Pages

samedi 25 octobre 2014

IVAN TOURGUENIEV : Premier Amour

Il y a peu j'ai rendu visite à Tourgueniev, en allant visiter sa maison transformée en musée à Bourgival dans la  région parisienne. 
Ivan Tourgueniev est le plus français des écrivains russes. Il a vécu dans sa Datcha à Bourgival à partir de 1875 à sa mort en 1883. Il a vécu pendant quarante près de la famille Viardot. Et Pauline fut le grand amour de sa vie. C’est à Saint-Petersbourg en 1843 qu’il l’entend chanter pour la première fois dans le rôle de Rosine du Barbier de Séville.
Pauline Viardot est la fille d’un ténor Manuel Garcia et d’une soprano. Elle est la sœur cadette de Maria Garcia célèbre cantatrice, la Malibran.Tourgueniev encontre chez les Viardot tous les grands musiciens de l’époque : Chopin, Gounod, Berlioz, Franck, Massenet, Fauré, Bizet
Louis Viardot  le mari de Pauline est hispaniste, historien d’art. Il fréquente l : Delacroix, Corot, Doré… qu’il présente à Tourgueniev. Fin lettré, il connaît bien le russe. Il diffuse l’œuvre de Tourgueniev en France et aidé de celui-ci, il traduit des romans russes dont Eugène Onéguine de Pouchkine. 
Paulinette est la fille illégitime de Tourgueniev . Elle fut élevé en partie par Pauline Viardot. Pendant la période de Bougival, Tourgueniev passe environ neuf mois de l’année entre la datcha et la rue de Douai à Paris, où il a un appartement près des Viardot, et trois mois en Russie.

Tourgueniev est issu par sa mère de la vieille noblesse russe. Elle possédait 10 villages et 5 000 âmes à Spasskoie à 300 km de Moscou. Il fit des études de lettres et de philosophie à Moscou, Saint-Pétersbourg et Berlin.



Franz Xaver WINTERHALTER,
 portrait de Pauline Viardot


Ce court roman ou longue nouvelle :


Premier Amour 

est une oeuvre d'inspiration tristement autobiographique, sur la rivalité amoureuse entre un père et son fils. Un texte déchirant et sublime. "Dans Premier amour j'ai représenté mon père. Beaucoup me l'ont reproché, et m'ont reproché en particulier de n'avoir jamais songé à le cacher."

Traduit par Edith Scherrer


"A quelques pas devant moi, sur une pelouse bordée de framboisiers verts, se tenait une jeune fille, grande et élancée, vêtue d'une robe rose à raies et coiffée d'un petit fichu blanc ; quatre jeunes gens faisaient cercle autour d'elle"

Seize ans! le bel âge pour Vladimir Pétrovitch. Zinaïda en a vingt et un. Elle prend plaisir à l'appeler monsieur Voldémar. Il porte encore veste courte col rabattu: un enfant amoureux de la jeune princesse pour l'avoir vue par-dessus la palissade de son domaine. Premier amour, premiers tourments. Tour à tour, il connaît la tristesse, l'exaltation subite, l'allégresse trouble, l'espoir et la crainte selon l'humeur de Zinaïda. D'abord insouciante, coquette, la jeune fille devient froide, mystérieuse. Vladimir songe à un rival secret. Il s'étonne de la voir caracoler à cheval avec son père et d'étranges soupçons l'envahissent. Mais comment s'y arrêter.. L'amour est aveugle et Vladimir inconscient du drame qui se joue à ses côtés.

L'auteur décrit a merveille les sentiments qu'éprouve le jeune homme, d'abord la rencontre et puis le désir de la voir tout le temps, l'envie que la jeune fille vous remarque et surtout la jalousie que vous éprouvez de la voir entouré d'autres hommes...
La belle Zenéaïde est un très beau hommage à la cantatrice Pauline Viardot-Garcia, le grand amour de Tourguéniev
C'est une très belle découverte et un vrai dépaysement, ce livre est une petite merveille. Un parcours initiatique qui va faire de l'adolescent un homme. J'ai passé un très beau moment de lecture, coup de cœur !

5 commentaires:

Anis a dit…

J'avais vraiment beaucoup aimé également...

Karine:) a dit…

C'est beau hein! J'ai beaucoup aimé aussi. Je trouve ça universel comme histoire .

Malice a dit…

@ Anis : Oui cela ne m'étonne pas !
@ Karine :) : Tout à fait le style est véritablement élégant en plus. Magnifique !!!!

FondantOchocolat a dit…

Je l'ai lu l'an dernier pour le travail et j'avais été très agréablement surprise, alors que je m'attendais à un récit ennuyeux. Eh non ! :-)

Dylan Lockhart a dit…

Je ne savais même pas qu’Ivan Tourgueniev avait séjourné suffisamment longtemps en France pour que sa maison préservée et transformée en musée ! La prochaine fois que je monte à Paris, je ne le raterai pas, merci pour la découverte :)
Quant à son œuvre Premier Amour, l’édition que j’aie présente aussi Nid de Gentilhomme et même si Premier Amour est une très belle "nouvelle", j’avais nettement préféré Nid de Gentilhomme (j’ai ri, j’ai versé quelques petites larmes et le couple m’a donné des coups au cœur), mais Premier Amour a l’avantage d’être empreint d’un côté autobiographique, réaliste et rapproche donc de l’auteur.

Je trouve que Tourgueniev n’est malheureusement pas assez connu en France mais je traque ses romans depuis cette découverte !