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mercredi 20 janvier 2010

DAVID VANN : SUKKWAN ISLAND


Traduit par Laura Derajinski
Voici le premier livre que je lis de cette maison d'édition Gallmeister

Jim le père de Roy, décide d'emmener son fils de treize ans sur une île sauvage de l'Alaska nommé Sukkwan. Ce lieu est accessible uniquement par bateau ou hydravion. Ils vivent dans une cabane et se nourrissent de chasse et de pêche du saumon. " Quand Roy eut vidé et coupé les poissons pour les fumer, il était tard. Il lava les morceaux avec soi, les rapporta dans un seau et prépara la saumure à l'aide de sel et de sucre. Il fallait du sucre brun pour fumer les aliments" Et, cela pendant un an, c'est l'occasion pour Jim de faire un point sur sa vie qui n'est absolument pas stable qu'elle soit amoureuse ou bien professionnelle. Puis surtout Jim veut faire connaissance avec son fils. Roy lui est confiant dans son père, par un certain côté d'être parti avec lui, l'engagement, mais en même temps il est emparé d'un doute face à ce père dépressif . Roy est triste aussi, il se demande ce qu'il fait là, sa mère et sa sœur lui manquent. J'ai un peu peiné dans ma lecture durant la première partie, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, j'ai trouvé que ce début manquait d'émotion, elle s'installe au fil de la lecture et aussi quand on referme le livre.
Il règne un climat étrange dans ce roman. Les rapports entre le père et le fils sont assez malsain, j'ai trouvé, voir complexe. " Tu as raison. Il faut être un homme pour supporter ça. Je n'aurais pas dû emmener un enfant avec moi."
Et bien, quand arrive la page 113 c'est à dire la deuxième partie gloups, cela fait vite très mal et on comprend le geste de Roy c'est peut-être la seul issue, son geste est prévisible face à un père qui ne contrôle pas cette situation incontrôlable.
Une réflexion que je me fais à la lecture de ce roman tourne autour de l'éducation, être parents c'est quoi, c'est pas uniquement ce connaître mais c'est aussi transmettre de l'amour, du réconfort donné confiance tout cela Jim ne sait pas si prendre. Il semble complètement démuni, un homme immature tout de même avec de nombreuses faiblesses.
C'est ma foi, un livre intéressant sur l' anthropologie, un livre qui ne laisse pas le lecteur indifférent. C'est un livre qui c'est mettre le lecteur malaise, surtout j'ai trouvé, mais c'est un roman habilement construit.


11 commentaires:

Vanessa a dit…

Je viens de l'acheter justement pour ce rapport père-fils, pour ce rôle d'éducation et d'écoute.
A suivre

Leiloona a dit…

Je suis d'accord avec toi : même si je n'ai pas aimé la seconde partie, trop trash pour moi, la première soulève de nombreuses questions, dont celle de la relation entretenue par un père et son fils.
Et quid de la mère dans tout ça ? :/

cathulu a dit…

Finalement c'est la position de la mère qui me gêne le plus...

Suzanne a dit…

Sur ma liste depuis quelques temps. En parlant de temps c'est ce qui me manque pour le lire...pour le moment.

In Cold Blog a dit…

Faites des enfants, qu'ils disent ! Pas facile d'être parents, tiens ;o)

Malice a dit…

@ Vanessa : On peut s'interroger sur le rôle du père et de la mère aussi dans cette histoire. C'est une histoire noire certes mais ouverte ! Comme tu le dis à suivre.
Leiloona : Le rôle de la mère dans cette histoire, moi je le vois comme cela : Un enfant pour grandir a besoin de son père et de sa mère même si les parents sont séparés. Je pense qu'elle a laissé le choix à son fils en ce disant que c'est une bonne idée après tout pour grandir pour devenir un homme. Il est certain que l'état du père dépressif peut freiner, mais il se peut que la mère pense que le père de son enfant prendra sur lui dans sa relation avec son fils. Rien n'est dit et c'est très bien ainsi, l'ouverture, les suppositions que peut émettre le lecteur.
@ ICB : Oui pas facile, cela c'est sur !

Joelle a dit…

Je survole ton billet car je compte bien le lire ... j'aime bien cette maison d'édition et ce qu'ils publient :) Et tant que je suis là, je te souhaite une excellente année 2010 :)

Titine a dit…

Ton billet est plus mitigé que ceux que j'ai lus ailleurs. Il faudra que je me fasse mon avis par moi-même je crois!

Malice a dit…

@ Joelle : Je ne connaissais pas du tout cette maison d'édition. Ce fut l'occasion ! Moi de même je te souhaite à mon tour une excellente année 2010.
@ Titine : Billet mitigé oui je n'est pas été comme Crissylda transportée. Mais cela dit je trouve que c'est vraiment un livre intéressant qui pousse des portes, le champ est ouvert à des interprétations diverses.
C'est un roman qui possède tout de même des qualités et c'est déjà pas si mal ;-)

Vanessa a dit…

J'ai beaucoup aimé. A l'inverse de toi, je suis rentrée tout de suite dans l'histoire, dans ce malaise... ce silence, ces actions pour combler le vide de relation. J'ai aussi beaucoup aimé la seconde partie, pour tout ce retour sur la vie, cette prise de conscience...
beaucoup, beaucoup de choses à dire!

Wictoria a dit…

très belle décoration pour ce nouvel écrin plein de Malice :) et merci pour le livre que je lirai en pensant à toi, certaine que j'y trouverai plusieurs échos de mes propres manquements face à mes enfants !