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mardi 29 mars 2011

FRANCIS GARNUNG : La Pomme rouge


Un livre que j'ai acheté à Neverland librairie tenue par Mélanie.

Ce roman a été publié deux ans avant Lolita de Nabokov. Le chef-d'œuvre de Nabokov a fait de l'ombre à La Pomme rouge, ce fruit défendu. Et ce roman est tout de même très différent du Nabokov.
Ce roman parle d'un amour entre un homme de trente ans et une enfant de douze ans. Cela donne un roman complexe avec un sentiment d'admiration et répulsion. L'auteur Francis Garnung dit dans un article que l'on peut lire chez Lily ceci : " Je me suis rendu compte que j'étais attiré par les petites filles, à la façon d'un Lewis Carroll. J'aimais leur grâce, leur geste de femme naissante. J'ai eu peur de devenir pédophile. J'ai écrit "la Pomme rouge" pour me dégager de ça."
  La référence aux contes donne  au roman une note originale et poétique. C'est un livre qui peut choquer et mettre très mal à l'aise le lecteur. Il faut faire un effort pour dépasser le dégout premier que l'on peut avoir si l'on prend cette lecture au premier degré. La relation entre François et Guillemette n'est que pureté et ils sont sur un pied d'égalité. Personnellement, je rejoins tout à fait le ressenti de Lily concernant le temps, la barrière entre les âges. Il est au centre de ce roman, grandir vieillir  ce roman ne parle que de cela, aspirer à la jeunesse éternelle. François est envieux de la jeunesse de Guillemette. " Restez à l'âge des poupées, et aimez- moi, comme un nounours : non pour tire , non pour pleurer, mais "pour de bon", avec tout le sérieux que savent prendre les petites personnes comme vous, dans un monde hélas d'où je suis banni."... " J'oublie trop vite ton âge quand je pense au mien."... Rester enfant, c'est un choix pour ne pas vieillir, la jeunesse éternelle " Oui, c'est promis,quand nous serons grands, nous vivrons enfants et nous aurons beaucoup de bonheur." Guillemette dit une chose très juste, oh ! combien exact : "Tu (Guillemette) m'écris aussi : Quand je serai vieille, que j'aurai quarante ans, tu en aimeras une autre de douze ans." Mais François lui dit qu'il n'est pas un satyre. Un passage qui m'avait sourire car il illustre parfaitement l'idée développée par les publicitaires les jeunes filles qui désirent être des femmes, et les femmes de s'habiller en jeune fille.

" Ingénuité bien factice ! Quand toi tu aimes à te déguiser en femme (ne le nie pas, je t'ai vue de ma fenêtre ...), ta mère se déguise en minette, avec socquette, et minijupe. À quand des couettes avec des rubans roses ? S'imagine-t-elle que pour me séduire elle doive imiter sa fille, et sucer son pouce ?"
Mon véritable ressenti concernant ce livre ce trouve dans cet extrais :
" Allons, que cette clandestinité où nous sommes confinés malgré nous augment ce côté trouble du plaisir défendu et nous donne des audaces impensables au grand jour. Et cueillons, comme dirait un Ronsard approximatif, cueillons dès aujourd'hui les roses de demain."
Un livre curieux, délicat dut à sa structure. Ceux sont les lettres de François que nous lisons, ne nous ne connaissons pas les réponses de Guillemette. 


À la lecture de ce livre, comme le souligne encore Lily , l'on pense à l'univers de Balthus. Peintre réputé pour ses tableaux de jeunes filles jouant sur l'idée de l'innocence perdue à l'adolescence. Voilà ce qu'il dit :
« Je vois les adolescentes comme un symbole. Je ne pourrai jamais peindre une femme. La beauté de l’adolescente est plus intéressante. L’adolescente incarne l’avenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. Une femme a déjà trouvé sa place dans le monde, une adolescente, non. Le corps d’une femme est déjà complet. Le mystère a disparu. »
Mais, aussi au cinéma, je pense à Rohmer , le cinéaste réputé pour être celui des jeunes filles en fleur.

3 commentaires:

Lou a dit…

Il pourrait tout à fait m'intéresser, merci Alice pour ce beau billet ! Et je vois que tu choisis bien tes libraires:)

Malice a dit…

Oui même si c'est pas English ?????
Tu as remarqué !

Lily a dit…

Merci Alice pour ce très joli billet que je découvre très en retard (je délaisse un peu mon blog et les blogs en ce moment ;(
Tu as raison de souligner combien le Lolita de Nabokov et La pomme rouge sont différents, hélas le succès du premier a beaucoup désavantagé le roman de Francis Garnung qui n'en reste pas moins une petite pépite, qu'il faut à tout prix découvrir !