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mardi 28 juin 2011

ILIJA TROJANOW : Le collectionneur de mondes


Traduit par Dominique Venard

C'est grâce à une table ronde vu sur le site de l'Étonnant voyageur

(édition 2009) que j'ai eu très envie de lire ce roman.

Avec ce roman c'est l'ouverture vers l'évasion et c'est aussi l'occasion de découvrir un personnage et quel personnage celui de Richard Francis Burton. Ce roman vient de sortir en édition poche chez Phébus : Libretto.


" - Il était grand, presque aussi grand que moi. Plus massif, à la manière de ces buffles noirs capable de trimer aux champs toute la journée. Comme eux il était infatigable. Il avait les yeux très sombre, cela se remarquait tout de suite. Ce qui était plus inhabituel, c'est qu'ils paraissaient nus. Pour vous dire, je n'ai jamais vu d'yeux aussi froids que ceux de Burton Sahib. Son regard vous saisissait. J'ai vu des gens qui semblaient pétrifiés, à croire que ses yeux avaient ensorcelés."

Le roman s'ouvre sur l'Inde colonisé par les anglais, le lecteur se trouve embarqué dans la magie de l'Inde. Pratiquement en un clin d'œil Burton, jeune officier britannique rencontre son futur fidèle serviteur Naukaram à Bombay. Et ce dernier dès le premier chapitre ira voir un scribe pour lui évoquer son expérience extraordinaire auprès de Richard Francis Burton. Une ouverture digne d'une pièce de théâtre shakespearienne. Richard Francis Burton était un espion pour le commandant général Charles James Napier. Il maîtrise l'hindi, le gujarâtî et le marâthî, il a passé des examens concernant ces langues et il les a réussis. Il aime se déguisé en indigène personnage hors norme excentrique, fascinant. Le déguisement est pour lui une façon d'essayer de comprendre l'autre, l'étranger. "Le général était obsédé par l'idée de changer d'améliorer l'Autre. Burton, lui, voulait le laisser comme il était, parce que toute amélioration aurait signifié son anéantissement. " " Il était capable comme personne de rentrer dans un autre univers." Ces rapports avec son serviteur Naukaram étranges voir ambigus tout comme ses rapports avec les femmes. Il aimait la compagnie des singes qu'il traite comme des êtres humains à part entière. Un passage fascinant et complètement époustouflant "Il se tenait debout en tête de table et salua les singes avec effusion comme de vieux amis." Autre passage humoristique, que j'aime beaucoup c'est quand Richard Burton retourne en Europe il a un cuisinier italien qui ne s'entend pas du tout avec son serviteur indien.


Il a été le premier voyageur occidental à accomplir le hadj (le pèlerinage à la la Mecque et dans ce cas à Médine). Il a publié aux éditions Longmann Green le récit de voyage à la Mecque. Il a fait ce voyage sous le nom de Mirza Abdullah. Il se fait passer pour un derviche persan et un médecin dès son arrivée au Caire. Ce roman pose la question sur l'identité qui on est ? Comprendre l'étranger, l'autre s'était très important pour lui.

La religion a tenu une place importante dans sa vie, puisqu'il sait converti à l'Islam pour se rendre à la Mecque, au moment de sa mort sur la demande de sa femme un prêtre lui a administré l'extrême onction. Est ce qu'il était catholique ?

J'ai été vraiment fasciné par ce personnage fascinant qu'est Richard Francis Burton, c'était un immense savant, un grand érudit, il maîtrisait vingt-neuf langues, il avait un mépris pour la société victorienne. La reine Victoria l'a fait chevalier. Il a traduit le Kama-sutra et il a traduit les Mille et Une nuit.
Tout de même j'ai trouvé ce livre pas facile à lire, l'on découvre la personnalité de Richard Francis Burton via d'autres personnes qu'il a rencontré. Il est un personnage mystérieux dans l'ombre de l'autre, et très friand de connaître l'inconnu. La première partie "ultime métamorphose" est réussie de mon point de vue elle nous plonge dans une atmosphère fascinante, ensuite j'ai été dérouté, j'ai eu du mal à m'embarquer dans les périples de Richard Francis Burton. Je me suis même perdue , j'ai décroché ma lecture et mon intérêt pour la suite, hélas, trois fois hélas, j'ai hâte de lire tout de même
un diable d'homme de Fawn Brodie. C'est un livre très dense mais vertigineux l'on comprend pourquoi
a inspiré ILIJA TROJANOW. Il y a de quoi, dans la vidéo joint, il évoque sa rencontre avec Richard Francis Burton, homme hors norme.




3 commentaires:

In Cold Blog a dit…

Ton billet était déjà très tentateur, mais la vidéo de l'auteur rend ce livre tout bonnement irrésistible :)

Malice a dit…

Oui ICB :)) tout à fait !!! Merci pour le compliment !

Nymphette a dit…

Un livre à lire par petites touches, pê non? pour éviter le côté lassant et trop dense.

En tous cas tu as eveillé ma curiosité par ce titre et la façon dont tu en parles!