MICHEL TREMBLAY : La Traversée de la ville


c'est le second volet de La Diaspora des Desrosiers
L'année dernière j'avais lu le premier volet La Traversée du continent

À la fin de la Traversée du continent, nous quittions Nana, enfant d'une dizaine d'année, arrivée à Montréal en 1913. 
Un an après son arrivée, elle apprend qu'en Europe la guerre est présente, cela l'effraie. Elle s'occupe de son petit frère,  mais elle a qu'une envie c'est de retrouver le cocon douillet chez ses grands-parents Méo et Joséphine et  le rire de ses sœurs Alice et Béatrice en Saskatchewan. 
Montréal,  la grande ville du grand méchant loup, un passage d'une pure merveille, dans le grand magasin référence à l'enfance au grand classique de la littérature jeunesse : entre autre à Alice au pays des merveilles voir p 88, p 89,p90 " Pourquoi est-elle partie à l'aventure, comme ça pourquoi continuerait-elle si elle est convaincue que ça ne servira à rien ? Absolument. À rien. Sept dollars et onze sous pour faire traverser tout un continent à trois personnes ! C'est aussi absurde qu'Alice au pays des merveilles, non ? Ou que le combat entre un chevalier et un dragon ?"
En parallèle, un retour en arrière dans le temps en 1912, Maria, la mère de Nana, quitte la Providence, Rhode Island pour Montréal rejoindre le reste de sa famille, ses sœurs, son frère. Elle est enceinte, elle souhaite revoir la plus jeune de ses filles Réhauna alias Nana. Elle est toujours aussi attachante et délicieuse. 

Les tantes de Nana, les personnages féminins sont haut en couleur : Tititte, Teena et Maria la mère de Nana. Elles vivent donc toutes les trois sans homme dans une société où c'est plutôt mal vu (la religion catholique tient un rôle capital !) :Teena ne s'est jamais mariée malgré le grand nombre de cavaliers qui lui ont tourné autour - on parle à mots couverts d'un enfant qu'elle aurait eu dans sa jeunesse, mais c'est un sujet tabou que personne n'oserait jamais aborder avec elle- Maria est peut-être veuve mais ce n'est pas sûr, et Tititte, sans être divorcée parce que sa religion le défend, est revenue de Londres toute seule en jurant qu'elle ne voulait plus rien savoir des hommes. "
Trois femmes qui courent après le bonheur qui essayent de l'attraper pour avoir droit à une vie paisible et harmonieuse mais elle n'y arrive pas. On retrouve toute l'ambiance l'atmosphère des Chroniques du Mont-Royal, on se chicane beaucoup. Avec ce roman, Michel Tremblay signe un très bel hommage à Montréal, ville coupé en deux d'un côté il y a les francophone et de l'autre les anglophones. Mais , à la littérature comme ne pas penser à Zola, dont la filiation avec Tremblay paraît selon moi comme évident "Au Bonheur des Dames". Un bel hommage à l'enfance et son monde merveilleux, au cinéma naissant des passages très drôles autour de Quo Vadis. Ah ! et la saveur exotique de l'ananas que découvre Nana dans cette traversée de la ville, traversée merveilleuse mais au combien semée d'embuches !


Cette magnifique illustration d'Alice au Pays des Merveilles de A.E. Jackson, 1915

5 commentaires:

  1. Je l'ai trouvé excellent c'est vrai, mais comme je suis fan absolu de Tremblay, je sais que je ne suis pas le lecteur le plus objectif ;).
    Ça me fait plaisir de lire ici que je ne suis pas si aveuglé que ça par ma passion puisque toi aussi tu l'as trouvé fabuleux et que tu attends avec impatience, tout comme moi, le prochain tome de la saga.

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  2. @ICB : Exact concernant Tremblay j'aime beaucoup et bien sûr j'attends la suite of course ;-)

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  3. Et peut-on commencer par ce second opus ? Ou vais-je être perdue ?
    Je ne connais pas du tout Tremblay.

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  4. Leiloona : pour découvrir l'univers de Tremblay le mieux me semble t-il.
    C'est les Chroniques du Mont-Royal :
    1- La grosse femme d'à côté est enceinte. Voilà !

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  5. C'est une série qu'il faut que je lise!! Vraiment!

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