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mercredi 24 novembre 2010

Chimamanda Ngozi Adichie : L'autre moitié du soleil


Traduit par Mona Pracontal qui a été récompensée par le prix Baudelaire de la traduction. Ce roman à reçu l'Orange Prize



"Pays du soleil levant, nous t'aimons et te chérissons, Patrie bien-aimée de nos courageux héros ; Nous devons défendre nos vies ou nous périrons. Nous protégerons nos cœurs et nos adversaires ; Mais si le prix est la mort pour tout ce qui nous est cher, Alors mourons sans la moindre peur ..."

De cette auteur j'avais lu à sa sortie son premier roman " Hibiscus Rouge" que j'avais adoré. Ce second roman s'ouvre sur les début des années 60 au Nigéria, Ugwu un jeune garçon est engagé comme boy chez Odenigbo, professeur de mathématique. Il est un intellectuel, politiquement engagé, il réunit régulièrement ses collègues chez lui pour envisager l’avenir du Nigeria. Ce dernier tombe amoureux de la ravissante Olanna, elle enseigne dans l'université de Nsukka. Elle a une sœur Kainene, elle évolue dans le monde des affaires comme son père. celle-ci noue une relation avec Richard, journaliste- écrivain britannique fasciné par la culture locale, l'art d'Igbo-Ukwu. Les deux sœurs jumelles sont issues d'une famille igbo assez aisée , elles reviennent de Londres, où elles ont fait leurs études. Leur père possède la moitié de Lagos, il en est le chef, cela fait de lui un nouveau riche. Il es venu écrire un livre sur les poteries ibo. Deux mondes se côtoient le Nigeria traditionnel avec ses coutumes et ses croyance, le monde d'Ugwu, de l'autre côté le Nigeria en mutation avec les nouveaux intellectuels Nigérien. À la fin des années soixante la guerre éclate, un guerre civile est déclarée, le génocide va commencer. le Nigéria est une ancienne colonie anglaise, le pays est devenu indépendant dans les années soixante, le pays est politiquement fragile, forte influence des britanniques. Il est rongé par la corruption, trois ethnies différentes cohabitent elle se disputent le pouvoir.

Dans ce roman Chimamanda Ngozi Adichie dessine de beaux portraits tout au long de ma lecture, je n'ai pas arrêté de me rappeler le roman d'Alain Mabanckou les Petits fils de Vercingétorix, mais l'on pense aussi à la barbarie ethnique du Rwanda. L'opposition des clivages ethniques entre les musulmans du Nord et les chrétiens Igbos de l’Est. La province de l’Est déclare son indépendance et proclame la naissance du Biafra.
"elle déroula le drapeau de toile d'Odenigbo et leur expliqua les différents symboles. Le rouge représentait le sang des frères et des sœurs massacrés dans le Nord, le noir était signe de deuil, le vert représentait la prospérité que connaîtrait le Biafra et enfin le demi-soleil jaune symbolisait son avenir glorieux ."
Le Biafra, petite république éphémère qui fit sécession avec le géant nigérian et lutta pendant quatre ans pour sa liberté. "Sa pancarte proclamait : DIEU BÉNISSE LE BIAFRA. Ils étaient biafrais. Elle était biafraise." La cuisine tient une place importante, elle est là au centre du roman. Cela ma surpris mais pas tant que cela car cela à une signification, car elle est différente suivant d'où l'on vient. Puis en tant de guerre l'alimentation est vital, la famine fait des ravages, des enfants noirs avec un ventre énorme.

C'est aussi à souligner, que via cette guerre est née l'humanitaire , Médecin sans frontière : les fameux French Doctor. J'ai remarqué aussi comme dans " l'hibiscus rouge" la musique tient sa place pour donner espoir et courage, ainsi que la famille l'importance d' être soudé.
Chimamanda Ngozi Adichie a su nous fait revivre les dix années marquantes de l'histoire du Nigeria, et en faire une fresque prenante et riche, et elle montre très bien aussi malgré la guerre la vie continue. J'aime les romans qui sont tournés vers d'autres horizons, ouverte vers l'autre, découvrir l'histoire d'un pays via la littérature, j'approuve toujours un grand enrichissement personnelle. J'ai aimé le souffle romanesque qui se dégage de ce roman. Mais j'ai eu du mal à m'y atteler, j'ai peiné dans ma lecture surtout vers la fin, j'ai trouvé ce roman ardu pendant ma lecture. J'ai trouvé qu'il dégage un impact une fois la lecture finit, c'est là où se trouve la force de l'écriture de ne pas nous lâcher pour que l'on n'oublie pas.

Estelle explique très bien pourquoi j'ai eu du mal vers la dernière partie environ : "certains personnages secondaires restent opaques ou sont simplement effleurés et j’aurais apprécié qu’ils aient plus de consistance. C’est sans doute un effet voulu par l’auteur, puisque ces personnages sont présents pendant un temps limité, mais leur multiplication fait que je me suis parfois perdue parmi les visiteurs, les cousins et les amis."
Cela n'empêche pas que c'est indéniablement un grand livre, remplit d'émotion ! Et les personnages sont très attachants, entre autre les personnages féminins les deux sœurs si différentes Olanna et Kainene. L'attachement aux mots, à l'instruction via Uguw se jeune garçon de treize ans au début du roman est touchant. C'est grâce aux livres qu'il a pu grandir, s'émanciper.


1 commentaire:

Leiloona a dit…

Effectivement, ta chronique donne envie de me plonger dans ce roman, mais pas tout de suite ... ;)