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samedi 13 août 2011

MARCEL PROUST: Un amour de Swann




Appartient au 1er Tome de la Recherche :
" Du côté de chez Swann"
Les grands thèmes de cette deuxième partie sont l'amour et la jalousie. Swann tombe amoureux d'Odette de Crécy, c'est une demi-mondaine originaire de Nice. Il fréquente le même salon qu'elle, celui des Verdurin, des petits bourgeois snobs.
" Quand Mme Verdurin avait annoncé qu'on aurait dans la soirée, M. Swann : "Swann ?" s'était écrié le docteur
d'un accent rendu brutal par la surprise, car la moindre nouvelle prenait toujours plus au dépourvu que quiconque cet homme qui se croyait perpétuellement préparé à tout. Et voyant qu'on ne lui répondait pas :" Swann ? Qui ça , Swann !" hurla-t-il au comble d'une anxiété qui se détendit soudain quand Mme Verdurin eut dit : " Mais l'ami dont Odette nous avait parlé. - Ah ! bon, bon, ça va bien" répondit le doctuer apaisé."
Swann est un homme smart, un grand séducteur et un homme cultivé un passionné d'art. Ambiance comique chez les Verdurin, des riches bourgeois. Passage savoureux celui de la "Sonate pour piano et violon de Vinteuil". " Même cet amour pour une phrase musicale sembla un instant devoir amorcer chez Swann la possibilité d'une sorte de rajeunissement." Swann est fasciné par cette phrase musicale. Cette sonate est pour Swann sa petite madeleine, il l'entend et des souvenirs lui reviennent. Ces souvenirs sont sensuels et liés à Odette. Un soir Swann recherche en vain Odette dans tous les restaurants et bars de la capitale. Swann est fou amoureux d'Odette "la métaphore "faire catleya" ...." faire l'amour""C'est un roman avant tout esthétique, l'art et le sentiment amoureux sont intiment liés, ne font qu'un. Un catleya est une variété d'orchidée. 
© Alice Théaudière
Nostalgie de Combray :
" Et il avait beau traverser une ville de pierre pour se rendre en quelque hôtel clos, ce qui était sans cesse devant ses yeux, c'était un parc qu'il possédait près de Combray, où, dès quatre heures avant d'arriver au plant d'asperges, grâce au vent qui vient des champs de Méséglise, on pouvait goûter sous une charmille autant de fraîcheur qu'au bord de l'étang cerné de myosotis et de glaïeul, et où, quand il dînait, enlacées par son jardinier, couraient autour de la table les groseilles et les roses."
Mais Odette le trompe, Swann souffre de la jalousie, mais finit avec le temps par se détacher d'elle. Odette est attachée à Forcheville. Je trouve que quand Marcel Proust aborde la jalousie qu'il a envers Odette il s'opère dans son écriture comme un changement de ton. Swann est rongé par la jalousie, elle le rend malade voir paranoïaque, c'est un véritable poison. Apparition de M.de Charlus, il est l'ami de Swann ce dernier apprécie quand Odette est avec lui. Charlus a emmené Odette au Chat Noir. Charlus, Mémé comme il l'appel est son ami, son complice.
© Paul Cesar Helleu

Toute cette histoire de Swann, d'Odette, des Verdurin, se passe avant la naissance du narrateur . Oui, je trouve que ce premier volet de Proust est drôle (pas hilarant) plutôt comique, un comique qui fait sourire, c'est une critique du snobisme de ce qui est "chic". Proust qui a beaucoup fréquenté les milieux mondains c'est à merveille faire leurs portraits y voir leurs défauts comiques. Elstir est le peintre de la recherche comme Vinteuil est le compositeur. Nombreux passages sublime concernant la musique. La douce rêverie figure dans le roman surtout vers la fin." Swann aimait beaucoup la princesse des Laumes, puis sa vue lui rappelait Guermantes, terre voisine de Combray, tout ce pays qu'il aimait tant et où il ne retournait plus pour ne pas s'éloigner d'Odette."
Un amour de Swann nous présente les grands thèmes de la Recherche ainsi que les principaux personnages ( le snobisme, la mémoire, le temps, l'amour et la jalousie, ainsi que les nombreuses références à l'art). 
Mes impression sur " Un amour de Swan" est très modeste tellement il y a tellement de choses à évoquer. Je ne vais pas être très original non plus en disant qu'il faut prendre son temps pour savourer ces longues phrases, cette musicalité si particulière et qui n'appartient qu'à Proust me semble t-il !
Cette écriture, elle m'éblouit , elle est magnifique. Proust arrive prodigieusement comme un chirurgien décrire toutes la palette des sentiments. J'ai aimé les nombreuses références à l'art le côté très érudit de l'auteur qui est absolument bouleversant et tellement rare dans la littérature.
Mon avis concernant le film par Volker Scholöndorff date (1984)

Je me souviens quand ce film est sortie cela avait grand bruit. Et le film avait été très mal reçu.
Ce film je l'ai vu pas à sa sortie mais peut -être à la télévision et je l'avais trouvé raté.
Je viens de le revoir et voilà ce que j'en pense
il est certain que l'esprit plutôt l'essence même de l'univers de Proust est respecté. Mais je ne trouve toujours pas le film séduisant. Il est certain que c'est la vision de Proust par Volker Scholöndorff, se déroule sur une journée, et il a centré son film sur la jalousie qu'éprouve Swann envers Odette et la passion amoureuse et toute sa palette de sentiments. Il film les personnages proustiens comme un chirurgien, en prenant le parti pris de les filmer de face.
Mais, personnellement je n'ai pas été plus séduite par cette adaptation assez fidèle à l'univers de Proust, mais pas tellement convaincante. Et ce qui fonctionne pas dans le film c'est Delon, je trouve, il m'horripile. Je trouve qu'il en fait trop à mon goût, comme si il n'était pas dirigé, il tire la couverture comme on dit pour que l'on ne voit que lui.

1 commentaire:

Bénédicte a dit…

je viens de terminer Proust contre la déchéance qui est une invitation à lire Proust. Ton article me motive un peu plus encore