Traduit par Sylvie Cohen
L'histoire, se passe dans un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. " Le petit Nimi fut le seul qui se prit à rêver d'animaux à cause des histoires de l'institutrice." Les enfants se moquent de lui, alors Nimi part dans la forêt " Il reparut au bout de trois semaines, amaigri, sale, égratigné et contusionné de partout, mais hennissant d'allégresse. " Le voilà que l'on le nomme
"Nimi le poulain " enfant moitié sauvage, moitié solitaire. Almon le pêcheur sculpte des animaux qu'il offre aux enfants, il a connu lui aussi comme l'institutrice les animaux. Personne ne va dans la forêt, mais deux enfants , Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit... fascination de l'interdit, c'est leur grand rêve. Nehi est le démon de la forêt qui a emmené un beau jour les animaux. Tout le monde a peur de Nehi.
Ce court texte ressemble à un conte, à la naissance du monde, un texte biblique. J'ai beaucoup aimé l'écriture d'Amoz Oz et en particulier de l'émerveillement que dégage ce conte. Je suis entièrement d'accord avec la présentation de la quatrième de couverture concernant ceci : "Un conte pour enfant et adulte. Au carrefour de la tradition biblique, du folklore yiddish et du conte européen, il nous offre une magnifique parabole sur la tolérance. " Oui !!!!!
À sa sortie, de nombreux lecteurs ont trouvé que l'histoire était simpliste et qu'elle s'adressait uniquement à des enfants, et ces mêmes lecteurs ne comprenaient pas pourquoi ce conte était publié en littérature général et non littérature jeunesse dans un premier temps entre autre. Personnellement il se trouve que je lis énormément de contes jeunesses et je ne vois pas en quoi les contes que je lis son simpliste parce qu'il s'adresse avant tout à des enfants. Il y a plusieurs degrés d'interprétation, il y a le regard que l'on porte sur un conte. Il est normal que le regard que je porte sur un conte ne soit pas le même qu'un enfant.
La forêt est très présente dans la plus part des contes qui ont peuplé notre enfance. Dans la culture russe, la forêt joue un grand rôle dans le très célèbre conte Baba Yaga. Durant ma lecture, j'ai pensé à Aharon Appelfeld pour qui la forêt a joué un rôle très important dans sa vie durant son enfance.
Oh oui, je sens ton enthousiasme... c'est fou que je sois restée en retrait, j'avais pourtant envie de me laisser aller. Peut-être trop d'attente, je le relirais... après avoir suivi tes conseils sur les contes russes entre autre et APPELFELD. Je n'ai lu que Tsili, tu me donnes envie de lire d'autres propositions. Merci
RépondreSupprimerMmm forêt me voilà!
Je suis d'accord avec toi : une histoire peut être lue sous différents angles et dire que les contes pour enfants sont simples est très réducteur.
RépondreSupprimerPar exemple, "Alice au pays des merveilles" peut être lu de différentes façons, et étudier aussi de différentes manières. :)
Ce que tu dis de Soudain dans la forêt profonde m'attire énormément. J'aime beaucoup les contes, leur simplicité cachant une grande profondeur, et celui là me semble y correspondre !
RépondreSupprimerC'est fou ce que certaines personnes méprisent la littérature pour la jeunesse. Alors que écrire pour les enfants est un art si difficile. Tous les bons livres pour enfants peuvent être lus au second degré et être enrichissants pour les adultes!
RépondreSupprimer@ Vanessa : Enthousiasme pour cet ouvrage qui n'est pas représentatif de l'œuvre d'Amos Oz. Je ne serai dire mais une chose est sur c'est que j'ai trouvé ce texte riche, et pas réducteur comme certain l'on présenté !
RépondreSupprimer@ Leiloona : oui, je me souviens quand j'avais lu ton billet. Je m'étais dit je n'ai pas encore lu ce livre mais elle dit juste! C'est exact les contes ne sont pas uniquement pour la jeunesse
@ Céline pourquoi pas il existe une profondeur c'est certain.
@ Claudia : Oui, c'est sûr mais en même temps la littérature jeunesse est méprisée à cause du marketing sur certains ouvrages au profit d'ouvrages plus sérieux avec de la profondeur. Je lis beaucoup d'albums jeunesses et je suis époustouflée par la richesse. Dernièrement la claque que j'ai reçu c'est avec Anthony Brown !