Pages

jeudi 29 août 2013

CHARLES DICKENS : OLIVER TWIST


Traduit par Sylvère Monod

Dès sa naissance, Oliver est orphelin. Il est immédiatement élevé dans un orphelinat de l'Angleterre victorienne. Ensuite,  il est placé chez Mr Sowerberry, fabricant de cercueils et croque-mort de son état. Là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu'au jour où une provocation d'un apprenti le pousse à se battre puis à s'enfuir vers Londres. Et à partir de là, l'aventure commence pour le jeune Oliver dans les bas fond londonien. Il est recueilli par une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour le vieux Fagin, un vieux juif. Voilà,  Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force.  Notre pauvre Oliver se fait arrêter pour un vol qui n'a pas commis, c'est comme cela qui fait la connaissance de Mr Brownlow. 
C'est un gentilhomme il va se prendre d'affection pour Oliver et l'emmener chez lui pour le soigner et s'occuper de son éducation. " Ce furent des jours heureux que ceux de la convalescence d'Oliver . Tout était si tranquille, si propre, si ordonné ; tout le monde était bon et doux ; si bien qu'après le bruit et l'agitation dans lesquels il avait toujours vécu, cela lui fit l'effet d'un véritable paradis."(C'est un passage que j'aime beaucoup, il est très bien rendu dans les deux adaptations cinématographique que j'ai vu. )
Rose Maylie et Oliver
 Malheureusement, Oliver a son désespoir va être repris par Fagin et toute la clique des enfants des bas fond de Londres. Personnage mystérieux et opaque selon moi  c'est Monks, mais c'est un personnage important dans le roman. Les rebondissements sont nombreux, un vrais roman d'aventure. Un très beau personnage que croise Oliver, Rose une jeune fille innocente et orpheline aussi. Nancy , la prostituée est un personnage très touchant qui a une grande tendresse pour Oliver, l'enfant pur et innocent. Le meurtre de Nancy est un grand moment que Charles Dickens lit chaque fois en publique avec beaucoup d'émotion ce passage. 
*****
Pour le personnage de Rose, Dickens est inspiré de sa belle sœur Mary Hoggart (la sœur cadette de sa femme Catherine). Elle a beaucoup compté dans sa vie, elle a pris une grande place. 
Elle est aussi présente dans d'autres de ses romans. 

Ce roman d'aventures est tout simplement époustouflant, il décrit avec précision la situation des enfants orphelins dans l'Angleterre Victorienne. Il met en avant les différences entre les classes sociales et l'injustice qui en découle. Magnifique roman  de Charles Dickens autour de l'enfance.  Oliver est un enfant charmant, naïf et attendrissant, tout au long de ma lecture j'ai tremblé pour lui. Pour moi je rapprocherai Oliver Twist  à la petite Maisie d'Henry James tous les deux sont des enfants innocents et pures et maltraité par les adultes. Dickens décrit admirablement Londres, avec leurs taudis insalubres, où se côtoient la misère, la criminalité et le vice, et qui offrent un contraste frappant avec les beaux quartiers.  Toutes une galerie de personnages secondaires sont très intéressant sont intéressants et haut en couleur. 

 Ces enfants voleurs de montres m'a fait penser à un roman jeunesse de Leon Garfield   : La montre en or. J'ai été enchanté par ma lecture d'Oliver Twist j'ai  trouvé des longueurs, même si les chapitre sont courts, le rythme du roman est soutenu. Et peut-être qu'il y a trop de personnages dans ce roman qui fut au départ publié sous forme de feuilleton. 

Ce film, parmi les premiers de David Lean comme réalisateur, illustre sa seconde rencontre avec l'univers de Charles Dickens, après Les Grandes Espérances(Great Expectations1946) .
Oliver Twist bénéficie d'une photographie très soignée — donnant à certains passages une allure de cinéma expressionniste. Il a bien reconstitué les bas fond de Londres. 
Je trouve ce film plus proche de Dickens que celui de Polanski. Puis, le petit garçon qui joue le rôle d'Oliver Twist est à croquer.Et en même temps très différent David Lean n'a pas le même regard sur le roman très dense de Charles Dickens que Roman Polanski. 

Alec Guinness : Fagin
Robert Newton : Bill Sikes
Kay Walsh  : Nancy
John Howard Davies : Oliver Twist
Henry Stephenson : Mr. Brownlow

Dans le film de David Lean, l'identité d'Oliver Twist  nous est révélée. Tout d'abord, le film s'ouvre sur la naissance d'Oliver (occulté dans le film de Polanski). 



Alec Guinness : Fagin
Fagin Chez David Lean il est interprété par un très grand acteur Alec Guiness. Le Fagin de Davide Lean est proche de celui que George Cruikshank a crée pour Dickens. C'est lui qui a eut l'idée du nez crochu. Et chez Polanski, il est interprété par Ben Kingsley. Il est avec la dernière scène, parait plus humain. Il en fait un personnage énigmatique. 
C'est un personnage très étrange. 
Il est le chef d'un groupe d'enfants auxquels il apprend à se livrer au vol à la tire et à d'autres activités répréhensibles.
C'est un personnage que je rapprocherai selon moi   de Miss Havisham (Grande Espérance). Car il est tout simplement un personnage tout aussi fascinant. Personnage aussi complexe que celui de Svengali de George du Maurier dans Trilby. 

" C'est par une nuit froide, humide et venteuse que le Juif, enveloppant son corps ratatiné dans un manteau étroitement boutonné, et relevant son col jusqu'aux oreilles au point de dissimuler complètement la partie inférieure de son visage, sortit de sa tanière. "



J'ai vu l'adaptation cinématographique de Polanski. Adaptation plaisante à regarder mais très en dessous de celle de David Lean. Elle est très fidèle à l'atmosphère et de l'époque,  à la complexité des personnages et à la conscience sociale du roman. 
Ben Kingsley  : Fagin.
Barney Clark  : Oliver Twist
Leanne Rowe  : Nancy

Polanski en fait un film d'aventure et d'action avec le cambriolage, il ne se consacre pas du tout à l'origine d'Oliver Twist. Il film aussi la séquence où Fagin est en prison, passage très émouvant car Fagin se repent . 



Fagin le juif de Will Eisner

 Will Eisner  part sur les traces de la véritable histoire de Fagin, le Juif d'Oliver Twist. Il imagine la jeunesse de Moses Fagin : il fit de lui un de ces immigrés d'Europe de l'Est. Ces juifs ne furent pas bien accueillit par les anglais et ces juifs n'avait pas le choix, il durent se rabattre sur la marginalité des bas-fonds pour survivre. 
  Retour à Londres et aux bonnes vieilles habitudes d'escroc et autres attrape-nigauds. Plus âgé, moins naïf, Fagin s'associe avec une crapule, Sikes. Il acquiert, au fil des années, une réputation de spécialiste des arts de la rue, achetant et vendant tout ce qui lui tombait sous la main. Surtout, des gamins des rues viennent se réfugier chez Fagin. C'est à cette période que sa vie croise celle du petit Oliver Twist, né et élevé dans un hospice où la tendresse n'est pas la règle. Plutôt qu'une vie de misère, il s'enfuie pour Londres où il  rencontre Fagin. 

Avec "Fagin le Juif", Will Eisner décide de refaire le parcours de vie d'un personnage central d'Oliver Twist. Personnellement je ne sais pourquoi Fagin dans le roman de Dickens mais pas forcément antipathique.  Dans la BD de Will Eisner, il réhabilite le personnage mal aimé dans le roman de Dickens.   C'est très intéressant de connaître Fagin avant sa rencontre avec Oliver Twist cela le rend humain, il est certain que dans sa situation il fallait bien faire sa place dans la société. Dans le roman de Dickens je n'aime pas du tout Bill Sikes (brute) je trouve que c'est une véritable ordure surtout avec la pauvre Nancy (personnage véritablement touchant). Il est l'associé de Fagin accompagné d'un chien terrifiant.  

5 commentaires:

Dominique a dit…

J'ai vu le et même les films mais je n'ai jamais lu le roman un manque à rattraper

Titine a dit…

Je suis bien contenté de voir que tu as aimé, c'est un roman que j'affectionne beaucoup. Je n'ai pas encore regardé la version de David Lean mais je ne doute pas qu'elle soit meilleure que celle de Polansky.

maggie a dit…

Je te remercie pour cette nouvelle participation ! Je suis comme toi, j'ai vraiment beaucoup aimé le roman mais le film de Polansky est décevant : effectivement, il ne parle pas trop de ses mystérieuses origines et puis ça manque d'humour alors que Dickens est si drole !

Malice a dit…

@ Dominique :Oui tout à fait si l'on veut ;-)
@ Titine : Elle est différente, c'est tout mais la version de David Lean est plus attachante.
@ Maggie : Dans ce roman l'humour n'est pas vraiment présent j'ai trouvé, mais bon !

Karine:) a dit…

C'est Dickens, donc du coup, j'aime... mais ce n'est réelleent pas mon préféré. Trop de coïncidences, je trouve. Mais bon, c'est Oliver...