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samedi 17 février 2007

CYNTHIA OZICK -UN MONDE VACILLANT



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En 1935, Rose Meadows, dix-huit ans, entre au service des Mitwisser, des Juifs berlinois récemment exilés en Amérique dans le Bronx. Elle ignore qu'elle va devenir le témoin muet et fasciné de cette étrange famille déchue. Rudolph Mitwisser, un éminent professeur plongé dans ses livres, exégète des Karaïtes, une obscure secte juive dissidente du IXè siècle.
Sa femme, Elsa Mitwisser, à l'intelligence obsessionnelle et maladive, qui refuse farouchement le nouveau monde. Elle est prise par la folie, elle ne sort pas de son lit, mange à peine. C'est un personnage étrange. Elle sortira de la folie grâce à Bertram l'étranger. Et à son arrivée, changement d'ambiance dans la maison. Dans le récit son arrivée donnera un second souffle.
Les cinq enfants Mitwisser sont livrés à eux-mêmes dans cette vaste étendue sauvage aux confins de la grande ville qu'est Manhattan.Contraints à vivre en marge, tous attendent avec un espoir messianique le retour de leur bienfaiteur, l'énigmatique et richissime James A'Bair.
Un monde vacillant raconte le déracinement, l'exil et la folie qui guette, mais aussi le vertige des apparences, la tentation de l'idolâtrie.C'est un livre sur le nouveau monde et l'ancien monde. Un des grand thème du livre s'est le rapport à l'argent, sur la notion du temps. C'est imprégnée d'une étrangeté qui évoque les univers d'Henry James et Bruno Schulz, si chers à l'auteur. On pense aussi à la littérature britanique en lisant ce livre.
C'est un très beau livre complexe pas facile à lire avec des passages en allemand, puis référence à la métaphysique, mais livre qui fait réfléchir, livre qui demande une deuxième lecture.


1 commentaire:

Cléanthe a dit…

Je suis en train moi aussi de lire ce livre. Je découvre ainsi Cynthia Ozick. Et je suis vraiment emballé. Au début, le livre semble superficiel, même si les premières pages sont assez belles, puis nous entrainer vers un sujet qui n'est pas directement le sien (la fuite des juifs d'Europe), même si le nazisme constitue l'arrière-fond pathétique de cette histoire. Et à mesure qu'on avance, tout prend une profondeur inouie: réflexion sur l'attachement aux livres et sa figure, la bibliothèque; réflexion sur le poids d'un passé prestigieux; mise à plat des valeurs qui fondent l'Amérique: l'argent, l'immigration, etc. L'art de Cynthia Ozick est très grand: comment elle combine par exemple, l'air de rien, plusieurs récits: le récit de ce qui se passe dans la maison Mitwisser plus l'histoire personnelle de quelques uns des personnages. Bon, il parait qu'une surprise m'attend à la fin... alors, vite, j'y retourne!