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vendredi 5 avril 2013

JEAN RHYS : Quai des Grands-Augustins

Traduit  par Jacques Tournier

Julia Martin, une anglaise de trente-six ans, est abandonnée par son amant. Elle quitte son amant Mr Mackenzie, elle s'installe  dans  un petit hôtel parisien de la rive gauche. 
C'est un personnage de femme meurtrie, l'on retrouve le même climat que dans " Voyage dans les ténèbres. " Ce roman évoque l'angoisse, la solitude, le manque d'argent. L'ambiance qui règne dans ce roman est lourde bien sûr mais elle croit à la vie " La fenêtre était grande ouverte sur le jardin. La pièce était inondée de soleil, qu'une sorte d'éclat gris vint assourdir, avant d'être brusquement envahie par les ombres. "Vivre est tellement doux, tellement agréable, oh ! oui, tellement agréable."Elle demande de l'aide à sa famille en retournant à Londres. Et là elle rencontrera peut-être un type qui lui donnera un peu d'argent. Elle revoit sa mère mourante :" Julia était assise, et elle se souvenait qu'elle avait adoré sa mère, dans sa petite enfance ; que sa mère avait représenté le centre du monde, et la chaleur du monde ; qu'elle avait adoré regarder sa mère se brosser les cheveux , qu'elle gardait très longs, et c'était vers ces cheveux qu'elle tâtonnait, lorsqu'elle avait soif de chaleur, ou soif de caresses ..." " Et cette mère, qui avait été le centre du monde, s'était lentement transformée en une femme sévère, austère, assez lourde, qui avait des ennuis, et vous giflait sans qu'on sache pourquoi. " Les rapports complexes entre une mère et sa fille. 
Mais doit elle vivre à Paris ou à Londres ? 
L'écriture de Jean Rhys saisit le lecteur, une chape de plomb pèse sur les frêles épaules de Julia. J'ai été véritablement transi par l'écriture de Jean Rhys encore une fois. 
Complément voir chez Une lyre à la main.

Lu dans le cadre du challenge d'Anis et de Titine (Londres)

5 commentaires:

La Lyre a dit…

Quel plaisir de lire le billet d'une autre fan de Jean Rhys! Elle mériterait vraiment d'être davantage lue...

Titine a dit…

Je suis entièrement d'accord avec La Lyre, Jean Rhys n'est malheureusement pas assez lue. j'avais beaucoup ce roman qui, comme toi, m'avait touchée.

Marc Lef a dit…

Oui, je l'ai lue, et dans cette collection. Mes souvenirs sont assez lointains, mais je crois me souvenir avoir bien aimé...

Anis a dit…

je pense comme "la lyre" que Jean rhys mérite davantage de lecteur, c'est bien que ce challenge et geneviève Brisac permette de la rendre plus visible.

Malice a dit…

@ à tous, oui Il faut reconnaître que Jean Rhys est un écrivain méconnue; Moi j'apprécie et j'avais lu il y longtemps "Quartet"(l j'avais aussi aimé l'adaptation de James Ivory avec Isabelle Adjani) Ses romans sont assez sinistres, des histoires de femmes perdues (folle, détruite, névrosé) femmes dépressives. Mais, moi en tout cas en tant que lectrice, je suis fascinée par son écriture pointue et sans fioriture. Avec une économie de mots elle sait camper un personnage. Et pour ma part cela n'est pas étonnant qu'elles ne soient pas un écrivain populaire ou lue par un large public. Mais bon si grâce à un challenge (puisque c'est la grande mode) elle est lu, pourquoi pas, après tout !