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dimanche 13 décembre 2015

ERNEST HEMINGWAY : Paris est une fête


© Alice Théaudière
Traduit par Marc Saporta



J'ai lu une première fois ce livre grâce à Jacques Poulin où dans son roman : "Les yeux bleus de Mistassini " il rend hommage à ce roman  d'Hemingway et à Paris. 

Puis, avec les événements du 13 novembre, ce roman est devenu une référence. 


« Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après que Miss Stein eut manifesté son mécontentement. Le patron avait dit à son employé :« Vous êtes tous une génération perdue. » « C'est ce que vous êtes. C'est ce que vous êtes tous, dit Miss Stein. Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue. »

Ce roman " Paris est une fête" est une ballade dans le Paris des années vingt après la 1ère guerre mondiale, pendant quatre ans 1921-1926. Promenade dans le quartier de Montparnasse surtout rive gauche, c'est une époque insouciante que nous décrit Hemingway.   À Paris il fait la connaissance de Gertrude Stein amie des artistes étrangers
Gertrude Stein
 " Miss Stein était très forte, mais pas très grande, lourdement charpentée comme une paysanne. Elle avait de beaux yeux et un visage rude de juive allemande, qui aurait aussi pu être friulano, et elle me faisait penser à quelque paysanne du Nord de l'Italie par la façon dont elle était habillée, par son visage expressif, et sa belle chevelure, lourde, vivante, une chevelure d'immigrante, qu'elle relevait en chignon, sans doute depuis le temps où elle était à l'université."
C'est à Paris qu'il apprend son métier d'écrivain en rencontrant d'autres écrivains.  Il fréquentera la célèbre librairie-bibliothèque de l'époque Shakespeare et Compagny tenue par SylviaBeach au 12 rue de l'Odéon.
Sylvia  tout comme Gertude Stein recevait, soutenait dans de nombreux écrivains anglo-saxons. Elle était un peu une mère poule pour eux. Grâce à elle il va découvrir Tourgueniev, Gogol, pour ainsi dire la littérature russe.



Scott Fitzgerald

Ce livre Paris est une fête est un ouvrage posthume, où il évoque sa jeunesse, ses rencontres avec sa femme, la charmante Hadley et son fils. Avec la littérature son autre passion est la course des chevaux à Auteuil et Enghein. 
Lors de ses quatre années à Paris, il fera la connaissance de Scott Fitgerald ainsi que de Zelda.  Leur relation est un mélange ambivalent, il est à la fois  admiratif de son talent, tantôt jaloux de son succès. Il recycle certaines de ces nouvelles entre autre « Il m'avait raconté à la Closerie des Lilas comment il écrivait des nouvelles qu'il croyait bonnes, et qui l'étaient effectivement, pour le Post, et comment ensuite il les modifiait avant de les soumettre à des magazines, sachant exactement par quels trucs transformer ses nouvelles en textes publiables dans tel ou tel périodique. J'avais été scandalisé et l'avais traité de putain. »  Fitzgerald a un gros problème avec l'alcool. Hemingway évoque les rapport complexe et destructeur entre Scott et Zelda (lire son roman Accordez moi une valse)


"Il n'était pas de café plus proche de chez nous que la Closerie des Lilas, quand nous vivions dans l'appartement situé au-dessus de la scierie, 113 rue Notre-Dame-des-Champs.; et c'était l'un des meilleurs cafés de Paris."

 j'ai beaucoup apprécié  cette promenade dans ce Paris nostalgique qui n'existe plus même si les lieux mythique comme la Closerie des Lilas, le Dôme ... existe encore aujourd'hui.
On sent l' amour pour Paris pour cette ville qui a fait rêver des écrivains de sa génération.

"Paris est une fête" n'est pas un roman, mais plutôt un carnet sur son séjour en France et dans la capitale, un recueil de texte. De ce faite, c'est un beau témoignage sur une ambiance d'une époque révolue d' une génération perdue. 


© Alice Théaudière

"À la pointe de l'île de la Cité, au dessous du Pont-Neuf, où se trouvait la statue d'Henri IV, l'île finissait en pointe comme l'épave aiguisée d'un navire, et il y avait là un petit parc, au bord de l'eau, avec de beaux marronniers, énorme et largement déployés, et dans les trous et les remous qu'engendrait le mouvement de l'eau contre les rives, il y avait d'excellents coins pour la pêche. On descendait dans le parc par un escalier pour regarder les pêcheurs qui se tenaient là et sous le grand pont. "

PS : Enrique Vila-matas avec son livre Paris ne finit jamais rend un hommage à Hemingay.
Une lecture commune organisée par Eliza.

3 commentaires:

Laure a dit…

Ravie de partager cette lecture commune :-)

maggie a dit…

J'ai acheté 5 ou 6 romans d'Hemingway l'année dernière ! Je ne l'ai toujours pas lu mais tu m'as donné envie de ressortir Paris est une fête...

Malice a dit…

@Laure : Très bonne idée cette lecture qu'a eux Eliza.
@ Maggie ce n'est pas un grand livre, mais si on aime les livres et Paris, c'est une belle curiosité;-)