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jeudi 13 février 2014

GLADYS HUNTINGTON : Madame Solario

Un mystère entoure la personnalité de l'écrivain anonyme qui a publié en 1956 ce roman, salué alors par une critique unanime comme un événement littéraire d'une exceptionnelle importance. « Madame Solario » est un de ces livres ensevelis dans l’oubli, au charme unique, et dont l’auteur est longtemps resté inconnu.
Bel exemple d’occultation littéraire, « Madame Solario » se double d’un anonymat inquiétant et d’une stratégie d’écriture peu commune. De quoi attiser la curiosité des amateurs, pendant un an, Bernard Cohen est allé enquêter dans le Sussex.  Il y a peu le roman a été réédité, avec, en première mondiale, mention de la signature de l’auteur !

Gladys Huntington, est une romancière américaine d'un unique roman connu, Madame Solario. Bernard Cohen fait un rapprochement entre Gladys Huntington et Olivia autre roman sulfureux. « Une femme ayant voulu l'anonymat mais aussi tentée par la célébrité. Une femme à laquelle les lauriers amers de la consécration littéraire ont été refusés au dernier moment, et qui décidera alors de ne plus vivre.»


James Tissot


Traduit par Renée Villoteau
Préface de Benard Cohen
Postface de Marcel Brion

Début du XXe siècle, année 1906 plus précisément, sur les bords du lac de Côme en Italie, l'aristocratie européenne prend des vacances. Balades en canot sur le lac, thé, bals mondains, la riche société se la coule douce dans un paysage de rêve et d'insouciance. Le début du roman fait penser à l'insouciance d'une époque que l'on rencontre chez Zweig, l'on peut penser à Henry James aussi.  Bernard Middleton, un jeune Anglais, profite de ses dernières semaines de vacances en Italie avant de retourner dans son pays, pour entrer dans le monde de la banque afin de satisfaire ses parents. Il est sous le charme de Natalia Solario, de près de dix ans son aînée. Le comte Kovanski, un Russe de Saint-Pétersbourg aussi mystérieux qu'antipathique. Eugene Harden, frère de Madame Solario débarque à l'improviste. Désormais le frère et la sœur vont former un couple aussi étrange que fascinant . Eugene et Natalia sont liés par un terrible secret, violée par son beau-père, elle a presque été vengée par son frère, qui a blessé au pistolet l'auteur du forfait et depuis le jeune homme a été contraint à un long exil.
  Le roman est construit en trois chapitres . le premier, nous permet de découvrir les lieux enchanteurs de l'intrigue et l'héroïne Madame Solario, par les yeux de Bernard Middleton. Les pages dégagent une sensation de luxe et d'aisance, de calme enchanteur.  J'ai beaucoup aimé cette première partie, je l'ai trouvé très agréable à lire. Le second partie,  Eugene Harden le frère de Natalia qui se nomme en faite Nelly arrive à l'improviste.  Là un climat de mal être apparaît. Eugene Hardan est un homme  manipulateur et calculateur. J'ai trouvé cette partie longue et ennuyeuse parfois. Dans La troisième partie,  Madame Solario doit fuir en toute vitesse, elle entraîne malgré lui Bernard Middleton.  Avec cette troisième partie, j'ai trouvé que le roman reprenait un souffle nouveau. C'est un roman assez étonnant qui tourne autour de l'inceste, du secret du fantasme, l'ambiance est feutrée et l'on retrouve l'ambiance d'un monde à la dérive. Un roman qui a beaucoup marqué de nombreux écrivain comme Marguerite Yourcenar. J'ai bien aimé ce roman a beaucoup de charme, sans non plus un roman exceptionnel, mais tout de même assez étonnant.



Adaptation cinématographique par René Feret

Milieu inconscient de richesse, où tout est dans l'apparence.
Marie Féret : Natalia Solario (Ellen « Nelly » Harden)
Cyril Descours : Eugène Harden
Harry Lister Smith : Bernard Midelton
Salomé Stévenin : Missy Vlamink
Andrei Zayats : Kovanski
Lisa Féret : Martha Leroy
Christophe Rossignon : le marquis Griset de Florel
Arianna Pollini : la Marquise
Mona Heftre : la mère de Missy
Marc Barbé : le médecin à l'hôtel Bellevue


Madame Solario (jouée par la propre fille de Féret) est une jeune divorcée qui affole tous les hommes. 

J'ai trouvé pour ma part que René Féret a trouvé la note juste pour traduire l'univers de Madame Solario. 
Il a su reconstituer l'atmosphère d'une époque révolue sans tomber dans le fastueux et la débauche de moyen. 

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