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mardi 17 juillet 2007

GRACE PALEY : Énorme changement de dernière minute

Elle est née en 1922 dans le Bronx, ses parents avaient fui la Russie tsariste Elle parle trois langues russe, yiddish et anglais. Toute sa vie, elle a milité, contesté, revendiqué. Et son engagement se retrouve dans ses nouvelles. Pas forcément dans de grandes organisations, mais dans l'East Village de New York, avec ses amis et les autres gens du quartier. Contre la guerre du Vietnam, la guerre du Golfe, la violence, le racisme, les dictatures ; pour l'environnement, pour l'alphabétisation, pour les femmes, pour les enfants. "Avec Grace Paley, on ne saura jamais si le monde est un sujet de cafard ou de rigolade... Grace Paley, c'est Salinger au féminin."
"il faut inventer une phrase nouvelle, naturelle et qui convienne aux manières d'être et de penser aux femmes".

Cette auteure je l'ai découvert grâce à Genevieve Brisac voir
ici.




Énorme changement 
 de dernière minute


Ces nouvelles se situent à New York, des personnages anonymes dont la vie dérisoire et pathétique se dissout dans l’absurde dans le sordide aussi. Elle mélange les dialogues de rue que son oreille capte des voix, le commentaire intérieur. Les nouvelles sont à la fois tristes et drôles elles sont le reflet de la vie. Elle évoque les émigrants qui quittent leurs pays la Pologne, ou la Russie, fuient la misère, la pauvreté.

"-Tu sais Faith, tout change avec le temps. C'est un pays étonnant . Tu peux faire cinq fois le tour du monde, tu ne trouveras pas l'équivalent. C'est varié, chaque fois différent : ça monte, ça descend."

Elle écrit surtout des nouvelles car elle n'a pas le temps en tant que femme de s'installer pour écrire des romans. Il faut qu'elle s'occupe des courses, de la cuisine, de son travail, de son mari, des enfants de son quotidien et donc elle a peu le temps pour elle pour écrire.
Grace Paley par ses origines juive-russe est une remarquable conteuse avec un style qui fait mouche. Elle parle le yiddish. Ce recueil commence par une nouvel qui s'intitule : Envies .

"J'ai vu mon ex-mari dans la rue. J'étais assise sur les marches de la nouvelle bibliothèque. Salut, ma vie, lui ai-je dit . Nous avions été mariés vingt-sept ans, ma remarque me semblait donc justifiée. Quoi ? Qu'elle vie m'a t-il dit. Sûrement pas la mienne."

Voilà un extrait qui donne le ton et une idée du style de Grace Paley. Faith s'est Grace c'est son double. Faith veut dire la foi en anglais, elle croit en la vie en l'avenir.
Très touchant la complicité qu'entretient Faith avec son père, nostalgie de la Russie, de la langue yiddish, et dans conversation avec mon père, il est question de l'écriture du rapport à l'écriture. Le lieu de ses nouvelles sont les jardins publics, central Park, il est question aussi de bac à sable.

Ce tableaux d'Hopper qui a été choisi pour la couverture chez Rivage de ce recueil est très justes pour découvrir ces nouvelles. Cette femme est Grace Paley qui observe ses contemporains new-yorkais."Hé, Faith, comment va le monde ? Des nouvelles de Ricardo ?"


Grace Paley est un peu la cousine de Cynthia Ozick toutes les deux juives new yorkaises passionnées par Henry James. Dans l'écriture de G. Brisac il y a beaucoup de Grace Paley.

8 commentaires:

Katell Bouali a dit…

Je note le nom de cette auteure américaine que je ne connais pas. merci pour cette découverte. Le tableau de Hopper est intéressant.

florinette a dit…

Comme Katell je vais faire de même ! j'aime beaucoup le tableau également !

marc a dit…

hello
visitez jewisheritage.fr et inscrivez vous sur le forum
shalom

Nanne a dit…

Merci encore Alice pour cette fantastique découverte. Je note avidement le nom de Grace Paley qui me semble correspondre à mes lecture. Elle se rapproche de Cynthia Ozick, comme tu le rappelles, mais aussi d'Isaac Bashevis Singer. Mêmes origines géographiques, même religion et même langue (russe ou polonais, anglais et yiddish. Tout devrait me convenir.

grain-de-sel a dit…

elle n'ecrira malheureusement plus. Elle vient de mourir à 83 ans.

Anièry a dit…

Un podcast de "The New Yorker" sur Grace Paley et lecture d'une de ses nouvelles:

http://www.newyorker.com/online/2007/09/17/070917on_audio_freudenberger

Un entretien vidéo avec Grace Paley sur Democracy Now:

http://www.democracynow.org/article.pl?sid=07/08/24/1322211&mode=thread&tid=25

Guizmo a dit…

J'ai rencontré Grace Paley dans les années 80. Je travaillais dans une univiversité française, un enseignant spécialiste de littérature américaine l'avait invitée. Ce fut une rencontre merveilleuse avec qq de merveilleux. J'ai lu toutes ses nouvelles. J'ai encore sa photo dans mon bureau.

Anis a dit…

GB a fait un très bel exercice d'admiration sur cette auteure.