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samedi 18 avril 2009

DAVID LODGE : Jeu de Société


Traduit par Maurice et Yvonne Couturier

Lu avec grand plaisir ce livre il y a quelques années déjà.
Voilà une envie, voir une très grande envie de me replonger dans l'univers de David Lodge.
Référence a un autre livre de David Lodge l'Art de la fiction (traduit par Michel et Nadia Fuchs) il dit à propos de Jeu de société concernant les noms 
"le nom de Vic Wilcox pour que sous l'apparente banalité bien anglaise du nom soit suggérée une masculinité assez agressive, voir vulgaire (par association d'idées avec victor, vill (la volonté) et cock (pine)) et mon chois s'est vite arrêté au patronyme de Penrose pour l'héroïne, nom qui contraste avec le précédent par ses connotations de littérature et de beauté (pen (plume) et rose). J'ai pourtant hésité un certain temps pour son prénom entre Rachel, Rebecca et Roberta, ce qui-je m'en souviens - m'a empêché un bon moment de mener à bien le deuxième chapitre, car je n'arrivais pas à me mettre dans la peau de ce personnage tant que je n'avais pas arrêté son nom. Finalement, j'ai fini par découvrir dans un dictionnaire de noms propres que Robin ou Robyn est parfois utilisé comme diminutif de Roberta. Ce prénom androgyne m'a semblé très approprié pour cette héroïne au féminisme sans réplique" Souvent tout au long du roman cette ambiguïté sur le prénom de Robyn jouera. Rapprochement avec HowardEnd, un personnage se nomme Henry Wilcox qui est aussi un homme d'affaire, il est épris d'une féministe intellectuelle qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Robyn. C'est aussi l'opposition de deux mondes qui se côtoient.Robyn Penrose est jeune universitaire spécialiste des "romans industriels" victoriens ( Extraits cités de Shirley de Charlotte Brontë, Nord et Sud d'Elisabeth Gaskell et Les Temps difficiles de Dickens)" Maître de Conférences Associé en littérature anglaise à l'université de Rummidge, considère que le "personnage" est un mythe bourgeois, une illusion créée à seule fin de renforcer l'idéologie capitaliste. "Vic Wilcox, directeur général de Pringel and Sons, une entreprise de métallurgie anglaise en pleine restructuration. Il est très attaché aux privilège de sa classe. Robyn va être stagiaire auprès de Vic dans le cadre de "l'année de l'industrie". Elle va découvrir avec horreur le monde impitoyable de l'industrie qui est tout l'opposé du monde douillet et feutré de l'université. Vic Wilcox apprendra a découvrir Robyn avec beaucoup de plaisir, surtout que sa vie affective avec Majorie bat de l'aile. Puis par la suite au fil du temps, Vic se remet en cause ses préjugés et décide de découvrir la littérature anglaise : Jane Eyre, il se découvre une passion pour le poète Tennyson. Il devient le stagiaire de Robyn et c'est assez amusant.

Ce livre a tout a toutes les configurations d'un roman victorien détourné et privé de sa morale qui interroge une société obsédée par le culte des différences de classe, de culture, de milieu sociale.
Grâce à cette confrontation Robyn autant que Vic élargiront leurs visions de la vie cantonnées jusque là à leurs seuls univers. Cette confrontation brutale est très drôle, on passe un excellent moment de lecture très agréable ! David Lodge avec ce roman a su faire une excellente critique de la société anglaise sous l'ère de Margaret Thatcher.

4 commentaires:

Isil a dit…

Il est sur ma Pal mais je veux lire d'abord Shirley (j'ai déjà lu les deux autres) pour pouvoir tout comprendre.

Cécile Qd9 a dit…

le seul Logde parmi les 4 que j'ai lus qui trouve un peu grace à me yeux..

Malice a dit…

@ Isil: J'ai pensé à toi quand j'ai relue ce livre :) Donc cela m'étonne absolument pas qu'il soit dans ta PAl. Et moi j'ai Shirley depuis hier ;-)
Cécile Qd9 : Ah! et bien moi j'aime bien Lodge :) J'ai lu aussi changement décor, un tout petit monde et puis Hors de l'abri, il y a que Thérapie je crois avoir lu qui m'avait un peu déçu.

Karine :) a dit…

Il me tente bien, celui-là, ne serait-ce que pour le truc "d'inspiration victorienne"... ou dans le genre!