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mardi 4 janvier 2011

ANTON TCHEKHOV : Auteur de Théâtre

Depuis très jeune, seize/ dix-sept ans j'ai toujours aimé Tchékhov. Je me vois encore entrain de ses pièces de théâtre, les plus connus en tout cas : La Mouette, la Cerisaie, les Trois sœurs pièces que j'ai vu en suite au théâtre avec un immense bonheur.
(1860/1904) est un auteur dramatique à placer au même rang que William Shakespeare. Ses pièce sont des comédies sur la terrible dérision de l'existence. Les personnages de Tchekhov s'ennuient, il s'est mieux que personne décrire cette mélancolie existentielle. Ils sont des personnages extravagants, les espoirs brisés, les scènes cruelles, les sacrifices inutiles, la noblesse décadente, les familles dévastées, les amours impossibles. La crise d'une civilisation en pleine mutation. Durant toute sa vie, il a été fidèle à son engagement social de jeune médecin . " Je voudrais être un artiste livre, et c'est tout ... Je hais le mensonge et le violence sous toutes les formes." disait il
En 1882 : sa première pièce Platonov il a dix huit ans, cette pièce ne fut jamais joué de son vivant.
1887 : Ivanov : " Je suis une sorte d'Hamlet, un homme de trop."
1888 /1989 : L'Ours, Une demande ne mariage et en 1989 Le Sauvage ou l'Esprit des bois.

1890 : Oncle Vania : à sa création le rôle d'Éléna Andréevna est tenu par Olga Knipper qu'il épouse en 1901
J'ai vu cette pièce au théâtre Hébertot dans une mise en scène par Patrice Kerbrat. Oncle Vania était interprété par Gérard Desarthe
J'ai vu aussi aussi dans l'adaptation new-yorkaise que Louis Malle en a fait avec Vanya 42ème rue
1891 Duel

★ 1895 l'année de sa célèbre pièce La Mouette : Comédie en trois actes. Présence de Shakespeare et de sa pièce Hamlet
Pièce vu à l'Odéon mise en scène de Konchlovsky en 1988
avec une distribution époustouflante
André Dussolier (Trigorine), Macha Meril (Arkadina), la toute jeune Juliette Binoche dans le rôle de Nina, Treplev : Jean Philippe Ecoffey, Dorn : Jean Bouise
La pièce la plus connu dans une mise en scène absolument magistrale et brillante, j'en garde un excellent souvenir, remplit de raffinement d'élégance. Dans le programme que j'ai gardé Andreï Konchalovsky dit : " Pour moi la Mouette a à faire avec ce sentiment de nostalgie d'un monde qui n'existe plus mais qui, pourtant, résonne encore dans notre mémoire comme une symphonie. Chaque personnage a un rêve qui ne se réalise jamais, mais sans le savoir non plus exactement quelle est la nature de ce rêve. Chacun aspire à quelque chose sans savoir à quoi."Ces propos résument bien la vision que j'ai de la vision du monde que porte Tchekhov sur ses personnages et sur la vie qu'il décrit.

1899 Les Trois Sœurs : J'ai deux représentations de cette pièce
Tout d'abord une à la colline en 2007 mise en scène par Stéphane Branschweig. J'avais trouvé cette mise scène très froide qui manquait terriblement de chaleur et de luminosité.
La deuxième fois fut il y a peut c'est à dire au moment de noël 2010 au Français dans une mise en scène d'Alain Françon un metteur en scène spécialiste de Tchékhov.
Là une très belle mise en scène une distribution brillante qui réunit les trois stars du Français chez les hommes surtout : Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Michel Vuillermoz.Là pièce s'ouvre sur le deuil du père, c'est un thème qui traverse toute la pièce c'est être en deuil de sa vie. C'est une pièce sur comment réaliser sa vie, ses choix. Anne-Françoise Benhamou dit dans le programme à propos de cette pièce " Et nous dans la salle qui les regardions les personnages nous appartenons aussi bien au clan des rêveurs en deuil de leur vraie vie ( sinon serions-nous au théâtre ?) qu'à l'autre clan - comme eux nous devront user d'égoïsme d'indifférence, de compromis, pour trouver habitable la vie qui nous est imparti."

Le grand rêve c'est d'aller à Moscou, de faire sa vie là dans cette grande ville, la ville natale pour les Trois Sœurs. Vont-elles pouvoir réaliser ce rêve ? C'est pas ma pièce favorite de Tchékhov, ma préféré va à la Mouette et à la Cerisaie peut-être !

1903 La Cérisaie (la dernière pièce)
J'ai vu la très belle adaptation mis en scène par Alain Françon à la Colline avec une très belle distribution. Je cite les comédiens les plus connu :
Le très regretté Jean-Paul Roussillon dans le rôle de Firs, laquais de 87 ans. Didier Sandre : Gaev, Leonid Andreevitch, Dominique Valadié Ranevskaïa, Lioubov Andreevna
Dans cette pièce, il est question de changement, l'apparition d'une nouvelle classe en Russie. La Cerisaie, c'est le nom donné à une propriété. Un immense domaine dans le sud de la Russie. Gaev et sa soeur Lioubov, qui ont laissé les dettes s'accumuler, savent que la Cerisaie risque d'être vendue aux enchères. Mais lorsque Lopakhine, le fils d'un paysan qui s'est considérablement enrichi, leur propose de reprendre le domaine pour y construire des datchas, le projet leur semble aussi absurde que vulgaire. La Cerisaie sera-t-elle détruite ?

Meurt en 1904 lors d'un voyage en Allemagne et il est enterré à Moscou le 9 juillet.
Chez Tchekhov pas de héros, il nous montre la vie telle qu'elle est. Dans chacune de ces pièces, il reconstitue la vie , il y a tous les âges des jeunes des vieux, par contre l'enfant est absent. Pas tout à fait, car ils sont morts, malade abandonnés par leur mère. L'exception se trouve dans les trois sœurs, où l'enfant est heureux. Le monde Tchékhovien est un monde dont les frontières sont floues

"Ces gens peuvent disparaître comme les visages sur une vieille photographie, mais à travers leurs rêves, leurs aspirations, leurs illusions et leurs prétentions, nous retrouvons tous nos propres sentiments. On a la sensation de voir l'image floue d'une photographie dans un album de famille, une image prise avec grand sérieux par un amateur. "

Toutes les mises en scène que j'ai vu de Tcheckhov son traduite d'André Markowicz et Françoise Morvan (une amoureuse de la langue de Tcheckhov. André Markowicz traduit Dostoievski, Gogol, Lermontov, Ostrovski chez Actes Stud. J'attire votre attention sur ce lien fort intéressant où justement André Markowicz parle de la traduction. C'est propos sont très juste car corresponde tout à fait à vision d'un texte traduit : "

"Toutes les traductions sont des approximations. Plus le texte original est beau, plus la traduction ne peut être qu’approximative. On ne peut en aucun cas prétendre à la vérité absolue. Une traduction, c’est une interprétation. Comme pour un interprète d’une sonate de Beethoven. En plus, l’idée qu’on a d’un auteur peut changer, pas seulement à cause des traductions, mais à cause du mouvement des idées qui sont portées par ces traductions..."


 Constantin Stanislavski


Il a été le maître venerè du théâtre soviétique et partout dans le monde, surtout pour sa pédagogie de la formation de l'acteur. La méthode Stanilavski s'est construite à partir de la dramaturgie de Tchekhov qui occupe une place fondamentale dans la naissance et l'histoire du théâtre russe. L'apprentissage peut durer toute une vie

J 'ai vu durant l'année 2010 une très belle mise en scène 100 % Russe adapté d'une courte pièce de Tchekhov : La Noce, j'en parle ici et cela me permet de répondre ici même aux commentaires de Claudia et de Lou avec beaucoup de retard
@ Claudia : Cette mise en scène était magnifique, très originale car à la fois très moderne et très enlevée.
Une mise en scène très russe car très excessive comme son les russes. Elle n'a rien à voir avec la vision que nous français nous nous faisons de l'esprit Russe qui est plus classique. Le rapprochement avec Bretch est loin d'être faux car oui dans l'esprit c'était assez proche de l'état d'esprit de Bretch. Je pense à l'Opéra de quatre sous vu, il y a un moment.
@ Lou : Oui je me suis régalée, car cela sort des sentiers battus !



3 commentaires:

Kenza a dit…

Très bel hommage à Tchekhov, merci Malice!
Bisous et très belle journée

Karine:) a dit…

Voilà, je le lis maintenant, le billet! J'ai un peu lu la bio de Tchekhov après avoir lu les pièces (je vais parler des Trois soeurs dans quelques jours). Il semblait vraiment tenir aux détails dans la mise en scène et j'ai lu qu'il s'obstinait souvent avec Stanislavski (là, je sens que je me mêle de nom... je lis toujours les noms en russe de façon globale et je suis tout le temps toute mêlée après... anyway, le metteur en scène dont tu parles). J'essaierai de trouver cette version de Louis Malle.

Malice a dit…

@Kenza : Merci bien
@ Karine :) : Oui, je suis bien d'accord avec toi concernant les noms en russe;-) Si tu peux te dénicher en France la version de Louis Malle de l'oncle Vania je pense que tu ne le regrettera pas !