Pages

lundi 6 novembre 2017

ERIC VUILLARD : TRISTESSE DE LA TERRE

 Une histoire de Buffalo Bill Cody

" Et pour attirer le public, pour provoquer chez lui ce désir de venir voir toujours plus nombreux le Wild West Show, il fallait qu'on lui raconte une histoire celle que des millions d'Américains d'abord, puis d'Européens avaient envie d'entendre, la seule qu'ils voulaient entendre et qu'ils entendaient déjà dans le crépitement des ampoules électriques sans peut-être le savoir." 
Buffalo Bill 
Le Wild West Show est un spectacle hors norme avec ses deux représentations par jour attiraient près de quarante mille spectateurs, et plus de trois millions lors des représentations données à Paris pendant la tournée européenne en 1905. Buffalo Bill est à l'origine de cet immense spectacle, il a été le metteur en scène du fameux Wild West Show, un immense divertissement qui ressemble au cirque. " Oui, il fallait que les gens frémissent - le spectacle doit faire frissonner tout ce que nous savons, il nous propulse devant nous-mêmes, il nous dépouille de nos certitudes et nous brûle. Oui, le spectacle brûle n'en déplaise à ses détracteurs. Le spectacle nous dérobe et nous ment et nous grise et nous offre le monde sous toutes ses formes." Cette Histoire de carton pâte  est surtout irrésistible du fait de la présence dans le spectacle de véritables indiens, utilisés comme acteurs dans ce spectacle . Ce  grand spectacle  est  une parodie mensongère. L'histoire de la petite Marguerite Colby est très touchante, petite indienne achetée par Leonard Colby, de son vrais nom Zintkalo Nuni, pour les besoins du Wild West Show.

Marguerite Colby
"J'ai vu des images de cette petite fille, elle doit avoir quatre ou cinq ans. Sur l'une d'elles, elle s'enroule dans un rideau de dentelle ou de mousseline, près d'un sofa. Son visage est sombre. Ses yeux sont noirs. Elle est jolie. Elle porte une robe de petite princesse comme dans les bonnes familles. Elle sourit, d'un air timide, sa main attrape un bout du rideau et elle le tient entre ses doigts comme une énigme"


Sitting Bull, le grand chef indien, a fait partie de l'aventure au côté de Buffalo Bill.  Il tint quelques mois en 1885 avant de rendre son calumet et de rejoindre la réserve de Great River. C'est une attraction de foire, il rejoue les scènes qui avaient frappé les siens. Et les cowboys ont le beau rôle . 

«Sitting Bull n’a sans doute jamais été si seul qu’à cette minute, au milieu des drapeaux américains, dans la grande machine à divertir. Il n’était pas aussi seul lorsqu’il vivait en exil au Canada, parmi une poignée de proscrits ; l’obscurité première est impénétrable. Et certes, on était seul à cheval, sous la pluie glacée, errant entre les formes imprécises, dans la grande forêt. Oui, on était seul et triste, mais on était libre, on était plein d’une haine brûlante. Et maintenant Sitting Bull est seul dans l’arène ; la grande chose qu’il aimait est restée en arrière, très loin, Et, ici, dans les gradins, ils ne sont venus que pour ça, tout le monde est venu voir ça, simplement ça : la solitude.»

Tristesse de la terre, nous raconte cette histoire, la face tragique de l'histoire des indiens à la fin du XIXième siècle. Pour ma part ce livre est déconcertant c'est bien écrit, il y a de beaux passages mais tout glisse rien ne s'imprime en moi, pas d'émotions  ressenties. 

Aucun commentaire: