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lundi 10 octobre 2011

DAVID VANN : Désolations

Rentrée littéraire 2011

Traduit de l'américain par Laure Dérajinski

Depuis son succès avec Sukkwan Island, couronné par le Prix Médicis 2010. David Vann est pratiquement une star  américaine pour les amours de la littérature en France.
En Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants, Rhoda et Mark, aujourd’hui adultes.  Rhoda son rêve c'est d'avoir une belle maison, une bonne situation et de se marier à Hawaï avec Jim, son mari dentiste. Mark son frère est marginal, immature, il vivote en fumant de l'herbe avec sa copine Karen.
Après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé.
"Ils allaient construire leur cabane à partir de rien. Sans même une fondation. Et pas de plan, d'expérience, d'autorisation, de conseils, non merci. Gary voulait le faire, un point c'est tout, comme s'ils étaient les premiers à fouler cette nature sauvage. "
 Gary a quitté la Californie et sa thèse en littérature médiévale anglaise, l'étude du Beowulf. "Pour Gary cette représentation était scandinave, liée à ses études, à Beowulf et au " Seafarer", une société guerrière traversant les mers peuplées de baleines jusqu'aux fjords de terres inconnues et accostant dans de petits villages de pêcheurs repliés sur eux mêmes."
 il désir  s’installer ici, sur la péninsule Kenai construire une cabane un rêve d'enfant. Irene est à la retraite, elle  se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Irene s’imagine qu’une sorte de malédiction frappe sa famille, que le destin se répète de génération en génération : d’abord sa mère, puis elle et ensuite sa fille, Rhoda.
Ce roman parle des rapports mère/fille, du rapport parents/ enfants. Irene est d'origine islandaise. "Elle se demanda si l'Islande ressemblait à cela. Elle n'y était jamais allée. Elle y avait encore de la famille, mais personne qu'elle ait jamais vu. Ils seraient comme des étrangers et elle ne serait plus capable de communiquer. Jusqu'à l'âge de dix ans, elle n'avait parlé qu'Islandais chez elle, anglais à l'école puis la langue était morte en elle."
Les hommes sont immatures, lâches aussi j'ai trouvé, ils ne désirent pas grandir, ils fuient toutes responsabilités" Le monde adulte était un univers de poids et de mystères, elle se souvenait au moins de cela." Je ne sais si cela est voulu de la part de l'auteur mais les références à la littérature jeunesse soulignent le caractère enfantin des hommes. Par exemple Dr Seuss  " Les bouleaux , dehors, ils ressemblent à des gens un peu ébouriffés, comme les Whos de Whoville, les personnages du Dr Seuss."
À l'opposé les personnages féminins Irène et Rhoda ont une vrais personnalité, elles sont plus mature, malgré leur fragilité elles sont fortes face à la réalité de la situation. Le thème de la folie des hommes  tient sa place dans "Désolations"tout d'abord les migraines d'Irène puis Gary qui veut à tout pris vivre à Caribou Island coupé de tout, dans une cabane, y vivre de façon précaire.

Le paysage joue un rôle de premier plan, c'est pratiquement un personnage angoissant du roman. L'ambiance est très tendue dès les premiers paragraphes, c'est un univers très noir qui est décrit dans ce roman de David Vann. C'est  un roman très nordique mais dans le fond c'est un roman très américain.

J'ai trouvé ce roman intéressant, bien construit.  roman très froid, il manque à ce roman de l'émotion selon moi pour être emportée. J'ai trouvé tout de même que la psychologie des personnages est bien décrite, la part sombre de l'homme et ses angoisses, ses attentes face la vie. Trop d'attente par rapport au premier roman non mais je trouve que son premier roman était tout de même plus réussit dans mon souvenir (d'ailleurs je le relirai probablement) , plus coup de poing je trouve. Là,  j'ai trouvé des longueurs par moment  ... mais c'est juste mon point de vue. Cela n'empêche pas que c'est un roman qui nous laisse pas indifférent, car il aborde un thème qui parle à tout le monde les rapports avec ses parents, les rapports violents conflictuelles entre les hommes et les femmes.

Voir en complément le billet ICB - Puis, j'ai eu l'opportunité de rencontré plusieurs fois David Vann et entre autre ici début septembre. Un auteur très sympathique et érudit !

Priceminister_matchsrentreelitt

5 commentaires:

claudialucia a dit…

Un très beau roman que je viens de lire! Pas encore fait le billet. Je trouve ton analyse très vraie, très juste. C'est un roman très pessimiste mais par contre, moi, j'ai senti beaucoup d'émotion et même du désespoir. Une noirceur absolue qui m'a beaucoup touchée. Le paysage correspond au paysage mental des personnages et c'est terrible.

Joelle a dit…

J'attends qu'il soit dispo à la biblio mais sans le réserver car je préfère laisser un peu retomber les attentes ! Et puis, je suis quand même inquiète d'y trouver trop de similitudes avec son premier roman ... certains me disent que non, c'est différent et d'autres me disent que c'est le cas et qu'ils se ressemblent ;)

Midola a dit…

J'avais beaucoup aimé Sukkwan Island et celui-ci me fait très envie même si ça ne s'annonce pas être une lecture très joyeuse...

In Cold Blog a dit…

Tu as raison : c'est un roman qui te glace les sangs. Mais tellement prenant.
Pour répondre à Joëlle, je dirai que ses interlocuteurs ont tous raison : c'est à la fois similaire et très différent de Sukkwan Island. Laisse-toi tenter !

Malice a dit…

@ Claudia : Merci pour ton message et ton ressenti face à ce roman ;-)
@ Joelle : ICB répond à ta question ! Je trouve tout de même pour ma part c'est deux livres différents, le point commun c'est le développement de la psychologie des personnages.
@ Midola : C'est le moins que l'on puisse dire c'est pas très joyeux, joyeux ...
@ ICB : C'est un livre intéressant pour moi mais ce n'est pas le grand roman inoubliable ;-)