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samedi 28 juin 2008

HENRY ROTH : À la merci d'un courant violent

Tome 1 : Une étoile brille sur mount Morris Park
Traduit de l'anglais par Michel Lederer
Présentation par Pierre- Yves Pétillon
édition poche Point


En 1934, Henry Roth publie un premier roman "L'or de la terre promise"sur son enfance d'émigré à New York. Ce livre est passé inaperçu. Ce livre aura un succès en 1964 c'est à dire trente ans après, c'est assez hallucinant !
C'est à quatre-vingt huit ans que sort le tome 1 À la merci d'un courant violent c'est à dire soixante ans après ""L'or de la terre promise". Il se lance dans l'un des plus vastes projets littéraires du XXe siècle, c'est une autobiographie déguisée.
L'histoire du jeune garçon Ira, huit ans, vit dans le Irish Harlem. Sa famille est originaire de Veljich en Autriche-Hongrie, on parle le yiddish, la religion juive est très importante surtout pour le petit Ira, beaucoup de juifs ont émigré à New-York. Ira habite un quartier de Harlem, dans un taudis , avec une grosse majorité d'irlandais la violence est présente à tous les coins de rue. Il connait la misère. La première guerre mondiale 14/18 fait rage en Europe. En 1917, les américains doivent s'engager, les États-Unis rentrent en guerre. Moe l'oncle préféré d'Ira partira à la guerre en Europe, et son retour sera une grande fête. "Moe qui revenait sain et sauf de France." Passage assez cocasse qui marque la fin de la première guerre mondiale pour Ira " Ainsi bien que la Grande Guerre fût terminée depuis plusieurs mois pour Ira qui regardait son oncle en uniforme kaki boire l'eau de Seltz directement au bouchon du siphon et roter ensuite avec un sourire béat, elle ne prit fin qu'à ce moment là"
En italique, le présent de l'écriture de février à avril 1985 au Nouveau Mexique (loin de N.Y et d'Harlem), le regard du vieillard qui est entrain d'écrire sur Ecclessias (le non qu'il donne à son ordinateur, son conseiller) , regard sur le temps, et sur son enfance le passé de 1914 à 1920.
"Les déclarations, les accusations, les contre-accusations. 1917, c'était il y a près de soixante-dix ans." " Ira sentit de nouveau courir en lui le regret des occasions perdues : 1934, après avoir fini son premier roman, quand il n'avait que vingt huit ans, qu'il était d'un demi-siècle plus proche de ces événements qu'il pouvait encore se tourner vers des gens qui s'en souvenaient , capables de rafraîchir sa mémoire au sujet des jours critiques qui avaient conduit à l'entrée en guerre des États-Unis."Le père d'Ira laitier dans un premier temps gagne difficilement sa vie puis sera serveur mais c'est une expérience qui n'est pas concluente. Comme de nombreux juifs new-yorkais il ouvre une délicatessen mais cela n'aura qu'un temps. Il est communiste cela irrite profondément la mère d'Ira .
En 1918, Ira fréquente la bibliothèque et il se réfugie dans les romans de Victor Hugo entre autre, c'est pour lui un moyen extraordinaire pour l'oublier qu'il est juif. "Seulement, la bar-mitsva lui fit comprendre qu'il n'était juif que parce qu'il se devait de l'être ; il détestait être juif ; il ne voulais pas être juif, ne voyait aucune vertu l'être , et il comprit soudain qu'il était pris au piège, prisonnier d'une identité dont il n'avait pas la moindre chance de se libérer un jour."À treize ans, en 1919, il décroche un emploi chez Park&Tilford (genre Fauchon épicerie de luxe) après l'école.


Henry Roth est un admirateur de Joyce (Irlandais) et de son Ulysse, de Shakespeare aussi.

Les sentiments de lecture sont la mélancolie. Un livre terriblement attachant, un livre qui a beaucoup plus. Un livre magnifique, dense une écriture forte à lire, un incontournable !!!!!

Merci à Babelio et à Point de m'avoir permis de découvrir ce livre sur l'histoire de l'Amérique et de sa relation avec Israël. Ce tome 1 donne envie de lire la suite...
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