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lundi 12 janvier 2015

SORJ CHALANDON : Le quatrième mur

Prix Congourt des Lycéens 2013

"Une façade imaginaire, que les acteurs construisent en bord de scène pour renforcer l'illusion. Une muraille qui protège leur personnage. Pour certains, un remède contre le trac. Pour d'autres, la frontière du réel. Une clôture invisible, qu'ils brisent parfois d'une réplique s'adressant à la salle."

Ce roman se déroule entre Paris et Beyrouth.
 Georges, le narrateur, engagé à gauche,  parisien,  rencontre Samuel Akoumis à la faculté de Jussieu en 1974. Il est  un rescapé de la dictature grecque, dans les années 70 . Ils deviennent amis malgré leur différence d'âge, c'est le militantisme qui les réunis. "Il avait 34 ans, Aurore 22, et j'en avais 24. Il serait comme mon frère. Et elle allait devenir ma femme."
 C'et quelques années plus tard Sam revient du Liban malade, il va mourir. Il demande à Georges d’achever le projet fou qu’il a commencé à monter : Antigone à Beyrouth, sur la ligne de front, avec pour chaque personnage un représentant des camps qui s’opposent dans le conflit armé qui règne sur la région. Georges va relever le défi.  Il va tout faire pour que cela fonctionne. Il veut que ses comédiens disent un texte qui n'est le leur, en disant ce texte il baise les arme.  Georges part, il  quitte sa femme et sa fille Louise et part dans ce pays en guerre.  Il revient du Liban où il a vu l'horreur. Difficile de vivre dans un pays où la paix règne, il est comme un somnanbule, maladroit avec les siens.
Beau symbole de la clef " Une bourse dorée pendait sur le côté, accroché à une clef rouillée, longue comme ma main. J'ai reconnu la bourse. La terre palestinienne que Sam avait offerte. Et aussi la clef de 1948. Celle qui fermait la maison familiale de Jaffa, emportée en exil par ses grands-parents."

Un très beau roman intense et plein d’humanité. C'est un roman poignant, une claque en pleine figure, sensible, émouvant magnifique ! Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi fort !

En complément lire le très beau billet d'Anne Sophie : La lettrine 


1 commentaire:

Philisine Cave a dit…

Il fait partie de mes rares coups de cœur. J'ai aimé les turpitudes du héros, ses renoncements, ses convictions, sa faiblesse. Très fort !