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samedi 15 février 2014

JEAN RHYS : BONJOUR MINUIT

Préface de Geneviève Brisac 
Traduit par Jacqueline Bernard

Ce roman de Jean Rhys est un portrait de femme désespérée, attirée par les hommes. Sasha est une femme perdue comme les autres héroïnes de Jean Rhys, qui fréquente les cafés.
Sasha loge dans une  chambre d’hôtel bon marché dans une impasse à Paris. Elle erre toute la journée entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, s’arrêtant selon l’heure dans des cafés, des restaurants.
Elle a vécu vingt ans plus tôt un grand amour  avec  Enno et cela fut une déception amoureuse,  elle a perdu un bébé, a occupé divers emplois incertains. Elle évite les rues et les cafés d'autrefois, mais elle est rattrapée par le passé. Elle accueille les rencontres que lui propose le Montparnasse d'avant-guerre. elle accueille même, avec un mélange d'agressivité et de désespoir, ce jeune homme rencontré au dôme - et qu'elle appelle "le gigolo" - qui la prend pour une riche anglaise à cause de son manteau de fourrure. elle sent revivre son coeur d'autrefois mais, incapable de vivre comme de mourir, elle ne trouvera d'issue que dans une dernière parodie d'amour.
" Pleurer à cause d'un chagrin d'amour, et puis, juste après pleurer parce que ce serait bien d'avoir une robe neuve. Les microscopiques mouvements de nos âmes puériles, elle n'en cache rien, tant pis pour ceux que ça dérange, c'est ainsi que nous sommes , je ne crois en l'humanité, dit souvent Jean Rhys, je ne crois qu'à l'amour, et en plus je déteste les sermons." Geneviève Brisac

En lisant Jean Rhys j'ai trouvé que sa sensibilité littéraire est proche de celle de Violette Leduc.
Jean Rhys décrit avec des petites phrases courtes et une grande économie de mots la détresse de cette femme qui aurait voulu avoir une vie normale, convenable et qui ne ressent que de la honte. Un roman très touchant et très autobiographique écrit par une romancière peu prolixe, redécouverte dans les années soixante en Grande-Bretagne et qui est désormais un classique du XXème siècle.
Ce titre de Jean Rhys vient de ressortir chez Denoël collection empreinte avec une préface de Fanny Ardant. 

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