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jeudi 30 août 2012

MARGUERITE DURAS : Le ravissement de Lol V.Stein

Je me désintéresse pour le moment de la rentrée littéraire 2012, j'ai envie de profité de la fin de mes vacances à la lecture d'un grand classique de Marguerite Duras : "Le ravissement de Lol V. Stein". Je n'ai jamais lu ce roman dont rien que le titre est magnifique et il est une porte ouverte, à une histoire de passion amoureuse. Lol V. Stein a dix-neuf ans, né à S.Tahla quand elle se fiance à Michael Richardson il a vingt-cinq ans. L'histoire commence au bal du Casino de T-Beach, quand une femme entre dans la salle et que Michael Richardson  abandonne instantanément Lol pour partir avec. Cette femme se nomme Anne Marie Stretter, c'est une inconnue, une femme troublante et mystérieuse. " Qui était-elle ? On le sut plus tard : Anne-Marie Stretter. Était-elle belle ? Quel était son âge ? Qu'avait-elle connu, elle que les autres avaient ignoré ?"" Avait-elle regardé Michael Richardson en passant ? L'avait -elle balayé de ce non-regard qu'elle promenait sur le bal ? "
   Plus loin dans le roman, l'on apprend qu'elle est française et qu'elle est la femme du consul de France à Calcutta. Jean Bedford a été le témoin de cette scène du bal.  Elle va se marier avec Jean Bedford, avec lui elle a trois enfants, elle habite U. Bridge. " Un jour d'octobre Lol V. Stein se trouva marié à Jean Bedford." Il est musicien, il joue du violon. Elle revient à S.Tahla, dix ans plus tard, elle revient sur les lieux du crime de l'amour, elle retrouve son amie du collége Tatiana Karl. Cette dernière était présente le soir au bal au Casino de T-Beach. Elle a plusieurs amants dont Jacques Hold. " Je suis devenu maladroit. Au moment où mes mains se posent sur Lol le souvenir d'un mort inconnu me revient : il va servir l'éternel Richardson, l'homme de T. Beach, on se mélangera à lui, pêle-mêle tout ça ne va faire qu'un, on ne va plus reconnaître  qui de qui, ni avant ni après, ni pendant, on va se perdre de vue, de nom, on va mourir ainsi d'avoir oublié morceau, par morceau, temps par temps , nom par nom, la mort." Lol est une femme étrange tout lui échappe son fiancé, son mari et son amant. Elle est perpétuellement en fuite. Elle est marquée à vie par cette fameuse scène du bal, elle a une soif de voir vivre les autres c'est un besoin pour elle. 
Roman envoûtant et important dans l'œuvre de Marguerite Duras, un roman pour ma part difficile d'accès, c'est un roman de l'impersonnalité, dépersonnalisation des personnages. abolition des sentiments.  Histoires de couples qui se font et se défont. Malgré tout si je n'ai pas tout saisi, j'ai été sous le charme de la musique de Duras qui est celle d'une valse. L'ambiance est très visuelle, très cinématographique et très sonore aussi, l'importance des voix. C'est un roman difficile d'accès car, c'est un roman où les mots ont une signification, le ton du roman est très particulier, le lecteur le sent très bien ce ton, cette musique propre à un grand écrivain. D'ailleurs dans "La vie matérielle" elle dit ceci" Écrire ce n'est pas raconter des histoires. C'est le contraire de raconter des histoires. C'est raconter tout à la fois. C'est raconter une histoire et l'absence de cette histoire. C'est raconter un histoire qui en passe par son absence. Lol V. Stein est détruite par le bal de S. Thala. Lol V.Stein est bâti par le bal de S. Thala." 
Durant ma lecture, je me disais qu'il faut aller chercher dans la biographie de Marguerite Duras pour percer quelques mystères. Car, dans un premier temps, si toute fois l'on s'intéresse à cette grande romancière, son écriture n'est pas la même suivant le déroulement de sa vie. Alors, je me suis décidé de me replonger dans la très bonne biographie de Laure Adler : Marguerite Duras (lu il y a pas mal de temps déjà, que j'avais trouvé passionnante). J'obtiens quelques réponses à mes questionnements déjà concernant les deux prénoms féminin Lol et Tatiana. "Alors elle commence à écrire une conversation entre deux personnes, deux actrices qu'elle aime, Loleh Bellon et Tatiana Moukhine.  "J'entends leurs voix en écrivant, (en effet à la lecture du roman les voix tiennent une grande importance, Le ravissement de Lol V. Stein est pour moi un roman sonore) je ne sais pas où je vais . C'est très amusant." Elle rédige se roman durant l'été 1963, à Trouville et à cette époque elle vit avec Gérard Jarlot, leur relation est complexe voir ici la raison . Elle a rencontré le personnage de Lol dans un asile lors d'un bal. " Marguerite Duras savait, dès le début, que ce roman allait l'entraîner loin d'un récit traditionnel, des règles habituelles de la psychologie, loin du sens commun. "Elle a écrit ce roman sans boire une goutte d'alcool, elle s'est trouvé autre. La folie lui est devenue familière. 
Complément voir la vidéo de l'Ina  - À lire l'excellente biographie de Laure Adler qui permet de mieux comprendre l'œuvre de Marguerite Duras. 

2 commentaires:

maggie a dit…

C'est un souvenir lointain mais j'avoue que je n'ai pas tout saisis non plus des enjeux de ce roman. A part un barrage dans le pacifique ( très traditionnel côté de la narration), je ne suis pas attirée par l'oeuvre de cette romancière...

Denis a dit…

oui une de ses oeuvres maitresses et je commence cette série MD avec en complément la biographie de Laure Adler sublime