diderot. Ce roman a été publié à titre posthume, Diderot était un incroyant et il a voulu faire  une critique du milieu ecclésiastique. Sa sœur Angélique a été  bonne sœur chez les Ursulines elle  y mourut folle dans un couvent à l'âge de vingt huit ans. 
Au XVIIIème siècle, nombreux sont les aristocrates ou les bourgeois qui enferment leurs filles au couvent jusqu'au mariage. Diderot pour écrire : La Religieuse, il s'est inspiré de personnages réels de Louise Adélaïde d'Orléan  pour le personnage de la mère supérieure du couvent de Saint-Eutrope,  et pour le personnage Suzanne Simonin il s'inspire de Marguerite Delamare. 

Suzanne Simon écrit ses mémoires adressées au marquis de Croismare. Elle  est la cadette de trois filles issues d'une famille sans histoires. C'est à seize ans et demi qu'elle rentre au couvent contre son grès.  Elle se voir contrainte à entrer dans les ordres, elle s'emploie dans un premier temps à une résistance ouverte en s'opposant à l'idée de prendre le voile. " - Est-ce de votre plein gré et de votre libre volonté que vous êtes ici ? - Je répondis, non, mais celle qui m'accompagnaient répondirent pour moi oui. -Marie Suzanne Simonin, promettez-vous à Dieu Chasteté, pauvreté et obéissance ? -Je lui répondis d'une voix plus ferme : Non, Monsieur, non. -Il s'arrêta et me dit : Mon enfant, remettez-vous et écoutez-moi. - Il s'arrêta et me dit : Mon enfant, remettez vous et écoutez moi. - Monsieur, lui dis je, vous me demandez si je promets à Dieu chasteté, pauvreté et obéissance, je vous ai bien entendu, et je vous réponds que non ..."Elle va apprendre de la bouche de sa mère qu'elle est une fille illégitime contrainte par sa famille à s'engager en religion. "Ma fille, vous n'avez rien, vous n'aurez jamais rien ; me peu que je puis faire pour vous, je le dérobe à vos sœur ; voilà les suites d'une faiblesse." Suzanne va donc découvrir les micro-sociétés que sont les couvents de femmes au XVIIIème siècle et considérer, dans ses passages successifs d'une mère supérieure à une autre,  tour à tour bienveillante ( Madame de Moni : " nous étions tous ses enfants."), cruelle et perverse (sœur Sainte-Christine qui oblige les religieuses à porter une cilice) ou un peu trop aimantes comme la supérieur d'Arpajon Madame ***... La passion et la force qui l'animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté. Mais, une fois libre se sentira t-elle heureuse et apaisé ? Est ce que la liberté pour Suzanne est-elle une délivrance réelle ?

C'est un roman passionnant, durant ma lecture je me suis plusieurs trouvée terrifié par tout ce qui arrive d'odieux à cette pauvre Suzanne.  Elle est très attachante et touchante. L' effroi est au rendez vous de la œuvre romanesque de Diderot. Un roman qui fait réfléchir sur le thème de l'enferment qui conduit à la folie, à l'enfermement. La Religieuse se veut être un ode à la liberté. Mais l'on peut se poser la question qu'est ce que la liberté ? Suzanne est une jeune femme fragile elle fait penser aux personnages féminin que l'on retrouve dans les roman gothique
 Ce roman a été adapté au cinéma par Jacques Rivette et son adaptation avait fait scandale à sa sortie. Il y a peu est sortie au cinéma une adaptation de Guillaume Nicloux qui m'a beaucoup touché et que je trouve assez fidèle à l'œuvre de Diderot. 

2 commentaires:

maggie a dit…

J'avais trouvé que c'était un roman très bien écrit pour dénoncer l'enfermement des femmes. Très intéressant et effectivement il y a des liens proches d'une genre comme le roman noir.

Malice a dit…

Oui Maggie une très belle lecture j'ai adoré le style aussi !