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jeudi 27 août 2015

Madame de Sévigné " Je vous écris tous les jours ..."

Premières lettre à sa fille - Edition établie et présentée par Martine Reid

" Mme de Sévigné est sans conteste l'une des femmes de lettres les plus célèbres de la littérature française. "
Son nom de naissance est  Marie de Rabutin-Chantal. 
Elle  a des origines bourguignonnes. C'est une femme ravissante. Elle a dix-huit ans quand elle se marie avec Henri de Sévigné en 1644. Son mari est un aristocrate breton.  Elle a deux enfants de se mariage Françoise-Marguerite et Charles. A l'âge de vingt-cinq ans, elle devient veuve. C'est une femme libre, elle peut vivre à sa guise. 
Elle est très attachée à sa fille Françoise-Marguerite. Leurs relations sont bien souvent tumultueuses. Il faut reconnaître que c'est une femme écrasante.
" Je vous écris tous les jours ; c'est une joie pour moi, qui me rend très favorable à tous ceux qui me demandent des lettres. "
Elle meurt en 1696, chez sa fille à Grignan.

"Je vous embrasse, ma chère bonne. Si vous pouvez aimez-moi toujours, puisque c'est la seule chose que je souhaite en ce monde pur la tranquillité de mon âme. Je souhaite bien d'autres choses pour vous. Enfin tout tourne ou sur vous, ou de vous, ou pour vous ou par vous." (23 mars 1671)
Françoise Marguerite de Grignan
Pendant près d'un demi siècle, Marie de Rabutin-Chantal marquise de Sévigné (1626-1696), a écrit des centaines de lettres à ses amis et à son entourage mais surtout à sa fille constituent une précieuse chronique de la vie du temps : anecdotes, bons mots, querelles, sentiments, remèdes, coiffures, pratiques religieuse etc ...
La première lettre est adressée à son cousin Rabutin, c'est un libertin. Elle évoque le mariage de sa fille avec le conte de Grignan. Françoise-Marguerite a mis au monde une fille Marie-Blanche en 1670. Elle  a accouché à Paris et part quelques mois après sans sa fille qu'elle laisse à la garde de sa mère et d'une nourrice. Celle-ci vivra avec sa grand-mère jusqu'à l'âge de cinq ans puis entrera dans un couvent dont elle ne sortira plus.
Sa fille s'installe à Grignan, dans la Drôme en 1671.
Cette correspondance privée, intime deviendra public au fil des siècles. La Marquise de Sévigné ne sait jamais pris pour un écrivain, elle est seulement douée à décrire son époque.
Marquise de Sévigné
Elle était une mère dévorante, ne vivant que pour sa fille, elle est malade, mélancolique si elle est sans nouvelle de sa fille. Avant de se marier, Françoise Marguerite ne supportait pas l'importance que sa mère se donnait en société."Mais je ne veux point que vous disiez que j'étais un rideau qui vous cachait."Elle avait un penchant pour le chocolat chaud, un réconfort pour elle " Le chocolat vous remettra. Mais vous n'avez point de chocolatière ; j'y ai pensé mille fois."
La Marquise va aller deux fois à Grignan voir sa fille , c'est un long voyage. Elle se rend pour la première fois à Grignan en 1672 en compagnie de sa petite fille et y restera jusqu'en octobre 1673. L'année suivante, c'est sa fille qui la rejoint à Paris et reste à son tour un peu plus d'une année, puis revient de décembre 1976 à juin 1677. Mme de Grignan restera une très longue période auprès de sa mère, de 1680 à 1688. Et à son tour, en 1694 Mme de Sévigné séjournera chez sa fille jusqu'à sa mort.

Ces lettres de Madame de Sévigné sont un régal. L'on pense la connaître et en même temps l'on sait rien d'elle. Ces lettres sont très agréable à lire . Un véritable régal de vitalité  et elle donne très envie de lire toute la richesse de son siècle !


Madame de Sévigné vue par Virginia Woolf

Virginia Woolf fait un portrait très réussit et elle la comprend parfaitement

"Nous plongeons plus loin en elle, et nous savons par instinct plutôt que par raisonnement ce qu'elle va ressentir, ce qui l'amusera, ce qui retiendra sa fantaisie ; bientôt, elle va sombrer dans la mélancolie."

"On recourt naturellement au présent, parce que nous vivons en sa présence. "




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