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jeudi 17 juillet 2008

VIRGINIA WOOLF : Mrs Dalloway



Roman traduit par Pascale Michon

Après avoir lu le livre de Marianne Rubistein "Le journal de Yaël Koffman" j'ai eu envie de rendre visite à Virginia Woolf. D'elle j'avais lu une bibliographie et ses journaux, mais jamais ces romans. J'ai essayé pourtant mais il est vrais que c'est pas un auteur facile à lire, il faut se plonger, s'immerger dans les longues phrases dans les vagues tout simplement.

coeur_022En 1923, la première guerre mondiale est fini, Clarissa Dalloway , une femme de cinquante deux ans, donne une réception chez elle le soir. Elle est la femme de Richard Dalloway, membre du Parlement, ils sont issus de la haute bourgeoisie britannique.
Elle déambule dans le quartier de Westminster, un matin de juin pour acheter des fleurs. C'est le récit d'une journée passée à Londres
Aussi un long monologue intérieur sur sa vie, sur les souvenirs, sur le temps qui passe et aussi concernant le ressenti de plusieurs personnages au cours d'un journée rythmée par Big- Ben . Importance de la notion du temps :
" Elle se sentait très jeune ; et en même temps indiciblement âgée. Elle passait au travers de choses comme une larme de couteau ; et en même temps elle était en dehors de tout, et elle regardait. Elle avait perpétuellement la sensation d'être en dehors, très loin en mer et toute seule ; elle avait toujours le sentiment qu'il était très, très dangereux de vivre, ne serait-ce qu'un seul jour" Elle se souvient de son amour de jeunesse Peter Walsh un aventurier, il revient des Indes. Comme par enchantement le dénommé Peter est là à Londres. Nous le suivons dans les rues de Londres.
Septimus Warren Smith la trentaine, est emparé de la folie, c'est surtout la guerre qui la rendu fou. Durant la première guerre mondiale il a perdu son ami Evans, il a du mal à s'en remettre. Avec, sa femme une italienne Lucrezia, nous les suivons leur journée en parallèle de celle de Clarissa et de Peter. Mais ils ne se rencontreront pas. Mais le personnage de Septimus est proche de Virginia Woolf concernant la folie, la dépression, la sensibilité à fleur de peau.


Les fleurs, goût pour les fleurs, cela revient très souvent dans ce roman et en particulier les roses . Richard aime Clarissa et c'est pour cela que durant cette journée il lui achètera des fleurs. Mais Clarissa doute de son amour pour Richard, le fait de revoir Peter fait qu'elle doute encore plus, un mal être s'empare d'elle. Clarissa Dalloway de façade du paraître, tout va bien qui reçoit, les mondanités mais en faite c'est une femme fragile remplit d'angoisses " Quoi qu'il en soit, la succession des jours ; mercredi, jeudi, vendredi , samedi ; se réveiller le matin ; voir le ciel ; marcher dans le parc ; rencontrer Hugh Whibread ; et soudain voir Peter entrer ; et puis ses roses ; c'était assez. "
L'eau ( vagues, mer, lac ...) tient une grande importance dans ce roman, ce livre fait un écho à la propre vie de Virginia Woolf. Le style est d'une grande simplicité et fluidité, des phrases longues, vagues (flux et le reflux) de la vie, de l'existence, de donner un sens à sa vie. C'est une écriture très agréable, une lecture d'une grande richesse même si c'est un livre ardu. J'aime chez Virginia Woolf sa sensibilité à fleur de peau , la grande émotion qui se dégage de la lecture de ce livre. Comme les personnages de Mrs Dalloway, j'aime déambuler dans les rues de Paris car le fait de marcher, entraine la rêverie et la réflexion sur le sens que l'on donne à sa vie, cela n'est pas toujours évident.
Ce passages m'a touché et marqué :
Celui de la rencontre entre Clarissa et Richard Dalloway. " Je m'appelle Dalloway" Ce fut la première vision qu'il eut de Richard- un jeune homme blond, plutôt emprunté, assis sur une chaise longue, qui laissaient échapper : " Je m'appelle Dalloway" Sally s'en était emparée ; et par la suite elle l'appelait toujous "Je m'appelle Dalloway ! "
En ce temps là, il était en proie aux révélations. Celle-ci - qu'elle épouserait Dalloway - était aveuglante - instantanément écrasante. Il y avait une sorte de - comment dire - une sorte de naturel dans sa façon d'être avec lui ; quelque chose de maternel, de doux."
virginia woolf.jpgC'est le plus connu des livres de Virginia Woolf me semble t-il. En tout cas c'est vraiment un auteur que j'ai envie de découvrir et de lire d'autres romans d'elle. Je suis contente d'avoir lu ce livre que j'avais envie de lire depuis longtemps. C'est vraiment un chef d'œuvre, un livre magnifique aussi bien sur le fond que la forme.

lu par Sylvie (passion des livres ),Karine, erzebeth, céline,

© photos des roses Alice Théaudière

13 commentaires:

InColdBlog a dit…

J'ai eu envie de lire ce "classique" après avoir lu Les heures de Michael Cunningham.
Je me souviens avoir eu un peu de mal à entrer dans le roman mais j'en garde un souvenir agréable.

Betty a dit…

Je l'ai lu 'obligée' pour la fac. J'en garde un bon souvenir même s'il faut bien 50 pages pour se repérer dans le roman. Comme dit In Cold Blog, "Les Heures" est très complémentaire (en livre ou en film d'ailleurs)...

Anne a dit…

Tout comme ICB, j'ai acheté ce roman après avoir lu "Les heures". Mais moi, à ce jour, il est toujours dans ma PAL.

maijo a dit…

Justement, je viens de finir Les heures, et j'avais très envie de me plonger dans Mrs Dalloway.

cathulu a dit…

"La promenade au phare "est aussi à découvrir.

erzébeth a dit…

Quel plaisir de lire ton billet, ça me rappelle de doux souvenirs... C'est un si joli roman, et j'aime ta façon d'en parler. Je vais normalement continuer ma découverte "woolfienne" cet été, avec "Orlando"... pourvu que le charme soit toujours là !

Lilly a dit…

Tu sais que tu viens de me donner très envie de refaire un essai avec ce livre que je n'ai jamais pu terminer ? Ton billet est magnifique et passionnant. Je crois que je vais ressortir mon livre.

Romanza a dit…

Il me tente de plus en plus ce petit roman ....

Malice a dit…

@incolblog et @ Betty : C'est vrais, exact ! c'est un livre pas facile du tout. j'ai vu le film Hours, c'est vrais cela aide. Mais une fois terminer on peut apprécier la richesse de ce roman.
@ Anne et @ Maijo : Lancez vous , mais je vous conseil de vous concentrer pour lire ce livre revenir en arrière, en un mot vous documenter sur ce livre ! Car pas évident du tout ! mais cela vaux le coup ;-)
@ Cathulu : je note !
@ Erzebeth : Merci !!!! car pas évident à écrire (le billet) et à lire mais c'est tellement enrichissant de lire un tel livre.
@ Lilly : Merci ! cela me fait toujours chaud au cœur ce compliment;-) Et je comprends que l'on a du mal avec ce livre. Si mon modeste billet te permet à le relire, c'est formidable !
@ Romaza : C'est pas un petit roman mais un Grand Roman !!!!

Karine a dit…

Je l'ai lu l'an dernier et je l'ai beaucoup apprécié! Un très bon souvenir de lecture!

Lou a dit…

Bravo pour cette belle critique ! J'ai justement décidé de lire un Woolf très prochainement car, pour une lectrice férue de littérature anglo-saxonne, je pourrais tout de même parler de Woolf sur mon blog. Je garde un très beau souvenir de ce livre que je compte relire également. Et comme In Cold Blog et Betty, je trouve que "les heures" de Cunningham complète bien ce roman ; par contre la traduction française a l'air un peu décevante, moins riche sur le plan du langage.

lily a dit…

Un chef d'oeuvre, oui oui oui :))
(je l'ai relu il y a un ou deux ans...)

Une page par jour a dit…

Je suis en pleine lecture du journal d'adolescence de Virginia, qui vient de sortir. Commencé à 15 ans, elle vient deperdre sa mère. Et bientôt d'autres drames viendront. Comme si elle les pressentait, entre ses promenades, ses lectures, l'intimité fraternelle avec sa soeur Vanessa, son amour de Londres et la peur angoissante de s'en éloigner, le début d'une grande écrivain...