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vendredi 2 mars 2012

STEFAN ZWEIG : AMOK et La Femme et le Paysage

Amok Ou le Fou de Malaisie

Traduction par Alzir Hella et Olivier Bournac 
revue par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent

 "- C'est plus plus que de l'ivresse ... c'est de la folie, une sorte de rage meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut être comparer." Le narrateur rencontre sur un paquebot en direction de l'Europe,   un passager inconnu  en proie à cette forme mystérieuse de démence appelé Amok. Ce dernier va lui raconter son histoire. 
" Un Européen est, en quelque sorte, arraché à son être quand, venant des grandes villes, il arrive dans une de ces maudites stations perdues dans les marais ; tôt ou tard, chacun reçoit le coup fatal : les uns boivent, les autres fument l'opium, d'autres ne pensent qu'à donner des coups et deviennent des brutes ; de toute façon, chacun contracte sa folie." Il est en mission en Malaisie. Un jour une femme blanche voilée "hautaine et orgueilleuse" vint jusqu’à son domicile pour lui demander assistance. 

 Le thème cher à Zweig est   la confidence d'êtres en proie à leur folie et au suicide. Ce n'est certes pas un livre bien gai mais d'une force terrible.  La folie fiévreuse est bien présente dans cette nouvelle, elle est même palpable, c'est très brûlant. L'écriture est magnifique !
" Zweig a choisi pour Amok une forme qui s'apparente à celle du "récit dans le récit" se laissant peu à peu envahir par la torpeur de la nuit tropicale, sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d'un autre passager, lequel se décide, lors d'une seconde rencontre à lui confier un secret."

Zweig est un très grand observateur de l'âme humaine,de  tous les aspects du comportement passionnel , des angoisses, des gestes d'autodestruction. Il transcrit les difficultés de vivre, d'affronter le monde. Son écriture il est certain, assez proche du roman policier, il sait tenir en haleine une histoire. D'ailleurs Amok se lie d'une traite, la lectrice est pendu à ses mots, la raison de se rendu est due à la technique de l'aveu, de la confession. 
 Voir la fiche wikipédia , là en complément




La Femme et le Paysage


Cette nouvelle se situe dans une vallée encaissée du massif des Dolomites au cours d'un mois d'août particulièrement chaud, un orage éclate. Dans une pension, un jeune homme se trouve face à une jeune fille, exaltée par la chaleur.

"Je regardait autour de moi. En face, au milieu d'autres personnes , je ne vis qu'une jeune fille assise, penchée sur un livre, une jeune fille élancée, immobile comme un tableau."

Une mystérieuse femme rencontre le narrateur. La nature est personnifiée.

"Je saisis son bras. Elle tremblait légèrement, comme les arbres l' après-midi , avant l'orange, mais elle ne se défendais pas."

Ce texte est plein de lyrisme et de sensualité. Le paysage est traité par Zweig comme si il était un personnage. En lisant cette nouvelle comment ne pas penser à Freud : l'interprétation des rêves.

Un joli billet à lire ici

5 commentaires:

Wictoria a dit…

j'ai adoré ces livres, je suis devenue une admiratrice de l'auteur pour toujours !

maggie a dit…

J'ai eu ma période Sweig mais je m'en suis lassée.... En revanche, ses biographie même si elle ne sont pas toujours extrêmement documentée et fouillée sont vraiment intéressante...

Malice a dit…

@ Oui , Wic je le sais et c'est une écriture magnifique et élégante !
@ Maggie : Oui Zweig (avec un Z comme Zorro) les bio m'intéressent bien, et me donne envie, je suis d'accord avec toi !

Ausländer a dit…

Zweig est un remarquable nouvelliste. J'ai lu il y a à peine quelques jours le recueil de nouvelles qui contient "Amok".

http://litterature-critiques-romans.blogspot.com/2012/03/amok-suivi-de-lettre-dune-inconnue.html

Lili a dit…

Comme je te comprends, j'ai adoré "Amok", il fait vrmt partie des Zweig que j'ai dévoré !