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mardi 26 octobre 2010

AGNÈS DESARTHE : Le remplaçant

Une histoire de filiation mais elle n'en ai pas vraiment une. Puisque ce remplaçant n'est pas le vrais grand-père de la narratrice/conteuse qui est Agnès Desarthe. Ce remplaçant n'est autre que Bouz, Boris, Baruch, voici donc le faux grand père c'est lui triple B, plus loin nous apprenons son vrais nom qui est Boris JAMPOLSKI.
" Je me suis jamais ennuyée chez mes grands-parents. Il y avait toujours un objet à admirer, à étudier, dont il me fallait élucider la provenance, comprendre le maniement. J'étais en quête de quelque chose, d'une explication, d'une confirmation . " Son vrais grand-père, c'est à dire le père de sa mère, est mort à Austchwitz en 1942. La petite Agnès a une grande affection pour ce grand-père qui est différent et aime la vie et raconter des histoires. C'est un authentique conteur tout comme sa fausse petite fille. J'aime comment Agnès Desarthe inscrit son grand père, triple B dans l'Histoire avec ses opinions politiques communiste entre autre, ses origines géographiques (Russie, Moldavie, Roumanie, Bessarabie, Ukraine).
" J'étais sensible à la beauté discutable des statues monumentales représentant des ouvriers et des ouvrières en marche, le poing levé, les bras puissants, le regard vers l'horizon."
Elle évoque Janusz Korczak : illustre pédagogue ressemblait à triple B. Il a dirigé l'orphelinat du ghetto de Varsovie durant la seconde guerre mondiale. Il est décédé en 1942, comme son vrais grand père. " Le 6 août, c'est le tour de "la maison des orphelins". On propose à Korczak de s'enfuit, mais il choisit de demeurer aux côté de la centaine d'enfants qui lui restent et de la dizaine d'adultes qui s'en occupent. Il sait ce qui les attends, les enfants aussi le savent, à leur manière. Mais jusqu'au bout, ils chantent. Jusqu'à l'entrée des wagons plombés, on leur raconte des histoires ; à l'intérieur aussi qui sait ?"
Un très joli hommage à ce remplaçant que fait Agnès Desarthe. Le ton de ce court texte est léger pour finir plus grave voir douloureux. C'est un texte sur la mémoire familiale, les souvenirs, ne pas oublier surtout nos aînés. C'est un roman dont la structure fait penser au matriochka, les poupées russes qui s'emboîtent. C'est tout simplement un magnifique roman fort et poignant !

4 commentaires:

Mango a dit…

Je ne connais pas encore cette romancière! Je commencerais bien par celui-ci!

Malice a dit…

Oui je pense que c'est un bien pour découvrir Agnès Desarthe par ce livre !

Moka a dit…

Un article sur ce livre chez moi demain avec un lien vers ton blog !
Belle lecture !

Noukette a dit…

Lu récemment, j'avoue être bien moins enthousiaste que toi... Je me suis ennuyée ! Dommage !