GUY DE MAUPASSANT : Boule de Suif


Est une prostituée au grand cœur. "La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de Suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir." 
 Durant la guerre franco-prussienne, la ville de Rouen est envahie par les Prussiens pendant l'hiver. Pour fuir l'occupation, dix personnes prennent la diligence de Dieppe : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate et enfin la jeune Boule de suif. 
Le voyage est difficile : les voyageurs ont faim.  Il se trouve que la seule personne qui est pensée à apporter à manger c'est Boule de Suif.  Les voyageurs  de grand bourgeois bien hypocrite,  ne font pas de simagrées quand Boule de Suif propose de partager son généreux repas. 
"Tous les regards étaient tendus vers elle. Puis l'odeur se répandit, élargissant les narines, faisant venir aux bouches une salive abondante avec une contraction douloureuse de la mâchoire sous les oreilles." Ils font un arrêt la nuit dans une auberge  occupée par les Prussiens. Le lendemain, ils ne peuvent pas partir, l'officier prussien exerce un chantage. 



Boule de Suif adaptation de Christian Jacque et dans le rôle de Boule de Suif la très belle et élégante Michine Presle dans ce film l'on retrouve une autre nouvelle de Maupassant 


GERARD DE NERVAL : PORTRAIT



Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, est un écrivain et un poète français né en 1808. 
Il est mis en nourrice à Loisy dans le Valois. Il ne connut jamais sa mère, morte en Allemagne deux ans après sa naissance en 1810. Il est orphelin.
À Paris, où il fait ses études au collège Charlemagne, il se lie d'amitié avec Théophile Gautier. Il se montre un élève studieux.
En 1828, imprégné de culture germanique, il traduit le Faust. À la même époque, il se fait journaliste, se lie avec les principaux écrivains romantiques dont Victor Hugo et il assiste à la bataille d'Hermani à la Comédie Française.
1831, il est  enfermé à la prison de Sainte-Pélagie pour tapage nocturne . En 1834 il hérite de son grand-père et il voyage en France et en Italie. Il devient fou de théâtre et il crée une revue : Le monde dramatique. 1836 il voyage en Belgique et il prend le pseudo Nerval.
Il va tombé amoureux l'actrice et cantatrice Jenny Colon. Leur union ne va pas durer. Alors il part en Allemagne
 puis en Autriche; En 1841 à une crise très grave, il est soigné pour troubles mentaux dans un premier temps, il est interné à la clinique de Madame Sainte-Colombe puis en suite le 21 mars de la même année il va à la clinique du docteur Blanche à Montmartre. 1842, il s'en va pour l'Orient. Ensuite, douze ans après d'être interné pour mélancolie et désespoir il est à nouveau interné chez le docteur Blanche à Passy. 
Parmi ses oeuvres  les plus célèbres : "Aurélia", "Les Filles du feu""Sylvie" 
Il est retrouvé pendu le 26 janvier 1855, rue Vieille-Lanterne à Paris, dans la nuit du 25 et 26. 

CLAUDE PUJADE RENAUD : Le Désert de la grâce





Claude Pujade-Renaud fait revivre un lieu mythique : Port-Royal-des Champs.



Angélique Arnauld
" Un désert à la fois clos et ouvert au creux duquel, un siècle auparavant une femme, une fille de dix-huit ans plus exactement, avait rétabli la clôture de la règle cistercienne : Angélique Arnauld, la grande réformatrice de Port-Royal . Claude Dodart songeait à cette mère Angélique. Aux autres Arnauld, ces femmes d'envergure qui lui avaient succédé dans cette fonction d'abbesse."
Alors qu’il chasse avec un ami dans les environs de Chevreuse durant le mois de janvier 1712, le médecin Claude Dodart est témoin d’un macabre spectacle. Des hommes éventrent le cimetière de l’abbaye de Port-Royal-des Champs, entassent débris, charognes et ossements sur des charrettes qui prennent le chemin de la fosse commune de Saint-Lambert. 
Claude Dodart relate ce sinistre épisode à Françoise de Joncoux. Surnommée “l’invisible”, elle est au centre de ces quelques amis de Port-Royal qui tentent de maintenir un lien épistolaire et spirituel entre les moniales dispersées ou exilées.
" Encore plus pâle qu'à son ordinaire, Françoise de Joncoux se leva pour raviver le feu. Elle songeait à toute les femmes et filles Arnauld qui avaient passé l'essentiel de leur vie dans ces bâtiments, puis avaient été inhumées dans ce cloître. "
 Marie-Catherine Racine, ancienne postulante, que son père força à quitter Port-Royal. 
Françoise de Joncoux s’emploie à la déchiffrer, recopier, préserver. Par delà cent ans de persécutions, elle ravive la flamme tenace de la transmission. Deux voix féminines du roman de toute beauté.  Il est question de Jean Racine le père de Marie-Catherine, son attachement à Port Royal des Champs. Sa grande tante Agnès de Sainte Thecle était la mère supérieur, elle s'est occupée de son éducation.  Il intègre l'école des Solitaires à la petit école de Port Royal des Champs et c'est là qu'est né sa passion pour le grec . Jean Racine a été inhumé dans le cimetière de Port Royal des Champs en 1699.

Un roman délicat et fort émouvant sur une époque douloureuse de l'Histoire de France. Pour ma part, j'ai trouvé cette lecture ardue mais magnifique et d'un très grand enrichissement. 




TATIANA VIALLE : BELLE- FILLE

La relation entre un père et une fille, mais aussi entre un beau père et sa belle fille

"J'ai retrouvé une photo  (celle qui est en bandeau sur la couverture) de ces années-là. C'est une photo en noir et blanc, nous y figurons tous les trois, Olga, toi et moi. Assis au centre sur la moquette blanche, tu regardes droit dans l'objectif avec une sorte de détermination joyeuse dans les yeux. À genoux à côté de toi, indifférente au photographe, j'ai le visage tourné vers le chat que tu tiens dans tes bras. Sur la gauche de la photo, adossée à des coussins, Olga sourit, la tête renversée en arrière. Au premier plan trône Oxana, le vieux berger belge et son museau blanchi. Derrière nous, le paysage lacustre de la tapisserie d'Aubusson. Je détaille la jeune fille agenouillée à tes côtés, vêtue d'une blouse blanche brodée et d'un jean. Elle a le regard songeur. Je me demande à quoi elle pense, ce dont elle rêve. Je l'ai perdue de vue. "

Une lettre en forme d'hommage qui interroge la figure paternelle. Le style de la lettre est directe, les rapports son tendus. Tatiana Vialle dresse un portrait de Jean Carmet (le nom n'est jamais cité) mais aussi d'elle même. Elle évoque sa vie, ses rapports avec ses proches qui sont pas simples. 
"Qu’est-ce qu’un père? L’homme qui te donne ton nom? Celui dont tu possèdes les gênes? Ou celui qui t’a vu grandir? Pour la plupart des gens la question ne se pose pas puisque c’est une seule et même personne. Quant à moi, aujourd’hui encore je suis incapable d’y répondre."Ce texte pose des questions autour de la famille : celle que l'on a eut et celle que l'on désire comment la construire. 
J'ai pris du plaisir à lire cet ouvrage semi autobiographique, mais une fois que j'ai refermé le livre j'ai du mal à me faire un véritable avis, puis à trouver les mots justes concernant mon ressenti. 
Livre lu dans le cadre d'une opération Masse Critique ! 
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RICHARD FORD : ENTRE EUX

 Je me souviens de mes parents

Traduction Josée Kamoun

En deux textes qui se répondent, Richard Ford retrace la vie de ses parents : celle de son père, représentant de commerce sur les routes une bonne partie du temps jusqu’à sa mort prématurée ; et celle de sa mère, qui, après une enfance sans histoires en Arkansas, son mariage et la naissance de son enfant, souffre des années de solitude, puis d’un cancer.
L’auteur, qui se trouve « entre eux » décrit ces deux existences dans ce qu’elles ont de plus quotidien et de moins extraordinaire, et pose la question : que reste-t-il d’une vie vécue ?
ce livre sensible est l’hommage bouleversant d’un grand écrivain à ses parents.  Un émouvant portrait de ses parents l'intime rejoint l'universel. 

Un roman familial très agréable à lire. Il questionne le lecteur sur la vie de nos parents avant notre naissance. Un grand livre très touchant.

YASUSHI INOUÉ : Une voix dans la nuit

Coup de coeur !!!!

Traduction Catherine Ancelot

"-Il s'agit de mettre au monde une vie qui a droit au plus grand respect." " Comment chanter la vie quand on n'éprouve plus ni chagrin ni regret en face des morts ? Considérer la mort avec désinvolture ou traiter la vie à la légère, c'est tout comme." 

Kyôshirô, un retraité paisible, est féru d'ouvrages littéraires anciens, sa bibliothèque est reconnue par ses pairs. Il se rend à Tokyo où il loge chez un de ses deux fils marié et père d'une petite fille de deux ans et demi, Sayuri, de là il pourra se rendre dans un grand magasin où une vente de textes anciens est organisée, vente courue par les professionnels et les passionnés comme Kyôshirô. Cette fois, ce ne sont pas des livres anciens qu'il achète mais une paire de chaussons rouge pour sa petite-fille. Peu habitué à la circulation dense de Tokyo, il laisse tomber les chaussons et en voulant les ramasser il se fait renverser par une voiture. Il sort de l'hôpital après cinq jours, réside chez son fils qui remarque que son père est très perturbé depuis le choc de l'accident. Kyôshirô s'enfuit en emmenant Sayuri et, avec une jeune fille et un chauffeur de taxi ils vont sillonner le Japon ... Kyôshirô fuit ses démons imaginaires que sont la modernité et l'agitation des humains, il vit cette errance, fuite de la civilisation, en reconnaissant les lieux à l'évocation de poèmes écrits dans le Manyô-shû. 

Ce roman traînait dans ma bibliothèque,j'ai été ébloui par cette lecture magnifique,  même si je connaissais déjà l'écriture d'Inoué. Mais cela faisait une éternité que je n'avais pas lu un si beau roman. Un roman qui respire la vie ! 
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ARNAUD DESPLECHIN : ROI ET REINE

Film vu à sa sortie, puis j'ai eux envie de le revoir cet été !
Un film que je trouve très romanesque : par sa construction binaire, les dialogue et la musique.

Emmanuelle Devos : Nora
Mathieu Almaric : Ismaël
Maurice Garel : le père de Nora
Noemie Lvosky : Elisabeth la soeur d'Ismaël
Nathalie Boutefeu : Chloé la soeur de Nora

Nora a l'air heureuse tout lui réussit c'est une femme courageuse. Elle  a 35 ans,  elle se rend chez son père, à Grenoble, pour récupérer son fils : Elias. Le père d'Elias, Pierre s'est suicidé avant sa naissance. Nora est une femme courageuse, qui a fait le nécessaire pour que son fils porte le nom de son père.
Lorsqu'elle arrive, Nora trouve son père  écrivain malade. On l'opère dans la nuit, et un cancer généralisé.  Sa mort est proche. Pendant ce temps, Ismaël, un ancien amant de Nora, altiste dans un quatuor, est interné dans un hôpital psychiatrique, à la demande d'un proche dont il ignore l'identité. Ismaël  est proche de la folie, il a du mal a trouvé sa place dans le monde des adultes. Il a un comportement dans la vie la plupart du temps burlesque, proche d'un clown alors qu'à l'inverse Nora est une femme d'affaire qui doit faire face à la vie avec ses joies et ses peines.
Il est en  révolte, mais c'est l'occasion  pour lui de faire le point sur ses problèmes divers et variés. Nora va voir Ismaël à l'hôpital pour lui demander d'adopter Elias.
 Ismaël fait la connaissance d'une jeune suicidaire, Arielle, et couche avec elle. Sorti de l'hôpital, il se fait congédier de son quatuor par le premier violon (qui était à l'origine de la demande d'internement).
Après la mort de son père Nora découvre  une lettre dans laquelle il lui confiait sa colère, et sa haine de ce qu'elle était devenue, c'est un passage bouleversant.
Ismaël explique à Elias pourquoi il refuse de l'adopter, au musée de l'Homme.
J'adore la fin du film, je la trouve apaisante. En un mot, Roi et Reine est un film magnifique.


HENRY JAMES : de Grey, histoire romantique

Traduction Pierre Fontaney

Madame de Grey, veuve depuis bien longtemps s'ennuie fermement chez elle avec le père Herbert. le fils de madame est parti pour la lointaine Europe et ne reviendra pas avant longtemps. Madame de Grey se met alors à la recherche d'une jeune fille pour lui tenir compagnie..
Pourquoi le père Herbert s'inquiète-t-il tant de voir Paul De Grey tomber amoureux de la douce et innocente Margaret ? Quelle terrible malédiction pèse sur cette famille ? Les jeunes gens se débattent et tentent vainement de lutter contre un destin qui les entraîne inexorablement aux confins de la folie et vers la mort.

Une nouvelle tragique, envoutante dans laquelle Henry James explore l'univers irrationnel de la passion amoureuse.

C'est toujours un plaisir de retrouver la plume de Henry James. 

MARCELINE LORIDAN-IVENS : Et tu n'es pas revenu

 Un récit écrit avec Judith Perrignon

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

" Et tu n'es pas revenu" est un témoignage de Marceline sur les camps de concentration de la seconde guerre mondiale. Elle s'adresse à  son père déporté lui aussi et il  n'est pas revenu. C'est bouleversant, elle  transmet un combat et elle évoque  la survie quotidienne  dans le camp d'Auschwitz-Birkenau. Et elle évoque le retour difficile, douloureux, il était très difficile après la guerre de s'exprimer  de témoigner. La guerre et ses horreurs sont des blessures qui ne s'oublient pas. Un récit poignant ! 

HAWTHORNE : La lettre écarlate

 Traduction Marie Canavaggia

« Plus de deux siècles se sont maintenant écoulés depuis que le premier émigrant britannique portant mon nom arriva sur ces côtes … Sa figure, investie par la tradition familiale d’une sombre grandeur, faisait partie de mon imaginaire d’enfant aussi loin que je m’en souvienne. Elle me hante encore … Arrivé avec sa bible et son épée, il fut soldat, législateur et juge ; il possédait tous les traits de caractère d’un puritain, les meilleurs comme les pires. Il fut également un persécuteur sans merci comme peuvent en témoigner les Quakers qui se souviennent encore de sa dureté envers une des femmes de leur secte … Le fils de cet ancêtre qui avait hérité de ses traits de caractère fut tellement impliqué dans la persécution et le martyre des sorcières qu’on peut dire que leur sang a laissé sur lui une tache indélébile … »
Une jeune femme, nommée Hester Pryne est condamnée à porter sur son corsage une lettre écarlate la désignant comme femme adultère." La jeune femme était de haute taille avec une silhouette de parfaite élégance en ses imposantes dimensions. Elle avait d'abondants cheveux bruns, si soyeux qu'ils reflétaient les rayons du soleil et un visage, qui , en plus de la beauté des traits et de l'éclat du teint, frappait par l'ampleur du front et de profonds yeux noirs. Elle avait l'allure d'une grande dame aussi, d'après les canons de la noblesse d'alors caractérisés par une certaine dignité majestueuse plutôt que par l'indescriptible grâce évanescente qui est à présent reconnue pour être l'indice."
A comme adultère : c'est la lettre qu'Hester porte, brodée sur sa poitrine, telle la trace indélébile de sa faute, dans cette communauté puritaine de l'Amérique des premiers colons, au XVIIe siècle, à Salem. Pear est le fruit du péché. Elle est tout son amour, toute son énergie. Pearl est bien l'enfant de sa mère, à qui elle appartient tout entière.  
"Je suis l'enfant de ma mère, et je m'appelle Pearl." Mise au ban de la société, Hester apprendra à vivre avec sa faute.
Una la fille de Hawthorne a servit de modèle pour le personnage de Pearl. L'ambiance est lourde, le mari d'Hester est détestable un véritable manipulateur. Par contre Hester est un personnage très touchant avec sa petite Pearl que l'on a envie immédiatement dès les premières pages de protéger. Ce roman tourne autour du bien et du mal . Il est très moderne par son sujet qui tourne autour de la liberté des femmes. 

Un roman époustouflant Pearl l'enfant lutin, Hester une femme forte et sublime de dignité. 
Un classique, magnifique mais pas forcément facile à lire. 

DAPHNÉ DU MAURIER : L' AUBERGE DE LA JAMAÏQUE

Traduction Léo Lack

Ce roman a été publié en 1936, il a été son premier succès populaire à trente ans  à peine. 

Le vent, lui aussi, était tombé. Les hautes tiges d'herbe sur les talus qui bordaient le chemin étaient immobiles et le silence enveloppait la côte. Il y avait dans l'air une odeur de terre mouillée et de navets, mêlée à l'odeur du brouillard de la nuit. Les nuages ne firent plus qu'un avec le ciel gris. Une fois de plus, la bruine tomba sur le visage de Mary et sur ses mains ouvertes."  Mary Yellan, une jeune fille de vingt-trois ans,  orpheline et pauvre va aller vivre auprès de sa tante marié à un aubergiste sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères.  Elle est désolée de voir sa tante Patience triste et malheureuse, car elle l'avait  connue jeune et gaie. Son oncle  Joss est un ivrogne menaçant. 
"Il y a des choses qui se passent à la Jamaïque, Mary, que je n'ai jamais osé dire. Des choses affreuses. Des choses sinistres. Je ne pourrai jamais te les raconter. Je ne peux même pas les admettre à mes propres yeux. Tu en viendras à en apprendre quelques-unes. Ce sera inévitable, puisque tu demeures ici. Ton oncle Joss a des relations avec des hommes étranges qui se livrent à un étrange commerce. Ils viennent parfois la nuit et, de ta fenêtre, au-dessus du porche, tu entendras des bruits de voix et de pas, tu entendras frapper à la porte. Ton oncle fait entrer ces gens, puis les emmène le long de ce couloir jusqu'à la chambre condamnée."   Mary découvre que son oncle a des activités illégales. Elle se sent prisonnière et ne sait de quoi sera fait son avenir, elle se fait du soucie pour sa tante Patience. Elle va faire la connaissance de Jem Merlyn, le jeune frère de Joss qui ne la laisse pas totalement indifférente.
Mary est une femme courageuse et qui en veut. " Si Mary était un homme, on la traiterait avec rudesse, tout au moins avec indifférence ; on l'obligerait peut-être à se rendre tout de suite à Bodim ou à Launceston pour servir de témoin ; elle devrait s'occuper elle-même son logement et disparaître au bout du monde si elle le voulait après avoir répondu à l'interrogatoire." 
L'atmosphère du roman est celui  des sœurs Brontë, Daphné du Maurier nous entraîne avec un sens prodigieux de l'ambiance et de l'intrigue au cœur d'un pays de landes et de marais battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs.
L'auberge de la Jamaïque est essentiellement un roman d'ambiance qui décoiffe, mais aussi un roman sur la psychologie des personnages qui est loin d'être sans intérêt.  Daphné du Maurier dresse le portrait d'une jeune femme qui essaye de s'en sortir. Roman pour lequel j'ai ressenti de la tendresse. Mary est une jeune femme qui de comprend pas dans quel monde elle vit, la folie des hommes.



Film d'Alfred Hithcock (Jamaica Inn, Grande-Bretagne, 1939). Scénario : Sidney Gilliat et Joan Harrison, d'après Daphné Du Maurier. Image : H. Stradling et B. Knowles. Musique : Eric Fenby. 100 mn. NB. VO. Avec Charles Laughton : sir Humphrey Pengallan. Maureen O'Hara : Mary.
Genre : Piraterie.


L'auberge de la Jamaïque est est un film de transition. Hithcock a réalisé ce film après Jeune et innocent et Une femme disparaît, deux film de sa période anglaise.  Après, ce film Hithcock s'envolera pour Hollywood. Ce  film est une adaptation  très libre d’un roman de Daphné du Maurier. 

Contrairement au roman, où l'héroïne découvre peu à peu les raisons de l'état fébrile de sa tante, Patience.  Puis Charles Laughton ne sera pas un pasteur mais un juge de paix. 

Hitchcock, dévoile dès la première séquence le rôle de chef de bande de Joss, son mari. De la même manière, le rôle du commanditaire, Sir Humprey Pengallan, interprété par Charles Laughton comédien-producteur du film. Il a  le rôle du commanditaire des naufrages.  Charles Laughton fait un numéro de cabotinage et des mimiques appuyées excessif. C'est un habile manipulateur complexe il dérange et joue de la dérision aussi parfois. 
Ce film est intéressant pour son esthétique, le maître fait référence au cinéma allemand en particulier à Murnau.
Hitchcook a adapté d'autres films de Daphné du Maurier : Rebecca et les Oiseaux.  

" Le film adapté de l'Auberge de la Jamaïque par Hichcock est une déception. Le scénario n'a presque plus rien à voir avec le livre, la noirceur originale tire vers une comédie sans finesse, et ce qu'elle redoutait est arrivé, elle ne reconnaît ni son intrigue ni  ses personnages"(Tatiana de Rosnay : Manderley for ever)

PATRICK MODIANO : L'herbe des nuits

 Lire un roman de Modiano c'est se perdre dans les méandres du temps aussi bien passé que présent.

Un écrivain nommé Jean  se retourne vers une courte période de son passé à la lumière d'un petit carnet de notes noir datant du milieu des années 1960.Il l replonge dans le Paris du quartier de Montparnasse, de la cité internationale universitaire, et de la rive gauche, à l'époque de la décolonisation lorsqu'il fréquentait une jeune femme du nom de Dannie qui évoluait dans les milieux de la sécurité marocaine présente en France. Le passé, le présent se mélange dans ses déambulation  dans les rues de Paris entre l'Unic Hôtel de la rue du Montparnasse, la faculté de Censier, le jardin des Plantes.  Jean sait que Dannie ce n'est pas son vrai nom. C'est une femme plein de mystère.  Elle a été amie avec des personnages louchez, pas fréquentable. Jean entretien tout de même une relation amoureuse avec elle . 

" J'avais eu souvent la même expérience : certains rêves - ou plutôt certains cauchemars - que vous avez faits la nuit précédente, vous les traînez pendant la journée. Ils se mêlent à vos gestes les plus quotidiens, et vous avez beau vous trouver avec des amis, au soleil, à la terrasse d'un café, ils vous poursuivent par brides et se collent à votre vie réelle, comme une sorte d'écho ou de brouillage dont vous ne pouvez plus vous débarrasser. "

Souvent dans les roman de Modiano, Paris est traité comment un personnage où le narrateur déambule jusqu'à se perdre. Les cafés tiennent une grande place aussi dans ses romans. C'est un roman qui est basé sur les souvenirs, l'univers est flou et brumeux et se déroulant en grande partie la nuit


DIDIER BLONDE : Leïlah Mahi 1932

Prix Renaudot Essai 

"Tout paraissait étrange en elle. Ses grands yeux qui brillaient d'un éclat hypnotique, celui de la passion ou de la folie. Sa pose de femme fatale, provocante à moitié découverte, presque indécente dans cette nécropole. L'absence de date de naissance. D'où venait-elle ? Comment avait-elle fini ?"

Une enquête d'après une photo vu au Cimetière du Père Lachaise.
Qui est cette femme énigmatique ?
Le narrateur découvre sur une plaque funéraire du columbarium un portrait photographique qui l'attire irrésistiblement. Il représente une femme énigmatique, coiffée d’un turban. Sous la photo, un nom : Leïlah Mahi et une date unique : 12 août 1932. Obsédé par cette vision, il décide de retrouver sa trace.
Leïlah Mahi 1932 est aussi une réflexion sur la fascination du pouvoir de l'image et d'une époque. L'on retrouve l'univers de Modiano, remonter le temps, aller à la recherche du temps perdu.

JAMES WELCH : A la grâce de Marseille


Traduit par Michel Lederer

Un roman magnifique, époustouflant ! Après la lecture de Tristesse de la terre d'Eric Vuillard. Je me suis plongée avec délice dans ce roman qui se déroule à Marseille. 

C'est une Une fresque épique qui se déroule sur seize ans.
Charging Elk, un jeune Sioux arrivé en France avec la troupe du Wild West Show de Buffalo Bill est fier de parader dans Marseille dans ses vêtements somptueux. La foule les acclame, lui et ses amis. Nous sommes en 1889. La plupart des Indiens des plaines ont déposé les armes et vivent désormais dans des réserves. Charging Elk, lui, a refusé de s'assimiler à la culture dominante, il a préféré s'engager dans la troupe de Buffalo Bill. Pendant les représentations du show, il est de nouveau un Indien, galopant à toute allure au milieu d'un troupeau de bisons, devant des spectateurs admiratifs. Mais le jour où il fait une mauvaise chute de cheval, tout bascule. Il se réveille à l'hôpital, s'enfuit, erre entre le Vieux-Port et la gare du Prado, et découvre que la troupe a levé le camp. Chargink Elk va devoir s'inventer une vie dans un monde qui lui est totalement étranger. Il apprendra " la langue des Blancs de l'Ancien Monde ", travaillera dans une savonnerie, et épousera une Française.

Ce roman  est audacieux et original qui tourne autour de la quête d'identité de Charging Elk.
James Welch pour écrire se roman s'est inspiré d'une histoire vrais qu'il a découvert quand il était à Marseille pour  la sortie de mon roman Comme des ombres sur la terre, avec son éditeur, Francis Geffard.


ANNE WIAZEMSKY : un an après



Anne Wiazemsky est décédée il y a peu au mois d'octobre 2017. Sa mort m'a beaucoup touchée j' ai voulu lire un livre d'elle. J'ai pris celui là qui est en quelque sorte la suite d'Une année studieuse. En janvier 1968. Fraîchement marié, le couple Godard-Wiazemsky emménage au 17 de la rue Saint-Jacques, en plein Quartier Latin. En février, les cinéastes français – Truffaut et Rivette en tête – se mobilisent pour la défense d'Henri Langlois, viré de la direction de la Cinémathèque. 

Claude Chabrol - Jean Luc Godard

L'année commence  Godard a 37 ans. Anne Wiazem­ski, 20, et quelques rôles prestigieux déjà derrière elle, chez Bresson (Au hasard Balthazar) ou chez son mari (La Chinoise). C'est à travers le regard de cette presque jeune fille, très éprise de son cinéaste, qu'on va suivre les événements du joli mois de mai. 


A Canne : Lelouch - JL Godard- F Truffaut - Louis Malle- Roman Polanski

De la fermeture de l'université de Nanterre, le 3, à l'interruption du festival de Cannes, le 19, via l'occupation de l'Odéon, le 15. En même temps qu'elle tourne La Bande à Bonnot avec Jacques Brel et Annie Girardot, Anne Wiazemsky court les manifs, juste en bas de chez elle, en patins à roulettes. Elle s'y intéresse avec une candeur bourgeoise, vite dégoûtée par les excès et les dérapages, tandis que le réalisateur devient  rebelle maoïste en rupture avec tous les systèmes, celui du cinéma traditionnel compris. 

Entre un tournage avec les Rolling Stones à Londres et un film télé avec un syndicat de mineurs au Canada, Godard rêve d'un cinéma révolutionnaire et engagé où s'effacerait l'individualité du créateur. Lente descente aux abîmes... Anne se libère quand Jean-Luc Godard se perd... J'ai été assez déçu par ce roman ci d'Anne Wiazemsky dont j'aime assez son univers. L'intérêt selon moi de ce roman est réside dans l'époque celle de Mai 68, Histoire qui joue un rôle dans la propre histoire d'Anne et de Jean Luc. 



Claire Barré : Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull

Une belle surprise, un beau livre dépaysant avec beaucoup d'humanité ! Terriblement attachant !

"Soudain, je basculai dans un paysage inconnu. Comme si quelque chose, une énergie m'y absorbait. Le monde autour de moi paraissait très réel, très concret, si ce n'est qu'il y régnait un silence absolu, les seuls sons que je percevais étaient ceux du tambour, qui semblaient rythmer, sculpter l'espace-temps. " Claire voit soudainement une apparition devant elle alors qu'elle déjeune tranquillement en famille lors d'un weekend reposant. Cette vision représente le visage d'un indien, une image permanente devant les yeux qui va durer quatre jours et quatre nuits. Perturbée par cette "présence", elle finit par découvrir une photographie de ce personnage : il s'agit de Sitting Bull, un grand chef Lakota. Ses recherches vont la conduire en terre indienne sur les pistes du chamanisme.
" La photo était passionnante à déchiffrer : Buffalo Bill sur la droite, se tenait très droit, le menton haut conquérant, regard plongé vers un horizon lointain, la main droite  levée - comme indiquant la route  -, la main gauche posée sur un long fusil. Sa jambe, bottée jusqu'à la cuisse, était en avant, guerrière. Sur la gauche, légèrement en retrait, se tenait Sitting Bull. Le chef indien portait une longue coiffe de plumes et un costume traditionnel qui semblaient lui peser. Il était de profil, visage, épaules et regard baissés. Comme s'il n'assumait pas exactement de poser aux côtés de son célèbre employeur."

Claire Barré  sera bouleversée de constater que les indiens ont été victime d'un génocide. L'image de l'aigle et du corbeau joue un grand rôle dans la culture indienne. 
" Les adolescents qui grandissent dans les réserves manquent de rêves. De perspectives. Le taux de suicide des jeunes Amérindiens explose tous les records des Etats-Unis." "L'impossibilité de se projeter dans un avenir radieux. Alcoolisme, obésité, addiction, endettement violence."

Un livre très attachant et original. C' est un roman qui s'écrit sous nos yeux. Claire Barré écrit sa découverte du monde des esprits en même tant qu'elle le découvre. Une écriture sincère. 
Elle nous livre aussi  son quotidien de scénariste et ses questionnements sur son rôle en tant que romancière. C'est un livre que j'ai lu en deux fois. La première, il y a un petit moment, ma séduite ma transposée dans une autre dimension. Je ne pensais pas aimée ce roman. Son univers est très loin de moi. Mais l'écriture de Claire Barré ma touchée, j'ai été transporté dans son univers. D'elle, j'avais beaucoup apprécié Phrères (livre qu'elle évoque) et un gros coup de coeur pour Mme Wilde (lecture diffusée sur France Culture). 
 Après la lecture de ce roman, j'ai voulu en savoir plus sur les indiens. Il se trouve que dans le cadre  d'un atelier adressé à de jeunes enfants (CP-CE1) je me suis documentée sur les indiens et leurs traditions. Je leurs ai lu le conte de la femme bison, entre autre et des contes sur la création du monde.  Ensuite j'ai voulu reprendre le roman de Claire Barré, pour mieux apprécier les passages où il est question de la culture amérindienne justement. 

SYLVIA BEACH : SHAKESPEARE AND COMPANY

traduit de l'anglais par George Adam

Sylvia est une américaine francophile, ses parents lui ont transmis l'amour pour la France. C'est lors d'un voyage à Paris avec sa sœur Cyprian en 1917, qu'elle fit la connaissance d'Adrienne Monnier qui aimait l'Amérique. Elle tenait une librairie 7, rue de l'Odéon. Et, très rapidement le courant passe entre ses deux femmes, c'est la naissance d'une grande amitié.
"Nous nous sommes assises pour bavarder, de livre naturellement. Elle me raconta qu'elle s'intéressait depuis toujours à la littérature américaine."
" Je fus la seule Américaine, je crois, à découvrir la rue de l'Odéon à cette époque et à participer à la vie excitante de la librairie d'Adrienne" Sylvia rêve de possédé une librairie aussi. Son rêve sera exaucé.

Adrienne Monnier
"Shakespeare and Company "est un livre de souvenir.  Sylvia Beach transmet son expérience merveilleuse à diriger cette librairie. " Shakespeare and Company ouvrit ses portes. C'était le 19 novembre 1919. "
Comme la bibliothèque d'Adrienne Monnier Shakespeare and Company était une bibliothèque de prêt où l'on trouve des nouveautés américaines. Le premier client a été le compositeur américain George Antheil.  " C'était souvent par Robert (Bob) McAlmon qu'était amené un nouvel ami à Shakespeare and Company. J'avais vu arriver ce jeune poète du Middle West dans les premiers jours de ma librairie."
Bryher
Bryher est une romancière et éditrice de magazine, elle a été une figure importante du milieu littéraire anglophone dans le Paris des années 1920.  " Puis un beau jour, qui fut un grand jour pour Shakespeare and Compagny, Robert McAlmon l'amena chez moi - une jeune Anglaise timide, habillé d'un costume tailleur et coiffé d'un chapeau portant deux rubans flottant squi me faisaient penser à un béret de marin. Je ne pouvais détacher mon regard de ses yeux : tellement bleus, plus bleus que la mer ou le ciel ou même que la grotte bleue de Capri. Leur expression était plus belle encore et j'en suis toujours aussi émerveillée. "
Hemingway et McAlmon
James Joyce, sa femme Nora et ses enfants

Bien sûr entant que voisine Gertrude Stein et Alice Toklas se sont intéressée à Shakespeare et Compagny. " On ne s'ennuyait pas avec Gertrude Stein et Alice B. Toklas ! Ca que l'une racontait, l'autre le complétait." Sylvia Beach avait une passion pour Joyce, ce n'était pas le cas pour Gertrude Stein.  Elle avait aucune sympathie pour cet écrivain irlandais. Sylvia Beach a soutenu Joyce dans la création d'Ulysse avec la complicité de l'éditeur américain Robert McAlmon. "Robert McAlmon, lui, était infatigable . Il fit la tourne des boîtes de nuit et chaque matin, à l'aube, avant de rentrer chez lui . Il déposait chez moi une poignée de bulletins, certains portant des signatures assez zigzagantes. Il m'arriva ensuite de rencontrer des personnes un peu surprises de se trouver parmi les souscripteurs d'Ulysse."
Cette expérience ne fut pas de tout repos, car après avoir connu la pauvreté comme Ulysse connait un succès il aime dépensé son argent et il a des goût de luxe. Valérie Larbaud est le traducteur français et il s'entend à merveille avec Joyce. Ses souvenirs sont plein de vie et passionnant et de modestie. J'aime beaucoup toutes les étapes concernant Ulysse.
James Joyce, Ernest Hemingway, Valéry Larbaud, Scott Fitzgerald ces écrivains fréquentes avec un grand bonheur la librairie de Sylvia Beach appelée Shakespeare and Company rue de l'Odéon. 
Ernest Hemigway est un fervent lecteur et adore l'accueil chaleureux de Sylvia. Une très belle amitié s'installe entre eux.D'ailleurs il écrira un roman en hommage à Sylvia et Adrienne dans" Paris est une fête"


Elle évoque des personnages étonnants qui sont des acteurs cette époque comme Nathalie Barney, Remy de Gourmont. 

 Elle et Adrienne rencontrent Scott Fitzgerald un leurs grands copains . Grâce à lui, Sylvia fait la connaissance de King Vidor un des grands réalisateurs d'Hollywood et rentré dans la librairie le l'immense George Gershwin, aussi Serge Eisenstein le grand metteur en scène russe. "Ce fut certainement un des hommes les plus intéressants qu'il me fut donné de connaître . Très attentif au mouvement littéraire, Eisentein était fervent admirateur de Joyce." Elle fait une grande exposition pour faire connaître au français le grand poète américain Walt Whitman. En 1930, Gertrude Stein et Alice B. Toklas se lancent aussi dans l'édition à leur propre adresse au 27 rue de Fleurus. 

Un beau témoignage sur cette époque foisonnante durant l'entre deux guerre où 
Sylvia Beach mêle les grands moments littéraires et les anecdotes personnelles.



ERIC VUILLARD : TRISTESSE DE LA TERRE

 Une histoire de Buffalo Bill Cody

" Et pour attirer le public, pour provoquer chez lui ce désir de venir voir toujours plus nombreux le Wild West Show, il fallait qu'on lui raconte une histoire celle que des millions d'Américains d'abord, puis d'Européens avaient envie d'entendre, la seule qu'ils voulaient entendre et qu'ils entendaient déjà dans le crépitement des ampoules électriques sans peut-être le savoir." 
Buffalo Bill 
Le Wild West Show est un spectacle hors norme avec ses deux représentations par jour attiraient près de quarante mille spectateurs, et plus de trois millions lors des représentations données à Paris pendant la tournée européenne en 1905. Buffalo Bill est à l'origine de cet immense spectacle, il a été le metteur en scène du fameux Wild West Show, un immense divertissement qui ressemble au cirque. " Oui, il fallait que les gens frémissent - le spectacle doit faire frissonner tout ce que nous savons, il nous propulse devant nous-mêmes, il nous dépouille de nos certitudes et nous brûle. Oui, le spectacle brûle n'en déplaise à ses détracteurs. Le spectacle nous dérobe et nous ment et nous grise et nous offre le monde sous toutes ses formes." Cette Histoire de carton pâte  est surtout irrésistible du fait de la présence dans le spectacle de véritables indiens, utilisés comme acteurs dans ce spectacle . Ce  grand spectacle  est  une parodie mensongère. L'histoire de la petite Marguerite Colby est très touchante, petite indienne achetée par Leonard Colby, de son vrais nom Zintkalo Nuni, pour les besoins du Wild West Show.

Marguerite Colby
"J'ai vu des images de cette petite fille, elle doit avoir quatre ou cinq ans. Sur l'une d'elles, elle s'enroule dans un rideau de dentelle ou de mousseline, près d'un sofa. Son visage est sombre. Ses yeux sont noirs. Elle est jolie. Elle porte une robe de petite princesse comme dans les bonnes familles. Elle sourit, d'un air timide, sa main attrape un bout du rideau et elle le tient entre ses doigts comme une énigme"



Sitting Bull, le grand chef indien, a fait partie de l'aventure au côté de Buffalo Bill.  Il tint quelques mois en 1885 avant de rendre son calumet et de rejoindre la réserve de Great River. C'est une attraction de foire, il rejoue les scènes qui avaient frappé les siens. Et les cowboys ont le beau rôle . 

«Sitting Bull n’a sans doute jamais été si seul qu’à cette minute, au milieu des drapeaux américains, dans la grande machine à divertir. Il n’était pas aussi seul lorsqu’il vivait en exil au Canada, parmi une poignée de proscrits ; l’obscurité première est impénétrable. Et certes, on était seul à cheval, sous la pluie glacée, errant entre les formes imprécises, dans la grande forêt. Oui, on était seul et triste, mais on était libre, on était plein d’une haine brûlante. Et maintenant Sitting Bull est seul dans l’arène ; la grande chose qu’il aimait est restée en arrière, très loin, Et, ici, dans les gradins, ils ne sont venus que pour ça, tout le monde est venu voir ça, simplement ça : la solitude.»

Tristesse de la terre, nous raconte cette histoire, la face tragique de l'histoire des indiens à la fin du XIXième siècle. Pour ma part ce livre est déconcertant c'est bien écrit, il y a de beaux passages mais tout glisse rien ne s'imprime en moi, pas d'émotions  ressenties. 

LAURE MURAT : PASSAGE DE L' ODEON


( Sylvis Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l'entre-deux-guerres)
Laure Murat - C'est un essai d'une grande richesse concernant le monde de l'édition et la vie culturelle durant l'entre -deux-guerres et je ne pense pas en avoir fait le tour.

Adrienne Monnier ouvre la Maison des amis des Livres 7 rue de l'Odéon. Elle a vingt-trois ans en 1915 en pleine guerre c'est une idée complètement folle. Tant pis cela lui fait pas peur, elle est passionnée de littérature contemporaine qu'elle veut faire connaître au plus grand nombre, sa librairie est aussi une bibliothèque de prêt. Elle a choisit la rive gauche, le quartier des étudiants pour être accessible à la jeunesse.
Elle est une femme originaire de Savoie. Et, c'est une femme connue pour avoir un bon coup de fourchette.
Elle fait un rapprochement entre la nourriture et la littérature je suis entièrement d'accord. La mauvaise littérature est immangeable alors que la grande est divine. Elle est une femme d'influence dans le milieu littéraire de son temps au près de Gallimard surtout . Sa librairie sera toute sa vie. Adrienne Monnier et Sylvia Beach, tous les deux lesbiennes travaillent l'un en face de l'autre. Sylvia Beach s'installera en 1921.



Durant l'entre-deux guerres, Sylvia Beach et Adrienne Monnier, deux femmes l'une américaine et l'autre française feront énormément pour Joyce et son célèbre Ulysse.



C'est un évènement exceptionnel. L'Adrienne s'occupera de la traduction française sept ans après sa sortie. Durant la période entre 1911 et 1931, elles deviennent des symboles pour les amis du livre

Deux maisons d'édition jouent un grand rôle : le Mercure de France et la NRF. Grâce à Adrienne Monnier et Sylvia Beach , Gallimard possède Joyce et Hemingway.

Deux absents de tailles durant cette époque, deux géants ignorés, méprisés Proust et Céline. Mais pour ma part, je pense que cela n'est pas étonnant Proust était un mondain de la rive droite et Céline fut totalement méprisé à cause de ses idées politiques. Laure Murat nous dit concernant Adrienne Monnier "Elle chérissait Romains et Fargue (entre parenthèse deux écrivains qui sont méconnus à l'heure actuelle, injustement d'ailleurs peut-être) détestait les surréalistes (Ah ! bon, il représentait tout de même la modernité il me semble à l'époque), ignorait superbement Proust et Céline, dont la prose la laissait froide. (étonnant car avec le temps ces deux auteurs sont passés à la prospérité)". Le mérite d' Adrienne est la franchise, elle est une passeuse, elle a su tenir ce rôle avec diplomatie. Ces deux dames, Adrienne et Sylvia était de véritable dénicheuse de talent.

C'est un essai sur la vie littéraire de l'entre deux-guerres intéressant et dense. Il s'adresse avant tout pour les amoureux de l'histoire littéraire. La vie littéraire à cette époque était d'une très grande richesse. Puis de voir aussi que certains auteurs de cette époque sont méconnus de nos jours l'œuvre de Ruysbroeck , Chennevière . Comme quoi quand on parle littérature le Temps est important, c'est lui qui à raison et qui fait le tri ! Cela reste un essai qui donne envie de revisiter nos classiques. 

HENRY JAMES : Le tour d'écrou

Traduction Nemer

J'avais déjà lu ce célèbre roman d'Henry James, il y a fort longtemps, bien avant la création de ce blog. 

C'est une histoire de fantôme ou bien une histoire de fantasme

Paru en 1898 comme un conte de Noël macabre, The Turn of the Screw a eu aussitôt un grand impact public, et c'est demeuré une des œuvres les plus célèbres et le plus commentées de son auteur.

Le narrateur assiste à la lecture du journal d'une gouvernante. La jeune femme a été engagée par un riche célibataire pour s'occuper de ses neveux , Flora et Miles. Orphelins. Ils demeure à Bly dans une vaste propriété isolée à la campagne.

Il ne veut en aucun cas être dérangé. La jeune femme arrive dans ce manoir, elle est sous le charme de cette demeure par sa grandeur. Elle fait la connaissance de MissGrosse et de Flora dans un premier temps et ensuite de Miles. Ce dernier a été renvoyé de son pensionnat pour une raison que la nouvelle gouvernante ignore. Elle est sous le charme de la délicatesse des enfants innocents, à la fois mi-ange, mi-démons. Un jour, alors qu'elle se trouve dans le jardin, elle remarque un homme inquiétant au haut d'une tour. Il s'agit du fantôme de Quint l'ancien valet, un personnage inquiétant. Puis, par la suite elle voit un deuxième fantôme qui se trouve être Miss Jessel l'ancienne gouvernante des enfants. Ces deux fantômes sont décédés avant l'arrivée de la gouvernante. Il pourrait toujours exercer sur les enfants une attirance maléfique. La nouvelle gouvernante essaye de les en détourner. Miss Grosse essaye de faire comprendre à la gouvernante que les enfants sont des innocents tout simplement, ceux ne sont pas de petit démons. La demeure serait elle hantée ???
La  force du roman tient à sa constante ambiguïté : les fantômes sont précisément décrits comme des apparitions réelles ne le sont qu'à travers le regard  de la gouvernante. Il se peut même certainement d'hallucinations  hystériques  ou réelles. 

J'ai adoré relire ce roman de James, qui est passionnant à tout point de vue. 


de Jack Clayion avec Deborah Kerr
scénario et de Truman Capote

Une adaptation fantastique, envoutante ! 
A la fin du XIXe siècle en Angleterre, Miss Giddens arrive en diligence elle rentre dans un autre monde où tout est grand et spacieux. La demeure est isolée, c'est un manoir, il ressemble à une maison hanté : néo gothique. Quand elle rentre dans la maison, elle est impressionnée par cette ambiance victorienne, elle est sous le charme le plus complet tout est magnifique ainsi que les enfants. 


Et puis très vite, elle s'aperçoit que l'a maison est hanté de fantômes. Elle apprend que la précédente préceptrice, Miss Jessel, a eu une relation avec le valet Quint, et que tous deux sont morts dans d'étranges circonstances. Peu après, elle commence à voir apparaître leurs fantômes dans le manoir et le jardin.
Ce film est en noir et blanc, l'atmosphère est mystérieuse joue sur le bien et le mal.
Les apparitions de Miss Jessel près du lac et celle du valet Quint sont digne des films d'horreur. Le film oscille entre le bien et le mal. Le personnage de la gouvernante va évoluer, elle passe à celui d'enjoué à celle de l'hystérie. 


  

Un très beau passage dans le film quand la gouvernante est  en chemise de nuit un chandelier à la main.  Elle  entend le bruit des étreintes auxquels se livraient Quint et Miss Jessel. 


Ce film est merveilleux dans son esthétisme, je le rapprocherai à Rebecca d'Hitchcock.