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mardi 29 octobre 2013

JEAN COCTEAU : OPIUM

 Cette année 2013, 
cinquantenaire de sa mort (1963)

Opium est un journal sur l'une de ses désintoxication d'opium. En décembre  du 16 décembre1928 jusqu'au mois d'avril 1929, Jean Cocteau entre à la clinique de Saint-Cloud où il doit subir une cure. Il l'entame cinq ans après la mort de Raymond Radiguet.  Il en profite pour écrire les Les Enfants terribles . " Écrire pour moi, c'est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu'elles fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l'écriture devienne dessin." Ce journal est aussi une réflexion sur la littérature et ses écrivains Proust, Raymond Roussel entre autre. " Proust, grâce à sa fortune, vivait enfermé avec son univers, il pouvait se payer le luxe d'être malade, il était en fait, malade par possibilité de l'être ; asthme nerveux, éthique sous forme d'hygiène fantaisiste, amenant la maladie véritable et la mort. La fortune de Roussel lui permet de vivre seul, malade, sans la moindre prostitutions. Sa richesse le protège. Il peuple du vide. Son œuvre n'a pas une tache de graisse. Il est un monde suspendu d'élégance, de féerie, de peur." Il évoque aussi le cinéma : Buster Keaton, Chaplin, Eisenstein, Buñuel, la poésie,  la création, l'art.
"Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer l'opium, c'est quitter le train en marche ; c'est s'occuper d'autre chose que de la vie, de la mort." Ainsi Jean Cocteau retrouve-t-il la grande tradition des poètes visionnaires, de Quincey, Baudelaire, et surtout Rimbaud.
Il évoque Alain- Fournier, il le met en parallèle avec Raymond Radiguet. " Le grand Meaulnes. Le Diable au corps. Le bon élève Fournier ; le mauvais élève Radiguet. Ces deux myopes qui sortaient à peine de la mort et y rentrèrent bien vite, ne se ressemblaient pas, mais leurs livres communiquent le mystère du règne enfantin, plus inconnu que le règne végétal ou animal. Franz en classe, Franz cavalier blessé, Franz en maillot d'acrobate, le somnambule Augustin Meaulnes, la folle sur le toit, Yvonne et Marthe détruite par l'enfance terrible;" " Opium est un journal  de lucidité, il répond  à la maxime d' OscarWilde : " le seul crime est d'être superficiel, tout ce qui est compris est bien." 
Un journal, intime, saisissant et  émouvant de simplicité. Cocteau a été très marqué par le suicide de son père quand il avait six ans, il est question de son père dans Opium . Il évoque sa mémoire à sa manière si poétique.  Nombreux sont dans ce journal les dessins de Cocteau autour de sa désintoxication. Ce journal est une réflexion sur la drogue. L'on retrouve tout son univers aussi, et c'est magnifique !!!!

J'ai vu le film d'Arielle Domsballe, il est audacieux, original musical et chantant. Les passages en N&b sont un bel hommage à Cocteau. Mais, ce film ne m'a pas enthousiasmé et n'a pas su me convaincre, dommage !

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