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lundi 18 mars 2013

MARCEL AYME : La traversée de Paris

Après avoir été sous le charme de la biographie de Sophie Adriansen
J'ai eu envie de revoir ce grand film de Claude Autant - Lara tiré d'une nouvelle de Marcel Aymé, l'ambiance de cette nouvelle est déjà très cinématographique concernant l'ambiance et elle contient de nombreux dialogues.
 En 1942, à Paris un chauffeur de taxi au chômage, Marcel Martin gagne sa vie en livrant des colis au marché noir. Un jour, il doit transporter à pied, à l’autre bout de la capitale, quatre valises contenant un cochon découpé. Il se rend dans la cave d’un nommé Jambier et y joue de l’accordéon pendant qu’on égorge l’animal (déjà un grand moment qui se ne trouve pas dans la nouvelle). Il se dirige ensuite avec sa femme Mariette vers le restaurant où il doit retrouver son complice. Un inconnu entre alors dans le restaurant. Ce choix s’avère vite calamiteux, car ce nouveau personnage, un certain Grandgil, est loin d’être docile, c'est un personnage assez mystérieux. Il est soit disant peintre, pour Martin il est peintre en bâtiment (quiproquo) cela n'est pas le cas.  Grandgil va s'amuser en acceptant la proposition de Martin voilà ce qu'il dit à son amie : "- Louise ? disait Grandgil. Bonsoir ... Je n'étais pas là ... une soirée de vacances. Je me suis déguisé en gangster ... ma parole, ne ris pas, j'ai  même ramené un joli butin ... j'ai joué au méchant, à l'anarchiste, au dur intégral ... Très amusant, je t'assure ...  Pas du tout, c'est au contraire très facile, trop facile. Ce sont les nous qui font les durs. Je l'avais toujours pensé ..." (Marcel Aymé)



En 1956, Claude Autant-Lara adapte une nouvelle de Marcel Aymé nommée " La traversé de Paris". Cette adaptation est assez fidèle à la nouvelle mais pas complètement cela dit. Il fait appel aux grands scénaristes de l'époque Jean Aurenche et Pierre Bost. La fin est différente, Grandgil retrouve Martin porteur à la gare de Lyon après guerre au lieu d'être poignardé par lui. Ce film fut un tremplin pour Louis de Funès sont face à face à Gabin (scène d'anthologie) et ... tout simplement époustouflant. Ce n'était pas gagné d'avance !!!!
" Son interprétation de Jambier, l'épicier du 45 rue Poliveau, fait l'unanimité. L'audace et la détermination d'Autant-Lara se sont révélées payantes : la distribution a contribué très largement au succès du film." ( Regardez moi là, vous  ! de Sophie Adriansen). "Claude Autant-Lara est le premier étonné de l'étoffe que Louis de Funès a donnée au personnage de Jambier."


La traversee de paris - Jambier !!! par scupa


"- Monsieur Jambier, 45 rue Poliveau, dit tranquillement le bélier, pour moi, c'est mille francs. Jambier en resta bouche bée. Martin lui-même, atterré, perdait un peu la tête . La première intervention lui était apparue comme un manque de tact, une grossière tentative d'intimidation à laquelle se livrait un lourdaud pour peser sur le débat avec les moyens à sa portée. " (nouvelle de Marcel Aymé)
Ce film est à la fois une tragédie et une comédie. Les allemands ne sont pas carictacurés. Les policier ont un rôle ambigu, ils sont là pour protéger les gens les prévenir des rafles, mais cela n'empêche pas aussi d'envoyer les gens à la mort.Autant Lara a fait un grand film un formidable documentaire sur le Paris occupé, il a su montré tout la complexité de l'être humain sous l'occupation où se côtoie le pire et le meilleur chez l'homme (vice et vertu) . Il a su appuyer là où cela fait mal, c'est la raison pour laquelle ce film est subversif. Il a été violemment rejeté par la Nouvelle Vague, plus précisément par François Truffaut. 
Ce film dresse un miroir d'une époque, il montre que tous les français n'étaient pas  tous des résistants. 
Autant Lara était un anarchiste de droite tout comme Marcel Aymé d'ailleurs , ce film est proche de l'univers de Doisneau, du Paris de Brasaï, de l'univers de Céline.


LA TRAVERSEE..."SALAUDS DE PAUVRES" par richardanthony

La célèbre formule " salauds de pauvres" est de Marcel Aymé. J'aime beaucoup l'humour de Marcel Aymé, un style assez imagé, une langue populaire. La nouvelle " La traversé de Paris" est tirée du recueil " Le vin de Paris".

2 commentaires:

Wictoria a dit…

ça donne envie de revoir le film !

Loo a dit…

Vu aussi il y a quelques temps. C'est vrai que les choses sont présentées assez différemment sur l'époque. J'avais bien apprécié ce film et l'interprétation de Gabin et Bourvil.