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mercredi 10 juillet 2013

YOKO OGAWA : le musée du silence





Traduit par Rose-Marie Makino Fayolle


Un jeune muséographe vient d'entrer en fonction dans un manoir aux confins du monde. Sous la direction d'une vieille femme plutôt étrange, il devra recenser, agencer, mettre en scène une véritable collection d'objets, de reliques du quotidien, de vestiges d'une intimité disparue et pourtant soutirée depuis des années aux défunts du village voisin.
"- J'ai décidé, chaque fois que quelqu'un meurt au village, de me procurer l'objet qui caractérise au mieux la personne."
Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, le devoir de mémoire, les souvenirs, l'oubli... Collecter l'objet d'un défunt pour lui éviter l'oubli total.Un objet résumé d'une vie.
Aucun personnage n'a de prénoms et de noms, nous ne savons pas non plus quand à lieu cette histoire à qu'elle époque. L'univers de ce roman est étrange, fantastique, un peu roman policier.
Il m'a rappelé la lecture d'un autre roman de Yoko Ogawa :
L' Annulaire. L'ambiance est pesante, oppressante, les bruits semblent absorbés, les personnages étrangement résignés. Yoko Ogawa fait un parallèle très intéressant entre le silence des morts et celui du monastère, le silence religieux intérieur.
" - Ce n'est pas tabou de parler à l'intérieur du monastère ? questionnai-je
- Il n'est absolument pas interdit de bavarder. Les gens de l'extérieur ou les novices comme moi parlent. Les prédicateurs sont à la recherche du silence, pas de l'interdiction de parole. Le silence doit exister en nous, pas autour. 
C'est vraiment un très beau roman que ce musée du silence, qui nous emporte dans un univers hors du temps. " 
Je vous invite à lire un billet très intéressant ici.

2 commentaires:

Lou a dit…

J'ai découvert Ogawa avec ce roman et tu me donnes très envie de le relire... mais tu connais ma fascination pour cet auteur que je retrouve toujours avec un plaisir particulier...

Malice a dit…

Il est certain que c'est un auteur fascinant, je suis bien d'accord avec toi ;-)
Et c'est toi m'a conseillé de lire ce roman d'Ogawa;-)