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vendredi 24 août 2012

PATRICK MODIANO : L'HORIZON


J' ai une passion pour sa fameuse "petite musique" depuis que je suis adolescente c'est à dire depuis des lustres. Les personnages de ses romans ressemblent à des fantômes hantés par le passé, en particulier l'occupation, les cafés, les numéros de téléphones, l'Algérie, les années 60 ... de livres en livres l'on retrouve la même atmosphère, c'est pour cela que l'on aime son écriture retrouver la même petite musique de livre en livre. Un Pedigree est un roman des plus personnels de Modiano. À la lecture de ses romans il ressort une mélancolie. Ses romans donnent souvent l'image d'une déambulation interminable, d'une quête sans but. Une écriture a tâtons, comme le débit de sa voix qui tâtonne, hésite,  impression d'images nettes et floue à la fois. "Depuis quelque temps Bosman pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés, net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n'étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans une présent éternel."Répétition d'un livre à un autre, impressions de toujours écrire le même livre.  Le plus beau livre de Modiano est pour moi Dora Bruder, pour son parfum mystérieux, c'est véritablement un livre magnifique. 

" Pour la première fois il avait dans la tête le mot avenir, et un autre mot : l'horizon. Ce soir-là, les rues désertes et silencieuses du quartier étaient des lignes de fuite, qui débouchaient toutes sur l'avenir et l'HORIZON."
Avec son roman "l'horizon" le temps est intemporel, mélange du passé et le présent., c'est un voyage dans le temps et dans les lieux  Paris, Annecy, la Suisse, Berlin"- Le présent est toujours plein d'incertitudes, hein ? Vous vous demandez avec angoisse ce que va être le futur, hein ? Et puis le temps passe et ce futur devient du passé, hein ?"   Jean Bosmans travaille dans une librairie ésotérique, un garage sert d'entrepôt. Il retrouve  de Margaret Le Coz, une jeune femme secrète avec laquelle il a partagé, dans sa jeunesse, quelques mois de sa vie. Margaret est personnage  romanesque, mystérieuse dans ce roman de Modiano, elle est née à Berin, elle a vécu à Annecy, c'est là elle a été suivi par Boyaval. En Suisse, elle a été gouvernante et c'est à Paris qu'elle rencontre Jean Bosman et qu'elle décroche un emplois de bureau. Il a très peur d'"Une femme aux cheveux rouges et au regard dur, un homme brun l'air d'un prête défroqué." de rencontrer ce couple et cette peur revient à plusieurs reprise dans le roman. Et Margaret a aussi peur d'être poursuivit "Il se proposait à l'insu de Margaret, de neutraliser ce Boyaval comme il avait neutralisé la femme aux cheveux rouges- sa mère, paraît-il - et l'homme vêtu de noir dont il hésitait à dire s'il avait l'allure d'un prêtre défroqué ou d'un faux torero.", elle se sent menacée par un homme qui deviendra agent immobilier à Bercy.  Cette menace donne l'impression d'être dans un roman d'espionnage, qui n'en est pas vraiment un. 
Jean Bosman est comme l'écrivain Modiano il écrit ses roman sur des cahiers et une femme Simone Cordier (dans le roman L'horizon) lui dactylographie son roman.

C'est un roman touchant, avec quelques miettes d'humour, sur les retrouvailles d'un amour de jeunesse. " Une fille marchait devant Bosman en poussant une voiture d'enfant et elle avait, de dos la même silhouette que Margaret." Modiano découvre la modernité et comment avec internet on peut retrouver des personnes que l'on avait perdu de vue. " Il longeait maintenant la rue de Bercy. Il était entré la veille dans l'un de ces café où l'on consulte Internet." Le roman se termine à Berlin, il tente de retrouver Margaret qui le hante toujours. Je trouve que la fin est étrange elle ne me satisfait pas complètement, elle est remplit de mystère. En tout cas la musique si particulière de Modiano est bien là avec de très beaux passages. Puis, lire Modiano s'est visité un Paris rêvé qui n'existe plus, la nostalgie d'un Paris, ses cafés et ses odeurs si particulière. Pour ma part je trouve, l'écriture de Modiano très attachante et généreuse.

À lire  en complément un très beau papier de Jérôme Garcin  et puis chez Titine aussi, un très bon billet aussi ici

5 commentaires:

Mirontaine a dit…

Il est très beau ton billet et je me dis qu'il est grand temps de me plonger dans un roman de Modiano.

Mon Carmadou a dit…

Nous partageons la même passion pour la petite musique de Patrick Modiano qui doit sortir un nouveau roman à l'automne...
Sur Modiano, il y a un livre passionnant "Gare Saint-Lazare ou ennemis intimes" de Betty Duhamel. C'est la fille de Georges Duhamel, elle a connu Patrick Modiano avant qu'il ne soit écrivain, nous le reconnaissons parfaitement à travers le personnage du roman. Il était grand et vouté. Le problème principal de cet ouvrage c'est qu'il n'est plus édité, il est evenu quasi introuvable...

In Cold Blog a dit…

Modiano et sa "musique"... depuis le temps que j'en entend parler, il faudrait peut-être que je finisse par y accorder une oreille curieuse un de ces jours...

Malice a dit…

@ Mirontaine : Merci beaucoup !
@ Mon Carmadou : Merci pour la nouvelle modianesque oui un nouvel opus fin octobre ma dit aussi une autre fan de l'auteur ;-)
@ ICB : Oui, c'est vraiment un auteur à découvrir, je pense enfin j'espère que tu seras séduit ;-)

Sous les galets a dit…

J'ai aussi une grande passion pour Modiano même si "l'Horizon" n'est pas mon roman favori. Mais vous en parlez bien. Merci