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mercredi 28 janvier 2015

DAI SIJIE : Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

"Deux mots sur le rééducation : dans la Chine rouge, à la fin de l'année 68, le Grand Timonier de la Révolution le président Mao, lança un jour une campagne qui allait changer profondément le pays : les universités furent fermées et "les jeunes intellectuels" c'est-à-dire les lycéens qui avaient fini leurs études secondaires, furent envoyés à la campagne pour être "rééduqués par les paysans pauvres. "
Dans la Chine de Mao dans les années 70,  La Révolution culturelle a exilé dans la montagne deux adolescents Luo et le narrateur. La vie est rude et laborieuse. 
Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelques films à se raconter, mais cela fait bien peu. Jusqu'à ce que, par miracle, ils tombent sur un roman de Balzac : petit livre à lire en cachette, tellement dangereux, mais tellement magique, qui changera le cours de leur vie en leur ouvrant la porte de la fille du tailleur, en rendant possible ce qui ne l'aurait jamais été... Il fallait oser confronter le monde de Balzac et la Chine de Mao. 

"Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement . A l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë ... Quel éblouissement ! Il referma la valise et, posant une main dessus comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde."

Ce roman est un hymne à la liberté et à la puissance des mots. Le passage où Luo et son ami essaye de voler la valise de livres  au Binoclare ne  manque pas d'humour. C'est un roman initiatique, très sensuel, la sensation de liberté est très bien décrite, dans un contexte historique précis: celui de la révolution culturelle de Mao en 1971.   Tout simplement un petit livre  qui se lit agréablement. 

3 commentaires:

Cristie a dit…

Je l'ai eu entre les mains ce week end mais je l'ai reposé !

BlueGrey a dit…

Ce roman est un bel hommage à la puissance de la littérature et à l'espace de liberté et de rêve qu'ouvrent les livres...

Malice a dit…

Oui tout à fait Blue Grey !