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lundi 13 avril 2009

JEANNE BENAMEUR : Laver les ombres


"Aimer c'est juste accorder de la lumière à la solitude. Et c'est immense"
C'est aller à la recherche de soi , découvrir un secret de famille, plus exactement en photographie cette expression signifie mettre en lumière un visage pour en faire un portrait. Lea fait le portrait de sa mère Romilda/Suzanne italienne originaire de Naple. Elle est mariée très jeune à seize ans. Elle est issue d'un milieu simple, ses parents tenaient un petit café Jeanne Benameur fait le portrait de Lea, on retrouve dans ce texte un effet de miroir. Lea, à cause de l'histoire personnelle de sa mère et de son père, elle a un rapport distant avec les hommes, en tout cas avec Bruno : peintre. Elle lui sert de modèle. Le corps comme on le voit sur la couverture tient une grande place dans la vie de Léa car elle est danseuse, elle a trente huit ans. 


" Elle a hérité de la stature de son père. Grande, les épaules marquées, la chevelure rousse . Si peu semblable à sa mère , elle n'a cessé d'admirer le corps menu qui l'avait portée, les longs cheveux lisses si noirs. C'est sa mère qui lui a fait aimer le corps humain."

Le corps est son instrument de travail. Mais il est aussi question du corps de la mère de Léa est meurtrie, usé. " Le corps de sa mère danse entre les lignes."

Un livre qui tourne autour du rapport mère / fille. Un thème qui a souvent été traité dans la littérature. Le grand thème tourne autour du corps de la mère et de la fille Romilda et Léa. Il parcourt ce livre, il est permanent présent.
La grande force comme dans les Demeurées c'est l'écriture qui s'apparente à un long poème d'une grande force. La transmission des mots, transmission d'un secret, les expressions en italien renforcent le côté poétique, comme chuchoté. " Là il a vu lu que je sache parler français. Rien que le français . Il fallait que je fasse comme si je n'était pas italienne. Il ne voulait pas qu'on me parle. Et il disait que les Allemands, ils aimaient ça, le français. Il m'apprenait des mots tous les jours. Il ne voulait plus de mon accent . Mais ça .. il n'a pas pu. L'accent, il reste..."
l'importance de la langue, l'importance de ses racines. " La langue de ses parent, celle de la spina nell'occhio"

Ce texte ma totalement séduit pour l'apprécier il faut lire entre les ligne, et savoir repérer les silences.
C'est une écriture qui m'a fait vibrer, j'ai ressenti une forte émotion, les mots sont choisis avec une grande précision cela est selon moi la marque d'un véritable écrivain.
Un moment dans ma lecture j'ai pensé à la Virevolte de Nancy Huston, parce qu'il est question de la danse et du rapport mère/fille cela s'arrête là concernant la comparaison, car deux livres différents, deux traitement aussi.
Jeanne Benameur est un auteur qui me ravie en tant que lectrice et je pense lire d'autres livres d'elle.


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